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Les pauses fraîcheurs changent-elles vraiment le cours des matchs?

Les pauses fraîcheurs changent-elles vraiment le cours des matchs?

C'est après un «hydration break» que l'équipe de Suisse a renversé la Bosnie jeudi (4-1). Mais ces pauses ont-elles un impact réel? Regardons cela de plus près.
21.06.2026, 20:5921.06.2026, 20:59
Lucien Willemin, San Diego

Introduites en 2014 lors du Mondial au Brésil, les «cooling breaks» étaient jusqu'à présent réservés aux matches joués sous de fortes chaleurs. En 2026, les voici désormais systématiques: une au milieu de chaque mi-temps, que le match soit joué sous un soleil de plomb en plein après-midi ou dans un stade climatisé en soirée.

Pour les chaînes détentrices de droits TV, ces pauses de trois minutes sont évidemment l'occasion de diffuser un maximum de publicité. La FIFA impose aux diffuseurs de revenir au match 30 secondes avant la fin de la pause, une règle que le diffuseur américain FOX a toutefois enfreinte dès le match d'ouverture.

Des changement salutaires

Sur le terrain, ces pauses sont accusées d'interrompre le rythme du match. Une équipe en train de souffrir sous la domination de son adversaire peut en profiter pour souffler et son entraîneur donner des ajustements tactiques. Les plus hostiles s'insurgent: cette séparation en quatre quart-temps, comme au basket et au football américain, dénaturerait la pratique du ballon rond.

C'est ce que regrettait Sergej Barbarez jeudi après la victoire de la Suisse à Los Angeles, pour son deuxième match du groupe B. «On était bien jusqu'à ce "cooling break" qui a tourné le match», a pesté le sélectionneur bosnien en conférence de presse.

Forcément, son homologue Murat Yakin bombait le torse, lui qui avait choisi ce moment pour lancer Johan Manzambi et Ruben Vargas, les deux héros du succès suisse.

«C'était notre plan de faire ces changements durant la pause, pour que l'adversaire ne puisse pas réagir»

L'analyse du graphique du «momentum», la dynamique du match, semble confirmer le constat de Barbarez. La Suisse dominait les débats avant la première pause fraîcheur (23e minute) et la tendance s'est légèrement inversée dans les minutes suivantes. En deuxième période, c'est la Bosnie qui campait dans le dernier tiers helvétique entre la 60e et la 69e, puis la pause et les changements de Yakin ont clairement renversé la dynamique.

«Une minute suffirait»

«S'il n'y avait pas eu cette pause, les changements auraient quand même eu lieu», a toutefois estimé Manuel Akanji. Comprendre: l'impact de Manzambi et Vargas aurait été le même avec ou sans «cooling break».

Selon le défenseur zurichois, la coupure pénalise tout de même l'équipe qui est en train de dominer la partie. «J'ai l'impression que ça enlève de l'élan au match. La pause permet à l'adversaire de respirer, de faire des changements.»

La durée de trois minutes est particulièrement critiquée par le vice-capitaine de l'équipe de Suisse, qui n'est «pas un grand fan» de la nouveauté:

«Je pense qu'une minute suffirait largement, même si je comprends qu'il y ait des publicités à faire passer»

Les statistiques nuancent

Son coéquipier Silvan Widmer fait, quant à lui, partie des convaincus, même s'il reconnaît que l'argument de la chaleur invoqué pour justifier leur généralisation est artificiel. «Pour être honnête, il ne faisait pas si chaud que ça (réd: entre 22 et 24 degrés jeudi à Los Angeles) et on n'avait pas vraiment besoin de ces pauses. Mais c'est la règle de ce tournoi et je pense que c’est une bonne règle», a-t-il jugé.

L'analyse d'un seul match, en l'occurrence Suisse – Bosnie, ne permet toutefois pas de tirer des conclusions définitives sur l'impact des pauses fraîcheurs sur le cours des matches. C'est pourquoi The Athletic, le département des sports du New York Times, a procédé à un examen des 24 premiers matches de la compétition.

Seulement 14 des 48 «cooling breaks» analysées ont inversé le «momentum», selon les statistiques avancées du média anglophone. Il est par ailleurs impossible de certifier que ces basculements de dynamique n'auraient pas eu lieu sans interruption du jeu. De quoi relativiser un peu l'impression visuelle laissée par ces pauses fraîcheurs, lesquelles profitent avant tout, faut-il le rappeler, aux annonceurs. (sda/ats)

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source: sda / francisco guasco
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