Il ne reste que cinq minutes dans le temps réglementaire de ce quart de finale Portugal-France. Les Portugais obtiennent un excellent coup franc direct à l'orée des seize mètres, excentré sur la droite. Une situation idéale pour un gaucher, qui pourrait par exemple envelopper sa frappe au premier poteau. C'est pourtant le droitier Cristiano Ronaldo qui s'élance et... envoie le ballon dans le mur français.
Autant dire qu'il y avait beaucoup mieux à faire! Surtout à ce moment du match, à la 85e et avec un score de 0-0, où marquer aurait quasiment signifié la victoire et une qualif' pour les demi-finales. On aurait même pu imaginer le quintuple Ballon d'or faire un centre dans la surface de réparation pour trouver la tête de l'un de ses coéquipiers.
Mais non, comme contre la Slovénie en 8e (quatre coups francs tentés, un seul cadré, zéro but), il s'est obstiné à frapper directement au but. Et, surtout, à vouloir tirer lui-même.
Une preuve? Cette statistique, fournie par le spécialiste Opta: en 61 tentatives (tous les Euros et Coupes du monde confondus qu'il a disputés), il n'a marqué qu'un seul but. C'était lors du Mondial 2018, en groupes, face à l'Espagne (3-3).
En matière de coups francs, la star portugaise a toutefois été plus décisive dans ses clubs qu'en sélection. «Depuis deux décennies, CR7 tourne plutôt autour de 6% de réussite dans l'exercice en club, grimpant régulièrement autour des 10% à son apogée, entre 2007 et 2014, lorsqu'il inscrivait au minimum quatre coups francs par saison», nuance L'Equipe. Mais pour un joueur qui se veut incontesté en la matière, exécutant quasiment tous les coups francs de ses équipes, les chiffres restent faibles.
Ce coup franc complètement raté face aux Bleus est d'ailleurs à l'image du match de Ronaldo, très peu inspiré et dépassé par la cadence. Il quitte donc cet Euro – son dernier – sans avoir trouvé le chemin des filets.
Une obsession qui a pu impacter négativement ses performances, notamment sur coup franc. «Il veut à tout prix marquer, ça se sent et ça peut le faire cogiter avant de frapper. Parfois, j'ai l'impression qu'il est trop pressé, qu'il visionne déjà la trajectoire plutôt que l'exécution du tir», observait Laurent Robert dans L'Equipe, avant ce quart de finale. L'ex-international français détaillait:
Le sélectionneur lusitanien Roberto Martinez aurait eu fin nez de désigner un autre tireur de coups francs contre la France, comme il aurait eu fin nez de remplacer Cristiano Ronaldo – qui a néanmoins réussi son tir au but – en cours de match pour injecter du sang frais et tenter de faire la différence. Malgré tout le respect qu'on doit à la star et à sa fantastique carrière, force est de constater que son égo et elle sont devenus encombrants pour la Seleçao.
Bien plus, en tout cas, que les bagages des footballeurs portugais dans les hôtels allemands pour la suite de ce mois de juillet.