Ces 5 îles italiennes sont les trésors cachés de 2026
Avec le froid et la météo maussade, on rêve de mer et de dolce vita. Avec leur charme imparfait mais si attachant, les îles italiennes figurent en tête des destinations préférées des voyageurs de nos régions.
Car elles cochent toutes les cases de la détente: soleil, cuisine délicieuse et vraie sensation de farniente. Mais les îles comme Capri ou la Sicile sont souvent prisées, et même victimes de leur succès.
Ceux qui souhaitent éviter la foule et trouver des endroits un peu plus intimistes peuvent se tourner vers les isole piccole, les petites îles. Voici 5 idées de destinations parallèles, des petites soeurs d'îles convoitées qui ont gardé leur authenticité.
Procida plutôt que Capri
On surnomme cette petite île colorée la «boîte à bonbons du golfe de Naples». La fameuse rangée de maisons le long du port affiche des couleurs criardes et de doux tons pastel, qui ont souvent fait le bonheur des photographes.
Il y a bien moins de touristes qui font le déplacement à Procida que vers sa voisine, la célèbre Capri. Ce n’est pourtant pas l’italianité qui manque ici. Peut-être simplement le glamour qu'affiche sa grande soeur.
Sur le port de l'île, les pêcheurs raccommodent leurs filets. Devant les boutiques, des groupes de femmes, sacs de courses à la main et main sur les hanches, échangent les derniers potins. Des chats s’étirent sur des pierres chauffées par le soleil. Tout respire le calme et la douceur.
Et lorsqu’une Vespa passe en pétaradant, une caisse de poisson frais sur le porte-bagages, on se croirait soudain projeté sur un plateau de cinéma des années 1960.
Cette atmosphère authentique a d’ailleurs séduit plus d’un réalisateur. Le film classique et romantique Il Postino a, par exemple, été tourné sur la plage de Pozzo Vecchio. Peut-être est-ce aussi pour cela que Procida a été désignée capitale italienne de la culture en 2022.
Favignana au lieu de la Sicile
A première vue, la comparaison n’est pas totalement équitable. La Sicile est la plus grande île d’Italie, tandis que Favignana tient plutôt du confetti. Mais au sein de son propre archipel, celui des îles Égades, elle est la plus vaste.
Ceux qui cherchent une île à taille humaine, ni trop grande ni trop petite, avec une mer limpide, beaucoup de soleil et une cuisine aux influences variées, trouveront à Favignana un véritable petit paradis.
Lors d’une promenade dans la petite ville insulaire, d’inspiration arabe et au dédale de ruelles parfois déroutant, les visiteurs découvrent, à côté de l’ancienne tonnara – la fabrique de thon – et de la villa du fabricant qui l’accompagne, tout le charme singulier de ce bourg intimiste et chaleureux.
Sur la Piazza Matrice Favignano toute proche, on peut croiser un autel à la Vierge enlacé de fleurs, ou l’église de l’Immaculée Conception. Pour le reste, la règle est simple: flâner tranquillement dans les ruelles étroites, puis s’offrir un cappuccino ou une glace sur la Piazza Europa.
Et pour ceux qui rêvent d’une eau cristalline façon Maldives, il suffit de rejoindre l’une des plages de l’île. Cala Rossa, Cala Azzurra ou encore Cala Rotonda promettent de longues baignades aux amateurs de soleil et de superbes sessions de snorkeling pour les passionnés de fonds marins.
Ponza à la place de la Sardaigne
A Ponza, ceux qui rêvent d’excursions en bateau et de baignades dans des criques paisibles, mais peuvent volontiers se passer du strass, des people et des prix indécents, sont à la bonne adresse. Ici, pas de Costa Smeralda, juste une mer limpide, une excellente cuisine et beaucoup plus d’Italie authentique.
Cette île colorée de la mer Tyrrhénienne appartient à l’archipel des îles Pontines et s'affiche comme un petit paradis du snorkeling et de la plongée grâce à la clarté exceptionnelle de ses eaux. Parmi les plus belles plages figurent Chiaia di Luna, lovée au pied d’une impressionnante falaise de tuf blanc, et la baie Cala Feola.
Les criques plus éloignées et difficiles d’accès se découvrent à l'occasion d’une sortie en bateau. Au port, les prestataires ne manquent pas, qu’il s’agisse d’excursions organisées pour la journée ou de locations privées. Inutile, d’ailleurs, d’opter pour un yacht.
Ponza a su préserver un rythme de vie tranquille. Les bateaux tape-à-l’œil y sont rares et, malgré les nombreuses boutiques réparties sur les deux niveaux autour du port, on chercherait en vain une enfilade de grandes enseignes de luxe internationales. Le vrai luxe, ici, se savoure avec les yeux, à l’heure de l’apéritif face au port.
Avec un peu de chance, on décroche une table sur le muret du port à la Bar dei Pesci. La vue sur le port et les façades colorées est splendide. Pas étonnant, finalement, que la légende fasse de Ponza la demeure de la magicienne Circé, celle-là même qui a ensorcelé Ulysse.
Giglio plutôt qu'Elbe
Une mer vert émeraude, une nature largement préservée et un mélange envoûtant de couleurs et de parfums, cette île au large de la côte toscane est un véritable petit bijou à découvrir. Il ne s’agit pourtant pas d’Elbe, de plus en plus victime du tourisme de masse, mais d’une île bien plus discrète appelée Giglio.
Avec ses nombreux sentiers de randonnée qui serpentent à travers un maquis parfumé, des tapis de fleurs colorées, et longent des points de vue spectaculaires, l’île est un paradis pour les marcheurs.
On recense aujourd’hui sur ce territoire peu peuplé près de 30 itinéraires de randonnées pour tous niveaux. Certains empruntent d’anciennes mulattiere, des chemins muletiers autrefois utilisés par les habitants pour se déplacer d’un village à l’autre.
A Giglio Porto, ceux qui s’imaginent débarquer dans un endroit désert et austère se trompent. L'unique port de l’île est aussi pittoresque qu’animé, fidèle à l’image que l’on se fait d’un port méditerranéen. Des ruelles étroites et pleines de vie sont bordées de maisons colorées abritant cafés, restaurants et glaciers.
L’ambiance est plus paisible à Giglio Castello, perché à 405 mètres d’altitude. Là-haut, le temps semble s’être figé depuis des siècles et même les vacanciers les plus stressés finissent par adopter un rythme insulaire plus lent.
Toujours pas totalement en mode île? Direction la plage. Campese, Cannelle et Arenella comptent parmi les plages les plus connues de l’île.
Burano pour oublier Venise
Depuis des années, la Cité des doges ploie littéralement sous le poids de ses visiteurs.
Harcelée par les paquebots de croisière et envahie par les touristes en excursion à la journée, l’île se bat pour sa survie. Alors pourquoi ne pas mettre le cap sur Burano, sa petite cousine toute proche?
Les maisons aux couleurs éclatantes de cette île située au nord-est de Venise surgissent de l’eau calme comme une palette de couleurs. À l’origine, ces façades bigarrées servaient de repères aux pêcheurs dans les eaux souvent noyées de brouillard de la lagune. Aujourd’hui, leurs reflets dans les canaux offrent aux photographes une source de motifs presque inépuisable.
Autre point de repère devenu emblématique, le clocher de l’église San Martino. Avec le temps, celui-ci s’est mis à pencher au point d’être, paraît-il, encore plus incliné que son célèbre cousin de Pise. À l’intérieur, on peut admirer une spectaculaire scène de Crucifixion signée par le maître du baroque vénitien Giovanni Battista Tiepolo.
Au-delà du coté flamboyant de ses maisons, Burano est surtout réputée pour ses délicates broderies et ses travaux de dentelle aux fuseaux. Un artisanat auquel les femmes de pêcheurs s’adonnaient avec patience pendant que les hommes étaient en mer.
Ces pièces raffinées, tout comme de fines créations en verre venues de l’île voisine de Murano, se découvrent et s’achètent au fil d’une balade le long de la Via Baldassare Galuppi.
Traduit de l'allemand par Joel Espi

