Le FC Lugano est inarrêtable, mais un danger guette
28 points récoltés lors des dix premières journées: une seule équipe a fait mieux dans l'histoire de la Super League, créée en 2003. Il y a 23 ans, lors de la première saison de la compétition, le FC Bâle avait enchaîné 13 victoires consécutives, établissant un record qui tient toujours.
Le bilan du FC Lugano n'en est pas moins impressionnant. Les Tessinois semblent tout simplement inarrêtables cette saison. En 17 matchs officiels, ils comptent 14 victoires et trois nuls. Même la longue pause internationale de plus de trois semaines ne semble pas avoir freiné leur élan. «C'était une pause inhabituellement longue, et cela s'est ressenti», a reconnu le capitaine Renato Steffen au micro de la SRF.
Durant cette interruption, Lugano a disputé un match amical contre l'Hellas Vérone, perdu 3-1. Une défaite qui a servi d'avertissement, selon Steffen.
Face à Lucerne, il fallait donc envoyer un signal fort. Mission accomplie avec une victoire 4-0.
L'avance que les Tessinois se sont ainsi constituée pourrait s'avérer précieuse dans les prochaines semaines. Car Lugano s'apprête désormais à retrouver les joutes européennes. D'ici à la trêve hivernale, qui débutera le 21 décembre, le club devra disputer six rencontres de Conference League, en plus de ses matchs de championnat et de Coupe de Suisse. Premier rendez-vous jeudi prochain, à domicile, face à l'Étoile rouge de Belgrade.
Renato Steffen aborde toutefois cette période chargée avec une certaine sérénité. Le match contre Lucerne a notamment démontré que les joueurs pouvaient être remplacés sans que le niveau de l'équipe en pâtisse.
Il s'agit désormais de renforcer encore la cohésion du groupe. Celle-ci avait notamment été mise à mal la saison dernière par une altercation entre les attaquants Kevin Behrens et Georgios Koutsias. «Si nous y parvenons, nous prendrons encore beaucoup de points», assure Steffen.
Lugano a déjà prouvé qu'il pouvait gérer un calendrier chargé lors des qualifications pour la Conference League, durant lesquelles il a franchi trois tours. Mais cette période intense remonte désormais à plusieurs semaines.
L'entraîneur Mattia Croci-Torti estime néanmoins son équipe prête à relever les défis qui l'attendent. Face à Lucerne, ses joueurs ont notamment su compenser l'absence d'Uran Bislimi, suspendu pour accumulation de cartons jaunes, ainsi que la sortie à la mi-temps de Lukas Mai, victime de douleurs abdominales.
À 44 ans, l'entraîneur tessinois se retrouve même confronté à un problème de riche: devoir choisir seulement onze titulaires parmi un effectif particulièrement fourni. Mais pas question de s'en plaindre, insiste Croci-Torti. Depuis son arrivée sur le banc luganais il y a cinq ans, le manque de profondeur de l'effectif était régulièrement pointé du doigt. «Aujourd'hui, je suis très heureux de disposer d'autant de choix.» Lugano est prêt à attaquer son automne européen. (jcz/riz/sda)
