«Les joueuses peuvent exprimer en toute intimité leur frustration» dans cette pièce
La vidéo avait fait le buzz pendant le dernier Open d'Australie. Elle montrait Coco Gauff – battue sèchement en quart de finale par Elina Svitolina – fracasser sa raquette dans les couloirs des vestiaires.
Dans cet endroit reculé, l'Américaine pensait pouvoir décharger toute sa rage et sa frustration loin des caméras et des regards. Elle l'avait sciemment choisi pour cette raison, comme elle l'a expliqué dans des propos relayés par RMC Sport:
Problème: même dans les coulisses de l'Open d'Australie, il y avait des caméras. Son coup de sang a donc été filmé intégralement et largement diffusé sur les réseaux sociaux. Ce qui n'a évidemment pas plu à Coco Gauff. Elle a alors fait part de sa volonté de voir les tennismen et tenniswomen bénéficier de davantage d'intimité lors des tournois.
D'autres figures du tennis, comme Novak Djokovic et Iga Swiatek, ont appuyé Coco Gauff. La Polonaise a comparé les joueurs à «des animaux dans un zoo que l'on observe» et affirmé que «ce serait bien d'avoir un peu d'intimité».
Les organisateurs du tournoi féminin d'Austin (WTA 250), qui s'est déroulé la semaine dernière, ont été réceptifs aux appels de ces stars de la balle jaune. Et proactifs. Ils ont aménagé la première «rage room» («salle de défoulement») privée de l'histoire du tennis, dans les vestiaires. Le tournoi texan a publié un bref communiqué sur les réseaux sociaux avec une photo de l'entrée de cette salle insolite:
Le communiqué du tournoi texan
Dans leur pancarte destinée aux joueuses qui entreraient dans cette salle de défoulement, les organisateurs ont fait preuve d'humour. «Ne souris pas! Compte jusqu'à trois! Tu peux faire ça!», peut-on y lire, avec le dessin d'une raquette brisée.
On ne sait pas combien de joueuses ont utilisé cet espace inédit. Ce n'est certainement pas le cas de l'Américaine Peyton Stearns (24 ans/48e mondial), qui a remporté, à Austin, son deuxième titre WTA.
Reste désormais à savoir si le tournoi texan a lancé une nouvelle mode sur le circuit, avec d'autres qui copieront son initiative. Mais pas sûr que tous les événements, même estampillés WTA ou ATP chez les hommes, aient la place pour aménager une salle supplémentaire dans leurs vestiaires...
Les tennismen et tenniswomen devront donc, dans pas mal d'endroits, toujours être capables de garder leurs nerfs. Ou accepter d'être filmés quand ils les perdent.
