Les 5 enseignements de la Nati avant son départ au Mondial
Pour son dernier match à domicile avant son départ pour les États-Unis et la Coupe du monde, l’équipe de Suisse a soigné sa sortie. Grâce à une première période de qualité, la Nati a inscrit quatre buts face à la Jordanie et s’est imposée avec autorité, décrochant au passage son premier succès de l’année civile.
La rencontre s’est toutefois achevée sur une scène pour le moins surréaliste. Alors que de fortes pluies et un orage avaient entraîné l’interruption du match à la 87e minute, laissant penser à un arrêt définitif, les deux équipes ont finalement dû revenir sur la pelouse pour disputer les trois minutes restantes. Sans cela, la rencontre n’aurait pas pu être homologuée. Une application du règlement jugée absurde par plusieurs joueurs, dont certains avaient déjà retiré leurs chaussures et leurs vêtements détrempés dans le vestiaire. Retour sur les autres enseignements de la soirée.
Mvogo est fiable
Pendant une demi-heure, Yvon Mvogo n’a pratiquement rien eu à faire. Mais lorsque son équipe a eu besoin de lui, le gardien de Lorient a répondu présent. Il a réalisé une intervention de grande classe après une passe en retrait catastrophique de Granit Xhaka, remportant son face-à-face avec Musa Al-Tamari lancé seul vers le but.
Par cette parade décisive, Mvogo a rappelé toute sa valeur et a démontré qu’il constituerait une solution fiable si le gardien numéro un Gregor Kobel (ménagé après avoir été malade en milieu de semaine) devait manquer la Coupe du monde. Symbole de la soirée, l’unique but encaissé par la Suisse est tombé après sa sortie. Pour ses débuts dans les cages de la Nati, Marvin Keller n’a toutefois rien eu à se reprocher sur cette réalisation jordanienne.
Manzambi brille partout
Alors qu’il évolue habituellement comme milieu défensif à Fribourg, Johan Manzambi avait jusqu’ici surtout été utilisé sur un côté en équipe de Suisse. Cette fois, il a été repositionné dans l’axe, en meneur de jeu, et il a pleinement saisi sa chance.
Dans la lutte pour une place de titulaire, le jeune Suisse a marqué des points. Omniprésent, il a semblé être partout sur le terrain. Grâce à ses passes incisives vers l’avant, il a régulièrement désorganisé le bloc défensif très compact de la Jordanie. Inspiré, créatif et élégant dans ses mouvements, il a été l’un des principaux animateurs offensifs de la Nati.
C’est précisément ce type de solutions créatives dont la Suisse aura besoin face à ses trois adversaires de groupe (le Qatar, la Bosnie-Herzégovine et le Canada). Au-delà du plaisir qu’il procure aux spectateurs, Johan Manzambi a sans doute donné matière à réflexion à Murat Yakin. À l’approche de la Coupe du monde, le sélectionneur devra en effet trancher: confiera-t-il le rôle de meneur de jeu à Fabian Rieder ou à celui qui apparaît aujourd’hui comme l’un des plus grands talents de l’effectif suisse? «Johan est un très bon joueur. Il nous a rejoints avec beaucoup de confiance et représente une option supplémentaire de grande qualité», a salué Murat Yakin à son sujet.
Une attaque polyvalente
Murat Yakin ne cesse de vanter la flexibilité offensive de son équipe. Et il n’a sans doute jamais disposé d’un effectif aussi riche dans ce domaine qu’aujourd’hui. Johan Manzambi en est l’un des meilleurs exemples, mais il n’est pas le seul. Révélation suisse de l’Euro 2024, Michel Aebischer semble déjà avoir retrouvé son meilleur niveau à l’approche de la Coupe du monde. Le sélectionneur met notamment en avant son sens du timing, son intelligence de placement ainsi que «sa capacité à apporter régulièrement des éléments de surprise dans le jeu».
Une qualité parfaitement illustrée sur l’action du 2-0 : aligné théoriquement comme piston gauche, Aebischer a pourtant délivré depuis le flanc droit la passe décisive à Dan Ndoye. Une action qui résume à elle seule la liberté de mouvement et la variété offensive dont dispose aujourd’hui la Nati.
Remo Freuler en est lui aussi une parfaite illustration. Le milieu de terrain est régulièrement apparu dans la surface adverse et c’est d’ailleurs l’une de ses incursions qui a provoqué le premier penalty suisse. Cette liberté accordée aux joueurs rend immédiatement la Nati beaucoup plus imprévisible et, par conséquent, bien plus difficile à défendre. Elle témoigne également de la profondeur de l’effectif à la disposition de Murat Yakin.
Interrogé sur la richesse de son groupe et sur le fait qu’il n’avait peut-être jamais disposé d’un effectif aussi fourni lors de ses précédentes phases finales, le sélectionneur n’a pas vraiment contredit cette idée:
Amdouni répond présent
Victime d’une rupture des ligaments croisés en juillet dernier, Zeki Amdouni a manqué la quasi-totalité de la saison. Le joueur de 25 ans n’a effectué que quatre brèves apparitions en fin d’exercice. Malgré cela, sa place dans la sélection de Murat Yakin n’a jamais réellement été remise en question.
Le sélectionneur suisse apprécie particulièrement le profil imprévisible et créatif de son attaquant. Et Amdouni lui a donné raison. Entré pour les 45 dernières minutes, il a rappelé pourquoi il restait un élément précieux de la Nati. Dans une équipe qui a perdu en fluidité après les nombreux changements effectués à la pause, il a apporté de la vivacité, de l’inspiration et une touche de créativité bienvenue.
Embolo est indispensable
Le constat n’a rien de nouveau, mais il se vérifie match après match: Breel Embolo est indispensable à cette équipe de Suisse. Pas seulement parce qu’il a inscrit un but et obtenu un penalty. Mais surtout parce qu’il montre la voie.
L’attaquant de Monaco a une nouvelle fois pesé sur le jeu par son activité, sa générosité et sa qualité technique. Il a notamment délivré une passe lumineuse dans l’action qui a conduit au penalty obtenu par Remo Freuler. Surtout, Embolo semble avoir trouvé l’équilibre parfait entre son rôle de leader et cette part d’insouciance qui fait aussi sa force. Une combinaison précieuse pour une Nati qui s’apprête à entrer dans le grand rendez-vous mondial.
