Cette phrase lâchée par Lichtsteiner a précipité sa chute à Bâle
Le projet n’aura finalement duré que 226 jours. Il était pourtant appelé à s’inscrire dans la durée, surtout à l’échelle du football: jusqu’en 2029, voire au-delà. Mais le contrat de trois ans et demi de Stephan Lichtsteiner a déjà pris fin. Son aventure sur le banc rhénan appartient désormais au passé.
Mercredi soir, le FCB a annoncé se séparer avec effet immédiat de son technicien de 42 ans. Une annonce qui n'a surpris personne. Certes, il y a eu la victoire à Zurich et le spectaculaire 3-3 à Berne. Mais plus récemment, Bâle a subi deux revers à domicile contre Sion et Lugano. Deux défaites de trop, comme l’indique le communiqué bâlois. La moyenne de points de l’entraîneur était tombée à 1,22 par match, tandis que Lichtsteiner avait été copieusement sifflé dimanche au moment de regagner les vestiaires. Ce n’était pas la première fois.
Lichtsteiner aurait contribué à provoquer son propre licenciement mercredi. Selon des sources bien informées, le technicien aurait expliqué à son équipe, après l’entraînement matinal, qu’il allait quitter Bâle lors de la prochaine trêve internationale, soit à partir du 21 septembre. Il s’attendait à être remercié à ce moment-là.
Mais lorsque la direction du club a appris que Lichtsteiner avait tenu ces propos à ses joueurs, peut-être dans l’espoir de provoquer un électrochoc, elle a tiré la sonnette d’alarme et est immédiatement passée à l’action. Cela explique aussi pourquoi, plusieurs jours après le licenciement de l’ancien international de la Nati, Bâle n’a toujours pas signé son nouvel entraîneur. Le club doit encore disputer deux matchs avant la trêve, dont un premier ce dimanche, à Lucerne (18h30).
L'aventure de Stephan Lichtsteiner s'est donc achevée après seulement sept journées de championnat cette saison, et après seulement 27 matchs au total. A Bâle, Mario Cantaluppi a également été limogé. Il venait pourtant d'être recruté cet été comme adjoint. Une arrivée voulue par Lichtsteiner, ce qui explique son départ précipité. En attendant la nomination d'un nouveau coach, le deuxième adjoint, Luigi Nocentini, assure l'intérim. L'Italien avait été recruté par l'ancien entraîneur Fabio Celestini et faisait partie du staff lors de la saison du doublé.
Mauvaise communication
Il y a près de trois semaines déjà, CH Media, le groupe auquel watson appartient, rapportait que Lichtsteiner était sur le point d’être licencié. A l’époque, le club dénonçait une campagne médiatique contre son entraîneur. Mais tout s’est désormais confirmé. Ses victoires contre Thoune et Zurich n’ont fait que retarder l’échéance. Lichtsteiner a pu souffler un peu, mais pas davantage. Car ce ne sont pas seulement les statistiques (dix victoires à peine pour le FCB sous sa direction) qui plaidaient contre lui.
Il y avait aussi la manière dont l’équipe évoluait, en particulier sur le plan offensif. Le jeu bâlois paraissait trop souvent sans idée et trop statique. Même après huit mois, personne n’était vraiment en mesure de définir le style de football prôné par Lichtsteiner.
A cela s’ajoutait une certaine impopularité liée à sa manière d’être. Il y a eu des apparitions publiques pour le moins curieuses, notamment ses critiques envers les médias en conférence de presse. Ou encore des déclarations qui ont laissé beaucoup de monde perplexe, comme lorsqu’il a affirmé que l’équipe était là pour progresser, et non pour gagner.
En interne aussi, sa communication laissait à désirer, selon plusieurs sources. Son annonce dans le vestiaire mercredi en témoigne. Il avait également perdu, depuis un certain temps déjà, le contact avec certains joueurs. C’était notamment le cas avec son ancien coéquipier en sélection et actuel capitaine du FCB, Xherdan Shaqiri, avec qui les relations n’ont jamais été harmonieuses. Shaqiri n’a certes jamais émis la moindre critique publique, mais il ne lui a pas non plus apporté son soutien.
Ces marques de confiance ont récemment fait défaut, non seulement de la part du capitaine, mais aussi du président du conseil d’administration David Degen, du directeur technique Andreas Herrmann ou encore de Valentin Stocker. Ce dernier s’est certes présenté dimanche dernier devant les caméras de la SRF en sa qualité de directeur sportif de la première équipe, mais ses propos laissaient transparaître certains doutes.
Après Ludovic Magnin, Stephan Lichtsteiner est donc le deuxième mauvais choix consécutif du FC Bâle. L’ancien directeur sportif Daniel Stucki, qui avait contribué à sa venue, connaissait Lichtsteiner depuis leur passage commun dans les équipes de jeunes du club bâlois. Lors de sa nomination comme entraîneur principal en janvier, il vantait notamment sa compréhension tactique ainsi que sa capacité à fédérer ses joueurs et à les faire progresser collectivement.
Mais ce sont précisément ces qualités qui ont fait défaut chez les professionnels bâlois. Aucun joueur, peut-être à l’exception de Giacomo Koloto durant le premier semestre, n’a franchi un véritable cap sous les ordres de Lichtsteiner. Récemment, même Koloto a quasiment disparu de l’équipe.
Stucki avait probablement compris avant Degen que le poste d’entraîneur principal du FC Bâle, le premier de Lichtsteiner au niveau professionnel, était peut-être arrivé trop tôt pour lui et qu’un changement était devenu nécessaire. L’ancien directeur sportif n’était déjà plus totalement derrière Lichtsteiner au moment de quitter le club, durant la pause estivale.
