La finale du Mondial cache une étonnante particularité
Un choc aux allures de rareté: l'Espagne et l'Argentine, deux géants du football opposés dimanche en finale de la Coupe du monde, se sont finalement peu affrontés auparavant, avec un rendez-vous manqué cette année en raison de l'annulation de la Finalissima.
Le seul affrontement en Coupe du monde entre les deux équipes remonte à 1966, bien avant les premiers sacres argentins (1978, 1986, 2022) comme espagnol (2010), lorsqu'elles figuraient dans le même groupe II, avec la Suisse et l'Allemagne de l'Ouest, future finaliste malheureuse.
Ce 13 juillet 1966 à Birmingham, l'Argentine s'était imposée contre la Roja 2-1, avec un doublé de Luis Artime. Les Espagnols ont ensuite été éliminés dès les poules, alors que les Sud-Américains se sont inclinés en quart contre les futurs champions anglais (1-0).
Au total, l'Albiceleste, dont nombre de joueurs ont fait les beaux jours de la Liga espagnole, n'a affronté l'Espagne qu'à 14 reprises, un chiffre faible compte tenu des nombreuses occasions de se retrouver en phase finale et des liens qui unissent les footballs espagnol et argentin. Le bilan est équilibré: six victoires de chaque côté, et deux matchs nuls.
Mais la dernière opposition, en amical en mars 2018, a tourné à la correction pour les Sud-Américains, surclassés 6-1 par l'Espagne alors dirigée par Julen Lopetegui. En l'absence de Lionel Messi, blessé, ses coéquipiers avaient sombré en deuxième période. Il n'y avait que 2-1 à la pause.
Ce match avait tout d'une revanche pour l'Espagne qui, en 2010, auréolée de son titre décroché au Mondial sud-africain, était tombée de haut quelques semaines plus tard, giflée par l'Argentine (4-1), avec notamment un but de Messi, sans surprise le seul rescapé de cette partie.
Le succès de prestige de mars 2018 avait entretenu les espoirs espagnols d'une deuxième étoile au Mondial en Russie. Des ambitions rapidement douchées par le pays hôte, qui avait sorti la Roja dès les 8es de finale, au même stade que l'Albiceleste, éliminée par la France.
La Finalissima victime de la guerre
Vu la rareté de ces affrontements, la Finalissima, le choc prévu le 27 mars dernier entre les champions d'Europe espagnols et l'Argentine sacrée en Copa America en 2024, avait donc de quoi faire saliver.
Mais la rencontre, qui devait se dérouler au Qatar, a fait les frais de la guerre au Moyen-Orient, comme d'autres événements sportifs dont les Grands Prix de Formule 1 de Bahreïn et de Jeddah, en Arabie saoudite, également annulés.
L'annulation avait ensuite tourné à la polémique entre les deux fédérations, chacune se renvoyant la balle sur l'impossibilité de trouver une date et un lieu faisant consensus pour reporter le match, dans un calendrier du football déjà surchargé.
Quatre mois après ce rendez-vous manqué, c'est pour un titre autrement plus important que l'Espagne et l'Argentine vont finalement se retrouver, dimanche au MetLife Stadium d'East Rutherford dans le New Jersey. Lors d’un match qu’il faudra savourer, tant les confrontations entre les deux nations sont rares.
(afp/roc)
