Okafor tourne le dos à la Suisse, et c’est une excellente nouvelle
Il faut l’admettre: en tant que footballeur, Noah Okafor donne matière à rêver. Il est rapide, il est habile, parfois même imperturbable. Mais c’est aussi un joueur qui éprouve des difficultés à respecter les consignes tactiques. Ses attentes, elles, paraissent souvent démesurées au regard de ce qu’il produit sur le terrain. Il semble nourrir de lui-même une image qui ne colle pas toujours à la réalité. Il place son ego au-dessus des intérêts de l’équipe.
Le dernier exemple en date? Son message dans lequel il explique les raisons de son départ de la Nati. Le joueur écrit qu’il n’y a rien de plus grand pour lui que de jouer pour la Suisse. Mais, dans le contexte actuel, il ne lui est plus possible de poursuivre l’aventure.
«Il est important pour moi de clarifier une chose: cette décision n’a rien à voir avec le temps de jeu», dit-il. Son départ de la Nati serait plutôt lié aux événements qui se seraient produits lors de la Coupe du monde cet été. «La confiance a été rompue. Des engagements n’ont pas été tenus. Et lorsque j’ai été autorisé à jouer contre l’Algérie, même de petites erreurs, loin de notre but, ont suscité des réactions qui m’ont profondément touché.»
Quand Yakin s’emporte à cause d’Okafor
Lors de ce fameux match contre l’Algérie, Noah Okafor a joué 19 minutes, alors que la Nati menait déjà 2-0 et avait sa qualification pour les huitièmes de finale entre les mains. L’entrée en jeu de l’attaquant n’a guère apporté à une équipe qui s’employait surtout à préserver son avantage. Soudain, Okafor a perdu un ballon et Yakin est devenu fou de rage, fracassant au sol la bouteille qu’il tenait dans la main. Nous ne savons pas ce que le sélectionneur a dit par la suite au joueur. Ce n’étaient certainement pas des félicitations.
Peu importe, au fond. Le football est un sport collectif. Le football de haut niveau est par ailleurs dur, impitoyable, extrêmement compétitif. Tout sauf un monde de bisounours. Okafor devrait depuis longtemps en avoir conscience. Mais son comportement donne régulièrement le sentiment qu’il se croit au-dessus du lot. Il pense véritablement être l'élu. Quelqu’un pour qui les règles seraient différentes.
Que perd réellement la Suisse avec le départ d'Okafor? A vrai dire, pas grand-chose. Depuis ses débuts avec la Nati, il y a sept ans, Okafor n’a véritablement marqué les esprits qu’à deux reprises en 26 apparitions. On retiendra d’abord sa très bonne première mi-temps lors du 1-1 en Italie, au cours des éliminatoires pour la Coupe du monde 2022. Puis son but contre la Bulgarie, lors du dernier match, décisif, de ces mêmes qualifications. Pour le reste? Passons. Beaucoup de bruit pour, finalement, bien peu de grandes performances.
Okafor joue les rabat-joie
Sous-performer est une chose. Nuire au groupe en est une autre. En 2024, lors de l’Euro, Okafor a joué les victimes parce qu’il n’entrait pas dans les plans de Yakin. Pire encore: il est allé jusqu’à afficher ouvertement sa mauvaise humeur. Yakin avait envisagé à plusieurs reprises de le renvoyer à la maison. Il ne l’a pas fait. C’était peut-être une erreur.
Après cet Euro, Okafor était tombé en disgrâce. Malgré cela, Yakin lui a pardonné au printemps 2026. D’une part parce qu’il réalisait de bonnes performances à Leeds. D’autre part parce que le joueur assurait avoir changé. Il disait être devenu plus professionnel, ne plus être celui qui s’affichait en jet privé avec des sacs de luxe après une visite médicale infructueuse à Leipzig.
Preuve de ce changement: lors de ses retrouvailles avec la Nati, après plus d'une année d'absence, Noah Okafor est allé jusqu’à s’excuser devant ses coéquipiers pour son comportement lors de l’Euro 2024. Des paroles en l’air? Peut-être. Car il semble être immédiatement retombé dans ses travers. Et son message annonçant sa retraite n’est pas le seul indice. Ses coéquipiers n’ont pas tous apprécié de le voir accompagné de plusieurs cameramen lors des rassemblements de la Nati, dans le cadre du tournage d’un documentaire.
Que Noah Okafor ne veuille plus jouer pour la Suisse sous les ordres de Murat Yakin est une très bonne chose. Pour le joueur, pour le sélectionneur et, plus généralement, pour la Nati.
Okafor n’a désormais plus besoin de se lamenter sur son rôle de remplaçant. Yakin, lui, a un problème de moins à régler. Que le départ vienne du joueur, alors même que le Bâlois ne comptait plus l’appeler, arrange aussi ses affaires. Il n’aura plus à répondre sans cesse aux questions sur l’absence d’Okafor, comme Deschamps devait le faire sur la question Benzema. Le groupe suisse peut enfin retrouver une certaine tranquillité, sans pour autant s’affaiblir.
