
David Lemos n'a pas eu sa langue dans sa poche, à la fin du Mondial. Il s'explique. Image: KEYSTONE
Après sa tirade assassine contre la Fifa lors de la finale de la Coupe du monde, le commentateur star de la RTS s’explique dans une interview donnée à un journal français.
21.07.2026, 17:3221.07.2026, 17:32
Alors que beaucoup de monde a sans doute déjà oublié le match soporifique entre l’Espagne et l’Argentine en finale du Mondial, un coup de gueule n’en finit pas de susciter des réactions loin à la ronde.
Au coup de sifflet final, notre David Lemos national a choisi de dédier plusieurs longues minutes d’antenne à une série de critiques acerbes envers la Fifa, Infantino, Trump et cette «Coupe du monde la plus mercantile et politisée de l’histoire».
Une grogne que le commentateur star de la RTS avait déjà entamé en début de seconde mi-temps, au sortir d’un half-time show à l’américaine de onze minutes et une pause de vingt-sept minutes au total, le temps de vider et nettoyer la pelouse.
«C’est un manque de respect pour le jeu, le jour du match le plus important des quatre dernières années. Tout simplement»
David Lemos, sur le half-time show de la mi-temps de la finale de la Coupe du monde
Ce mardi, David Lemos a choisi Le Figaro pour revenir sur ce moment largement salué et qualifié de «courageux» par les internautes. Un speech qu’il avoue avoir préparé en amont, afin d’être «précis» dans son «propos» une fois en direct et au micro.
Le journaliste David Lemos épingle les travers de la FIFA
Vidéo: watson
Ce que Lemos a dit au Figaro
«Je suis surpris par tant de réactions et pour ma part je ne me considère ni courageux ni grincheux»
«Je savais pouvoir compter sur le soutien de ma hiérarchie, sans avoir à le leur demander»
«J’ai estimé qu’il était de mon devoir de mentionner certains faits qui ont marqué le tournoi et qui d’ailleurs ont été relevés par les médias du monde entier»
«C’est, je crois, ce qui est attendu d’un journaliste sur une chaîne de service public»
«J’ai tenu ces propos au terme d’un direct de près de trois heures, au moment de tirer les conclusions et de rendre l’antenne après 5 semaines de compétition»
«À un tel moment, je crois que le public qui aime le football attend aussi de notre part un peu de recul sur l’événement»
«Le politique s’est immiscé au cœur du jeu, alors que la Fédération internationale dit vouloir le mettre au-dessus de tout. Visiblement c’est jusqu’à un certain point...»
«Je n’ai aucune leçon à donner à personne, et encore moins dans le contexte si difficile que vivent les médias aujourd’hui»
«Je sais et vois quelles pressions s’exercent sur beaucoup de mes confrères et consœurs, dans tous les domaines qu’ils et elles couvrent»
«Mes quelques phrases au final assez innocentes ne sont rien en comparaison du vrai courage dont font preuve beaucoup de journalistes»
Si les critiques contre son discours ne sont pas évidents à dénicher sur les réseaux sociaux, plus près de chez nous, un média romand a tenu à relativiser cette «critique légitime, mais tardive et célébrée par la RTS, qui interroge sur la cohérence du service public». Une critique qui «intervient une fois le spectacle terminé, les audiences encaissées, les matchs commentés et les images diffusées», a considéré Claude Ansermoz, rédacteur en chef de Blick.
Plus d'articles sur la Coupe du monde 2026