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Les autorités savent qu'une telle mesure de dissuasion permettrait une réduction des frais de sécurité, estimés à 400 000 francs par la police cantonale, une partie étant financée par le FC Sion.
Les autorités savent qu'une telle mesure de dissuasion permettrait une réduction des frais de sécurité, estimés à 400 000 francs par la police cantonale, une partie étant financée par le FC Sion.Image: Shutterstock/Keystone

Prochaine étape au FC Sion: La reconnaissance faciale

Selon nos informations, le Canton du Valais a émis la possibilité d'installer des caméras aux entrées du stade de Tourbillon si le recours aux billets nominatifs ne dissuadait pas les hooligans de frapper.
14.07.2021, 19:0515.07.2021, 15:31
Julien Caloz
Julien Caloz
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Mardi, le FC Sion a annoncé dans un communiqué que les billets pour les matchs à domicile du club valaisan seront désormais nominatifs. Cette mesure vise à mieux contrôler les spectateurs, c'est-à-dire à empêcher les interdits de stade (recensés dans Hoogan, la base de données nationale sur les hooligans) de pénétrer dans les tribunes de Tourbillon.

Si cette initiative pionnière en Suisse devait s'avérer insuffisante, Frédéric Favre envisage déjà une autre solution, beaucoup plus contraignante: l'installation de caméras de reconnaissance faciale aux portes du stade.

Concrètement, chaque fan se présentant aux bornes d'entrée devrait placer son visage devant une caméra afin d'actionner le tourniquet. Celui-ci s'ouvrirait uniquement si le visiteur n'est pas recensé dans le fichier Hoogan.

La technologie existe déjà ailleurs
170 000 spectateurs avaient été surveillés grâce à la reconnaissance faciale lors de la finale de la Ligue des champions 2017 à Cardiff. Deux ans plus tard, le club danois du Brondby IF est devenu le premier au monde à l’utiliser durablement afin de repérer la centaine de fans violents qui tentaient de pénétrer dans son enceinte. Depuis, elle est aussi en cours d'emploi au RWD Molenbeek. Les abonnés du club belge qui acceptent de se soumettre à l'identification vidéo peuvent même accéder plus facilement au stade.

Joint par téléphone, Frédéric Favre confirme que la reconnaissance faciale est «une option dans le futur. Elle pourrait être activée si l'on s'aperçoit que les gens déjouent massivement les contrôles en prêtant leurs pièces d'identité à des tiers, mais il serait dommage d'en arriver là». Il ajoute que l'identification filmée a été suggérée ces deux dernières années, mais qu'elle n'est pas encore à l'étude formellement.

Les échanges sur le sujet ont tout de même été suffisamment sérieux pour que le préposé valaisan à la protection des données soit consulté.

«Frédéric Favre m'a sollicité pour avoir mon avis sur la possible introduction de caméras faciales et je ne m'y suis pas opposé. Tout simplement parce que je n'ai pas envie que mon fils de neuf ans soit confronté à de la violence lorsque nous allons au stade en famille. Or si les hooligans fichés savent que leur visage sera scanné à l’entrée, ils n'oseront plus se présenter aux portes de Tourbillon»
Sébastien Fanti

Les autorités savent qu'une telle mesure de dissuasion permettrait une réduction des frais de sécurité (estimés à 400 000 francs par la police cantonale, une partie étant financée par le FC Sion), mais aussi qu'elle doit être envisagée avec beaucoup de précaution. Car la thématique est sensible. Sollicités, le président de la Ville (Philippe Varone) et celui du club (Christian Constantin) esquivent d'ailleurs la prise de position en nous renvoyant poliment vers Frédéric Favre.

A force de se côtoyer, ils finissent par faire des selfies ensemble.
A force de se côtoyer, ils finissent par faire des selfies ensemble.Image: KEYSTONE

La prudence naît de multiples inconnues. Par exemple celle-ci: existe-t-il les bases légales pour identifier les spectateurs aux moyens de caméras faciales? Frédéric Favre n'a pas encore approfondi le sujet, mais en 2019, le porte-parole de la police cantonale vaudoise assurait que non. Une autre inconnue tient dans la protection des données. Sébastien Fanti estime toutefois qu'elle peut être garantie «en supprimant dès la fin du match toutes les informations prélevées sur des spectateurs qui ne figuraient pas dans Hoogan».

Mais le public se déplacera-t-il encore, verra-t-il encore Tourbillon comme un stade plutôt qu'un aéroport? De nombreux supporters des différentes ligues européennes jugent les mesures de sécurité toujours plus oppressantes, voire liberticides. Certains les dénoncent en collectif. C'est arrivé en France il y a deux ans après que le FC Metz a mené une opération de contrôles filmés aux entrées. Le club lorrain avait convoqué en catimini les volontaires d'une société de reconnaissance faciale, un jour de semaine, pour réaliser une série de tests. L'Association nationale des supporters (ANS) l'avait appris plus tard et n'avait pas du tout apprécié.

La fronde populaire avait gagné en intensité une semaine plus tard lorsque la ministre française des Sports, Roxana Maracineanu, avait approuvé la technologie d'identification et laissé entendre que celle-ci pourrait s'étendre à d'autres disciplines.

«Ces expérimentations de reconnaissance faciale ont vocation à être valorisées sur les grands événements sportifs que la France organise, et sur d’autres événements sportifs où la France peut exporter son savoir-faire»

La Suisse, elle, ne voit pas encore les choses du même œil.

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