Ils n'auraient jamais dû chambrer les fans adverses
Les fans de Charlton ont appris une bonne leçon ce lundi: il ne faut jamais fanfaronner avant le coup de sifflet final. Sous peine de subir un sacré retour de bâton...
Ce lundi donc, ils pensaient avoir ramené un point de leur déplacement à Portsmouth, en Championship (deuxième division anglaise), quand leurs protégés ont égalisé au bout des arrêts de jeu (96e minute). Une véritable libération, puisque Charlton était mené 1-0 depuis la 69e minute.
Après avoir laissé éclater leur joie, les nombreux fidèles du club londonien, excentrés derrière la cage, ont commencé à chambrer les supporters locaux dans la tribune latérale juste à côté. Il y a eu quelques (rares) gestes obscènes, des longs regards narquois et puis ce chant, entamé spontanément par les centaines de fans de Charlton et chanté en boucle, à pleins poumons, toujours en toisant les supporters de Portsmouth:
Traduction en français: «On ne perd jamais à Fratton Park». Fratton Park étant le stade de Portsmouth. Du chambrage so english, typique des tribunes anglaises. Et pour le coup assez légitime: Charlton n'avait plus perdu dans cette ville portuaire du sud du pays depuis avril 2005, soit plus de 20 ans, rappelle The Sun. En huit matchs, il y avait eu sept victoires et un nul. La suite est mythique...
La séquence en vidéo
Pendant que les Londoniens s'époumonent toujours sur leur «We never lose at Fratton Park», l'arbitre laisse le jeu se poursuivre au-delà de la 98e minute. Ce qui permet à Portsmouth de développer une dernière offensive. Alors que l'attaquant Yang Min-hyeok récupère le ballon à l'orée des seize mètres, dans une position dangereuse, le fameux chant s'arrête soudainement.
Le Sud-Coréen tire, tout le stade – y compris les fans de Charlton – retient sa respiration. Les filets tremblent, les fans locaux explosent. Cette fois, Charlton a perdu à Fratton Park. Un sacré ascenseur émotionnel, 90 secondes seulement après l'égalisation!
C'est au tour des fans de Portsmouth de chambrer leurs adversaires, tout à coup consternés et sans voix. Et, évidemment, ils s'en donnent à cœur joie. Il y a par exemple ce gamin qui court en direction du parcage des Londoniens pour les narguer. Un stadier doit aussi calmer les ardeurs de certains spectateurs, qui hurlent et gesticulent en fixant les visiteurs.
Ce chambrage restera heureusement bon enfant, et nous a ainsi offert un moment de football comme on les aime, avec une situation tragi-comique que seul ce sport peut créer.
Les fans de ces deux équipes avaient besoin de se lâcher lundi, car leurs résultats ne leur ont pas permis de beaucoup chambrer cette saison: Portsmouth (21e sur 24) est revenu à deux points de Charlton, 20e.
