Le show de la mi-temps de la Coupe du Monde 2026
Le show de la mi-temps était aussi inutile que jouissif
Comme chaque nouveauté historique, c'est peu dire que la perspective de la mi-temps de la Coupe du Monde 2026 aura provoqué des réactions contrastées, entre grognements des puristes d'un côté, et excitation à peine contenue des amateurs de pop culture de l'autre.
Finale nord-américaine oblige, pour la première fois en près d'un siècle, la pause réglementaire de quinze minutes s'est mutée en show rallongé à la sauce Super Bowl, triple supplément cheddar. Exit les commentaires pointus, analyses tactiques et repli des joueurs dans le tunnel pour se faire allumer par le coach, auxquels nous autres, Européens, sommes habitués. Place aux paillettes, à Madonna, Shakira, Justin Bieber et BTS.
Le temps d'un commentaire express en plateau sur la RTS et que la scène soit montée en vitesse au cœur du MetLife Stadium d'East Rutherford, à New York, nous y voilà: à 22h2 tapantes, heure suisse, le show de la mi-temps commence.
Que la fête commence
Et c'est.à Madonna d'ouvrir le bal dans les entrailles du stade, entourée de Ronaldinho et de Ronaldo (l'autre, le Brésilien), dans une ambiance underground rose déconseillée aux épileptiques.
Changement de décor, changement d'ambiance. La voiture garée sur la pelouse, leur succède l'Orchestre philharmonique de New York et de l'Orchestre symphonique Simón Bolívar du Venezuela, dirigés par Gustavo Dudamel, pour interpréter «Seven Nation Army», Animal à la batterie.
Puis c'est au groupe de K-pop BTS, en pleine tournée mondiale, de prendre le relais. On prend enfin la peine de piger que les neuf membres de la bande débarquée de Corée du Sud sont hyper cool (oui, on a 90 ans d'âge mental et tout autant de culture, désolé). Fidèles à leur réputation de professionnalisme et d'excellence, ils interprètent «Dynamite» avec brio.
Après une brève transition assurée par Ted Lasso et Coach Beard, place à Justin Bieber (débraillé, comme d'hab, mais on l'excuse, puisque son chant est rigoureusement impeccable), pour une improvisation de son titre emblématique: «It's the world cup, hallelujah». Il nous arracherait presque deux larmes si on n’était pas tellement à cran.
Puis c'est au tour de Shakira, de son déhanché légendaire et de Burna Boy de venir pimenter un peu le show pour interpréter l'hymne de la Coupe du Monde, Dai Dai.
Enfin, ce sont Piggy la cochonne et Kermit la grenouille, flanqués d'une chorale d'enfants beaucoup trop mignons de Staten Island, qui ferment le bal. N'oublions pas Chris Martin, chanteur de Coldplay et commissaire de ce spectacle, qui fera tout de même une discrète incursion.
Un ultime feu d'artifice plus tard, c'est déjà terminé. Ce show de mi-temps du Super Bowl était-il vraiment nécessaire? Probablement pas. Etait-il appréciable et divertissant? Absolument. N'en déplaise à David Lemos qui juge l'intermède «scandaleux» et «qu'on s'en serait très franchement passé».
Nous, on a adoré.
