L'arbitre de la finale rattrapé par son passé sulfureux
Le Slovène Slavko Vincic a ému le monde en fondant en larmes au moment d'apprendre qu'il allait diriger dimanche la finale de la Coupe du monde. Mais l'émotion a rapidement laissé place à la polémique, surtout en Espagne, où il n'a pas laissé que de bons souvenirs.
«La Fifa trolle le monde entier en désignant Slavko Vincic pour la finale de la Coupe du monde entre l'Espagne et l'Argentine. Le Slovène a connu une saison catastrophique en Europe, perdant le contrôle des matchs lorsque l'intensité montait», a notamment réagi le site espagnol Archivo VAR.
La plateforme spécialisée en arbitrage fait notamment référence au quart de finale retour de Ligue des champions entre le Bayern Munich et le Real Madrid, lors duquel M. Vincic avait exclu Eduardo Camavinga.
Quelques minutes après l'avoir averti, l'arbitre n'avait fait aucune concession en lui adressant un deuxième carton jaune pour gain de temps. Le Français avait gardé le ballon dans ses mains quelques secondes en se replaçant après une faute, une attitude fréquente dans les matchs, mais rarement sanctionnée. Cette décision avait provoqué la colère des Madrilènes.
Mais le Real Madrid n'est pas le seul club espagnol à se souvenir du Slovène pour de mauvaises raisons. En 2022, le compatriote du président de l'UEFA, Aleksander Ceferin, avait suscité de vives critiques en Catalogne après le match de Ligue des champions entre l'Inter et le Barça.
L'arbitre, qui avait dirigé quelques mois plus tôt la finale de la Ligue Europa, avait oublié de siffler une main pourtant évidente de Denzel Dumfries dans la surface de réparation. «Même mon fils a vu cette main», avait alors lâché le consultant de CBS Thierry Henry. A l'inverse, il avait annulé un but de Pedri pour une main non intentionnelle de son coéquipier Ansu Fati, une erreur selon la presse catalane.
Plus récemment, lors de cette Coupe du monde, Slavko Vincic, connu pour avoir arbitré la finale de la Ligue des champions 2024, s'est retrouvé au cœur des critiques après cette semelle non sanctionnée d'Achraf Hakimi sur Vinicius lors de Maroc-Brésil.
«Quand j’ai vu le duel, ma première réaction était simple: l’arbitre doit prendre le contrôle. Ce n’est pas une question de réputation, ni de moment dans le match, c’est une question de protection. L’attaquant est passé, le danger est évident, et le contact arrive trop tard», avait déclaré Zlatan Ibrahimovic sur Fox.
En dehors des terrains, la nomination de Slavko Vincic pour la finale fait ressortir de vieux dossiers. En 2020, il avait été arrêté en Bosnie-Herzégovine lors d'une vaste opération anti-drogue et anti-prostitution. Parmi les personnes interpellées figurait l'actrice Tijana Maksimovic, «que la police soupçonnait d'être la chef d'un réseau de prostitution et qui a plaidé coupable», rappelle RMC Sport. Vincic, lui avait été soupçonné d'avoir eu recours aux services sexuels de l'organisation, avant d'être relâché. L'arbitre slovène et sa fédération avaient assuré qu'il se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment.
(roc)
