Voici les avantages et les inconvénients du projet fou de Gianni Infantino
Gianni Infantino voit une fois de plus les choses en grand. Alors que la Coupe du monde 2026, qui compte 48 équipes et 104 matchs, touche à sa fin, le président de la Fifa a ouvert la voie à un prochain élargissement à 64 équipes.
De nombreux détracteurs de la proposition soumise par la Confédération sud-américaine (CONMEBOL) se sont aussitôt fait entendre. Pourtant, cette proposition comporte bel et bien des aspects positifs.
Avantages
Une plus grande participation
L’Italie serait de la partie! Quoique le quadruple champion du monde trouverait sans doute là aussi le moyen de gâcher ses chances de qualification. Mais ce n’est qu’une parenthèse. Car l’argument idéologique central est identique à celui de la Coupe du monde à 48 équipes. Une nouvelle augmentation du nombre de places permettrait une véritable participation mondiale. Ainsi, l’Océanie pourrait obtenir deux places au lieu d’une, l’Afrique 13 (au lieu de 9) et l’Asie 12 (au lieu de 8).
«Si l’on ne donne pas aux petites nations la chance de participer à une Coupe du monde, on leur enlève la motivation de s’améliorer», tel est le raisonnement d’Infantino. Et le succès africain lors de la Coupe du monde actuelle le confirme en quelque sorte. Neuf équipes ont atteint les huitièmes de finale, soit près du double du précédent record.
Encore plus de contes de fées footballistiques
Si l’on considère le Mondial en cours, la baisse de qualité redoutée ne s’est pas fait sentir autant qu’on le craignait avant le tournoi. Il y a eu des exceptions, comme la défaite 7-1 de Curaçao face à l’Allemagne, mais aussi des contes de fées comme la qualification du Cap Vert. Même un match comme celui opposant la RD Congo à l’Ouzbékistan a finalement offert un spectacle de premier ordre avec des buts spectaculaires.
Un allègement du calendrier
Une Coupe du monde à 64 équipes signifierait 128 matchs. C’est beaucoup, mais cela pourrait entraîner un allègement à d’autres niveaux. Un plus grand nombre de places de qualification directe pourrait permettre aux Confédérations de réduire le nombre de rencontres, et ainsi de contrebalancer l’argument de la surcharge.
La fin des meilleurs troisièmes
L'élargissement du tournoi résoudrait une lacune majeure de la Coupe du monde actuelle. Comme huit des douze meilleurs troisièmes de groupe se sont qualifiés, des affrontements comme celui entre l’Australie et le Paraguay ont concrétisé les craintes. Un nul suffisait aux deux équipes lors de la dernière journée pour se qualifier. Il n’est guère surprenant que les équipes ne se soient pas données à fond lors de ce match qui s’est soldé par un 0-0. De plus, cela éviterait des calculs compliqués: les équipes connaîtraient leurs adversaires plus tôt et disposeraient de plus de temps pour se préparer.
L'augmentation des recettes
A cela s’ajoute la simple logique du chiffre d’affaires. Davantage de matchs entraînent une plus grande visibilité télévisuelle, et plus de billets vendus, ce qui devrait se répercuter positivement sur les recettes.
Inconvénients
Un calendrier de folie
Une extension à 64 équipes entraînerait un calendrier gigantesque lors de la phase de groupes et imposerait des horaires de coup d’envoi qui conduiraient à un manque de sommeil aigu. Comme la durée du tournoi ne doit pas dépasser cinq semaines, on parlerait alors, dans le pire des cas, de cinq à six matchs de groupe par jour.
Chaos dans les qualifications
Le nombre de participants doublerait en l’espace de huit ans. Le cheikh Salman bin Ibrahim Al Khalifa, président de la Confédération asiatique, a déclaré: «Où cela nous mènerait-il? Ce serait le chaos». L’ancien sélectionneur du Ghana, Carlos Queiroz, a fait remarquer que les qualifications devaient conserver ce «sentiment d’une véritable performance». De plus, on court le risque que les matchs de qualification soient plus difficiles à commercialiser, car une grande partie du suspense serait perdue.
Le casse-tête des pays hôtes
Les infrastructures poseraient un véritable problème. Pour 128 matchs, il faudrait entre 20 et 22 stades. A titre de comparaison: cette Coupe du monde en comptait 16, et elle s’est déjà déroulée dans trois pays. A l’avenir, il serait pratiquement impossible d’organiser une Coupe du monde dans un seul pays.
Les préparatifs pour la prochaine Coupe du monde sont prévus pour 48 équipes. A moins de quatre ans du coup d’envoi, une extension nécessiterait d’importants ajustements logistiques.
Un résultat net en baisse
Selon les médias, rien ne prouve à ce jour que 16 participants supplémentaires entraîneraient une croissance financière significative. Le montant des coûts supplémentaires liés aux infrastructures n’a pas non plus été calculé à ce jour. Selon certaines sources, certains craignent qu’un tel élargissement ne nuise trop à la Coupe du monde.
(sda/ats/roc)
