Pour une fois, on veut bien que la Suisse ne gagne pas
L'équipe de Suisse saura mercredi soir si elle termine première ou deuxième de son groupe. En cas de victoire face au Canada, elle finira en tête; si elle fait match nul ou qu'elle perd, elle restera derrière le pays co-organisateur. Mathématiquement, il reste une possibilité de la voir «échouer» au troisième rang, mais c'est hautement improbable: il faudrait non seulement qu'elle s’incline lourdement face au Canada, mais aussi que le Qatar inflige une correction à la Bosnie-Herzégovine.
Concentrons-nous donc sur les options 1 et 2. Joueurs, entraîneur et staff répètent d’une seule voix que l’objectif est de remporter le groupe. C’est bien normal: tout sportif sérieux se doit d’afficher cette ambition. Cela permet aussi de donner un peu plus d’enjeu à une rencontre que la Suisse pourrait, en réalité, aborder avec une certaine sérénité.
Le point sur le groupe B:
Depuis 1994, il n’était plus arrivé que la Suisse soit pratiquement assurée de disputer la phase à élimination directe avant même son dernier match de groupe dans une Coupe du monde. Bien sûr, il serait totalement déplacé d’exiger de l’équipe qu’elle joue mercredi pour terminer deuxième. Mais c’est l’une des absurdités de cette Coupe du monde: pour une fois, nous pourrions très bien vivre avec le fait que la Suisse ne gagne pas. Elle terminerait alors deuxième de son groupe, une position qui comporte plusieurs avantages.
D’abord, l’équipe resterait dans le rythme, puisqu’elle disputerait son 16e de finale dès dimanche. Et ce, non loin de son environnement habituel à San Diego: dans le somptueux SoFi Stadium de Los Angeles, là même où la Suisse a écrasé la Bosnie-Herzégovine 4-1. En cas de première place, la Nati ne rejouerait que le vendredi 3 juillet, soit neuf jours après son dernier match de groupe. Un délai qui comporte un double risque: une perte de tension compétitive, mais aussi la difficulté d’occuper les journées sans voir poindre une forme de lassitude au sein du camp de base.
Deuxième avantage: en terminant deuxième, la Suisse jouerait son seizième de finale à 21 heures. Un horaire auquel elle a l'habitude d'évoluer depuis le début du Mondial et qui est idéal pour le public resté au pays. En revanche, si elle remporte son groupe, son premier match à élimination directe débutera à 5 heures du matin, heure suisse. On a déjà connu des horaires plus favorables aux téléspectateurs.
Troisième élément: sur la voie réservée au vainqueur du groupe, la Nati affronterait certes un troisième de groupe en seizièmes de finale. Mais en huitièmes, c’est probablement le Portugal qui l’attendrait. Le parcours d’un deuxième de groupe paraît donc plus séduisant. La Suisse retrouverait vraisemblablement la Corée du Sud au tour suivant, puis, en cas de qualification pour les huitièmes, le vainqueur d’un duel entre Pays-Bas/Japon et Brésil/Maroc. Là encore, le programme s’annonce corsé. Mais rien ne paraît aussi traumatisant que le souvenir du 1-6 encaissé contre le Portugal en huitième de finale de la Coupe du monde 2022.
(jcz/aargauer zeitung)
