Winsley Boteli choisit la Suisse... et se fait massacrer
Le mois dernier, avant même que la Suisse ne se passionne pour la question de l'avenir international de Winsley Boteli, watson indiquait que le joueur suscitait un important engouement en République démocratique du Congo, patrie de ses origines.
Deux raisons évidentes à cela. La première: Boteli réalise un début de saison tonitruant avec Sion et s'affirme, à 20 ans, comme un futur très grand buteur. Le FC Sion aurait déjà pu en tirer 30 millions cet été.
La seconde: il n'a pas encore joué avec la Nati, ce qui laisse une fenêtre ouverte pour qu'il rejoigne les Léopards. Cette perspective a enthousiasmé ces dernières semaines de nombreux supporters de la RDC, qui multipliaient les éloges à son égard et les appels du pied. Sur la toile, Boteli, qui publie parfois des messages en lingala, suscitait la fierté des Congolais.
On ne peut cependant plus en dire autant depuis que l’avant-centre a clairement indiqué cette semaine qu’il comptait jouer pour la Nati. «J’attends la sélection», a-t-il déclaré au Nouvelliste. Selon les informations de CH Media, groupe auquel watson appartient, Winsley Boteli figurera dans la prochaine liste de Murat Yakin. Le sélectionneur serait même décidé à le faire jouer en Ligue des nations afin de le lier définitivement à la Suisse.
Pour la RDC, le coup est rude. A tel point que la sympathie envers Boteli a soudain viré, dans de nombreux cas, aux reproches et aux attaques virulentes.
Bien sûr, certains internautes estiment que le choix et les explications de l’attaquant sédunois sont tout à fait logiques. «J’ai commencé le foot en Suisse et j’y ai grandi», a notamment déclaré Boteli au Nouvelliste. Ils comprennent ainsi que sa vie est en Suisse, loin de la RDC, un pays où il n'est jamais allé. Ils comprennent aussi que les Léopards ont commencé à s’intéresser à Boteli trop tard, seulement lorsqu'il a commencé à exploser, et lui souhaitent simplement bonne chance. Mais tous n'ont pas cette bienveillance.
Désormais, aux yeux de nombreux Congolais, Winsley Boteli n’est plus si redoutable. On rappelle qu’il ne joue qu’en Suisse, dans un championnat de seconde zone, où évolue notamment le Congolais Metinho, qui n’a encore jamais été appelé par le sélectionneur national Sébastien Desabre. Cela voudrait dire beaucoup du niveau de la Super League.
On rappelle aussi que l'actuel meilleur buteur du championnat de Suisse n'est pas Boteli, mais un «vrai» Congolais: Samuel Essende. L'attaquant d'YB a déjà joué pour les Léopards et devance de deux buts l'avant-centre sédunois au classement des buteurs.
Certains internautes comparent le choix de Winsley Boteli à une trahison, quand d’autres invoquent déjà le karma. Selon eux, sa carrière internationale sera un échec et il regrettera, dans quelques années, de ne pas avoir opté pour le Congo. «On lui donne trois ans, il sera dans un club paumé de D2 et à ce moment-là, il voudra jouer pour le Congo. Internet n’oublie pas.»
Il est également reproché au joueur sa manière de communiquer sur la RDC. Que Boteli ait déclaré à la SRF que «le Congo n’était pas vraiment un sujet important» ne passe pas. Idem pour sa façon de souligner que les Léopards se sont intéressés trop tard à lui. On lui prête une certaine arrogance et le compare à Mbappé. Les mots employés sont parfois forts.
Plusieurs publications indiquent ces dernières heures que Winsley Boteli aurait perdu plusieurs milliers d’abonnés sur Instagram depuis l’annonce de son choix de jouer pour la Suisse. Nous ne sommes, pour l’heure, pas en mesure de confirmer ces chiffres. Une chose est sûre: des internautes menacent de se désabonner de son compte sous certaines publications.
Face à la grogne congolaise, Winsley Boteli a réagi vendredi en publiant un communiqué officiel. Il y déclare: «Je tiens à clarifier ma décision concernant mon avenir en sélection. Je suis né et j’ai grandi en Suisse, et je représente la Suisse depuis l’âge de 15 ans. C’est le chemin que j’ai suivi depuis le début de mon parcours international et, aujourd’hui, j’ai fait le choix de continuer dans cette voie».
L’attaquant du FC Sion termine ainsi: «Le Congo aura toujours une place importante dans mon cœur. Je suis fier de mes deux pays, de ce qu’ils représentent pour moi, et je leur porterai toujours énormément de respect».
(roc)
