A 91 ans, il commente son 18e Mondial: «Ma préparation? Rien!»
Il a vu éclore Pelé au Mondial 1958, a admiré «le but du siècle» de Maradona en 1986, assisté au sacre de Messi en 2022: à 91 ans, Enrique Macaya Marquez, légende argentine du commentaire sportif, attaque aux Etats-Unis son 18e Mondial.
Sa présence à l'antenne est moins intense que jadis, mais le vétéran officie pour une radio et une chaîne du groupe DirecTV. Sans avoir douté, malgré l'âge, que sa place était au Mondial, confie-t-il dans une interview à l'AFP.
🙌🏼 Hoy Enrique Macaya Márquez cumple 91 años. El periodista que más Copas del Mundo ha cubierto en la historia: 17 en total.
— La Vieja Guardia (@ViejaGuardiaEA) November 20, 2025
🇸🇪 Todo empezó en Suecia 58...
🎙️ “Era un sueño… yo solo había ido a Montevideo. Y de repente, estaba en Suecia. No sabía ni dónde quedaba.” Decía… pic.twitter.com/RoV2OTVhAv
Macaya avait 23 ans lorsque Radio Belgrano de Buenos Aires, une des stations très écoutées d'Argentine au milieu du 20e siècle, l'a envoyé, au sein d'une équipe réduite, couvrir la Coupe du monde en Suède. Depuis, son assiduité n'a pas failli.
Du Mondial 1958, le vétéran se souvient d'un véritable périple, avec des trajets en DC-7, qui multipliait les escales faute d'autonomie, en train, en ferry-boat, via le Sénégal, l'Italie, le Danemark, pour arriver en Suède. «Miraculeusement».
L'«intelligence» de Pelé
De Pelé, qui à 17 ans mena alors le Brésil à son premier sacre, Macaya se souvient d'un joueur «d'une grande capacité physique, en plus de la technique». Et «l'intelligence de savoir jouer à la fois collectivement, et individuellement... au service du collectif».
Enrique Macaya confie «faire très attention au moment de dire qui était le meilleur ou pas le meilleur», des joueurs suivis au fil des décennies. Mais il avoua par le passé un penchant pour le «football total» des Pays-Bas de Johann Cruyff de 1974, et résolument un faible pour Alfredo di Stefano (1926-2014).
Le génial Argentin du Real Madrid, naturalisé espagnol, n'a pourtant jamais disputé un Mondial: lorsqu'il fut enfin homologué pour jouer pour l'Espagne... elle ne se qualifia pas en 1958.
«Pour moi, il était le meilleur, comparé à qui il se mesurait», estime Enrique Macaya. «Mais bon, j'avais aussi une amitié avec di Stefano, qui pourrait altérer mon jugement exigeant», sourit-il.
Car Macaya vivait à Buenos Aires «à 50 mètres de la maison d'Alfredo. Je tenais un kiosque à journaux et il venait y lire. Après, il m'emmenait chez lui et on jouait au foot (...) Puis il est devenu idole».
Un but fou et la recette pour s'améliorer
De l'icône Maradona, Macaya n'aime guère évoquer «la main de Dieu», le but de la main contre l'Angleterre en quart de finale 1986 «dont on fit toute une histoire qu'il ne méritait pas», avance-t-il, en désaccord sur ce point avec nombre d'Argentins qui virent une forme de justice immanente pour la Guerre des Malouines (1982).
Par contre, il s'émerveille encore de «l'autre but», «le but du siècle» où Maradona élimina six joueurs anglais, qui «a véritablement mis le football argentin sous les projecteurs».
Le but fou de Maradona en vidéo
Le football, forcément, a «beaucoup changé» en 68 ans de Coupes du monde.
Et le jeu lui-même?
Par exemple, explique Macaya, les joueurs «sont de mieux en mieux préparés, ont plus d'endurance, de force. Mais pas forcément une meilleure technique, car pour la technique tu dois aussi avoir une certaine retenue, des pauses. Or, ce n'est pas si facile».
Le vétéran, qui rechigne à parler de lui, avait reçu en 2022 au Qatar le prix du «journaliste avec le plus de Mondiaux». Il expliquait alors à la Fifa que sa recette était «d'apprendre en permanence, parler avec les gens, apprendre d'eux. C'est comme ça qu'on s'améliore». Et sa préparation avant un match? «Rien du tout».
(afp/yog)
