Alcaraz doit abandonner un objet précieux
Ce mardi contre Alex de Minaur, Carlos Alcaraz tentera d'obtenir son meilleur résultat en carrière à l'Open d'Australie: une qualification pour les demi-finales.
L'Espagnol, numéro 1 mondial, aborde ce quart de finale confiant: il n'a perdu aucun set jusqu'à présent. Mais ce duel contre l'Australien, qui aura forcément le public avec lui, représente un sacré test: de Minaur (6e mondial) n'a lâché qu'une manche (contre Medjedovic au 2e tour) et a balayé en huitième de finale Bublik (6-4, 6-1, 6-1), un homme en pleine bourre et outsider pour le titre.
Et puis, face à cette véritable «mobylette», Alcaraz sera très vraisemblablement privé d'un outil de travail: son bracelet connecté.
Il a été contraint de l'enlever dimanche, juste avant son match contre Tommy Paul. Une scène étonnante. Alors que le vainqueur du dernier US Open était encore au filet, juste après le tirage au sort, l'arbitre Marija Cicak lui a demandé de retirer ce bracelet connecté, fixé sous son serre-poignet pour éponger la sueur. Carlos Alcaraz s'est exécuté sans broncher, en posant l'objet sur le banc.
La scène en vidéo
Ce bracelet connecté – de la marque Whoop – permet d'enregistrer en direct les performances athlétiques et, plus largement, les données du corps. Il «surveille notamment la récupération, l'effort physique et le sommeil. Il analyse également des données telles que la fréquence cardiaque et le taux d'oxygène dans le sang», détaille AS. Autrement dit, des informations importantes pour un athlète de haut niveau.
Le média espagnol a questionné Alcaraz, après le match, sur la raison de cette demande de l'arbitre. Sa réponse:
A l'écouter, l'Espagnol n'aura donc pas le droit de remettre à son poignet ce dispositif pour la suite du tournoi (il a pourtant joué ses trois premiers tours avec).
AS met en avant la raison précise de cette interdiction: la communication et la transmission de données hors du terrain sont interdites. Histoire d'éviter les infractions liées au coaching ou aux paris illégaux.
«Il n’est pas interdit, par exemple, de jouer avec une montre qui donne l’heure ou qui ne communique pas avec d’autres appareils», fait remarquer ce même média. Il cite l'exemple de Rafael Nadal, qui a joué la grande majorité de sa carrière avec une grosse montre noire au poignet droit.
L'Equipe rappelle que c'est la fédération internationale (ITF) qui fixe les règles en matière de technologie connectée sur le terrain. «Le bracelet connecté, qu'Alcaraz a porté lors de ses trois premiers tours, ne fait donc pas partie des équipements approuvés», conclut le média français.
Problème: ce règlement de l'ITF est encore très vague (la technologie connectée est finalement assez récente) et ne publie pas, par exemple, de liste de bracelets interdits. Dans ce flou artistique, pas étonnant de voir jaillir la colère et l'incompréhension du CEO de Whoop, Will Ahmed, qui a posté sur X après «l'affaire Alcaraz»:
Le tweet du CEO de Whoop
Même sans sa montre magique, Carlos Alcaraz – vainqueur de six titres du Grand Chelem – fera tout pour remettre les pendules à l'heure mardi en rectifiant une anomalie à Melbourne: s'y qualifier pour sa première demi-finale.
