Cette star du bob suisse a reçu un cadeau inespéré
D’un pas léger, Melanie Hasler traverse le hall d’accueil de l’OYM, le centre d’entraînement high-tech de Cham. Nous sommes le vendredi suivant son doublé aux Championnats d’Europe de Saint-Moritz, et la pilote argovienne de 27 ans rayonne encore.
Dans une saison particulièrement éprouvante pour le bobsleigh suisse — marquée par l’absence de podium lors des cinq premiers week-ends de Coupe du monde et par de graves difficultés financières — son succès a valeur de véritable délivrance.
Melanie Hasler a ensuite fait l’impasse sur la finale de la Coupe du monde à Altenberg. D’abord parce qu'elle était assurée de conserver sa place dans le groupe de tête pour les JO, aussi bien en monobob qu’en bob à deux. Mais elle a aussi voulu envoyer un signal fort: selon elle, les responsables de la piste en Saxe n’ont toujours pas fait suffisamment pour améliorer la sécurité, deux ans après le terrible accident du pousseur suisse Sandro Michel.
Pour Melanie Hasler, ce renoncement à Altenberg a aussi eu un effet secondaire bienvenu: un peu de temps libre pour souffler avant les Jeux. Il y a quatre ans, pour ses premiers JO en Chine, elle avait terminé sixième et septième. Cette fois, ses ambitions sont différentes: «Je rêve d’une médaille.» Elle sait toutefois qu’il faudra «énormément de choses» pour y parvenir. Une expérience vécue en début de saison en Coupe du monde l’incite d’ailleurs à la prudence.
C’était lors des premières courses disputées sur la nouvelle piste de Cortina d’Ampezzo. En monobob, elle avait signé une première manche brillante avant de reculer de la première à la septième place lors de la seconde, sans vraiment comprendre pourquoi. En bob à deux, en revanche, l’explication était claire: son engin manquait de vitesse, surtout dans les portions rapides de la partie inférieure du tracé.
Ce problème, elle a pu le résoudre en utilisant désormais le bob de son compagnon, Michael Vogt.
Hasler se présentera également avec de solides garanties au départ des JO. Sa pousseuse attitrée, Nadja Pasternack — avec qui elle a déjà disputé les Jeux de Pékin il y a quatre ans — est revenue en grande forme après une pause maternité et a encore franchi un cap cette saison.
L’objectif minimal reste la conquête de deux diplômes olympiques. Pour espérer davantage, comme elle le souligne elle-même, « beaucoup de choses » devront se mettre en place. Alors, peut-être, pourra-t-elle de nouveau arborer le même large sourire que la semaine dernière.
(jcz/riz/sda)
