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Il ne manquait que le soleil et un plateau de fruits de mer pour que tout soit parfait.
Il ne manquait que le soleil et un plateau de fruits de mer pour que tout soit parfait.Image: LCI

Darius et Michel ont passé une soirée entre potes en bord de mer

Rochebin et Platini se sont retrouvés sur une terrasse de la Côte d'Azur pour parler de la famille, de Blatter, de Benzema ou encore du Qatar. La séquence a été diffusée hier soir sur LCI. On rembobine.
25.05.2021, 06:5625.05.2021, 17:35
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Ils se sont donné rendez-vous comme de vieux potes, le week-end de l'Ascension sur la Côte d'Azur, où Platini possède une maison de vacances. Darius et Michel. L'ancienne vedette de la RTS et celle de l'UEFA, deux réputations froissées par des affaires (Rochebin a été blanchi, au contraire de Platini) qui ont ralenti leur carrière sans pour autant les tuer médiatiquement: le premier fait toujours de la télévision, le second cause toujours ballon rond. C'est justement pour ça que Darius Rochebin a invité «Platoche» hier soir (coup d'envoi de l'émission à 20h10) sur LCI.

Image: LCI

L'émission s'ouvre sur un éloge du présentateur envers son invité, une «figure nationale», une «légende vivante du football», pas venue sur la chaîne pour parler de la pluie et du beau temps (LCI a son propre service météo). Darius assène sa punchline: éloignez les enfants, «Michel s'exprimera sur tous les sujets du moment».

Bon, il n'est pas question non plus de la Biélorussie ou du vaccin AstraZeneca. Mais plutôt de Kylian Mbappé, la star du PSG et de l'équipe de France. «Il a tout: il va vite, il a les deux pieds, il est costaud. Il a un démarrage foudroyant. Il en a là-dedans», résume le Français, qui sait que l'Euro approche et que c'est le dernier moment pour changer d'avis. Il y a deux ans, Michel était moins tendre avec le tout frais champion du monde.

«À un moment, Mbappé va s'apercevoir que la vitesse ne fait pas tout»
Platini sur France Info en 2019

L'attaquant, c'est vrai, a progressé. Son association avec Karim Benzema en équipe de France réjouit évidemment Michel, mais Darius l'emmène sur un autre terrain, plus instable: la polémique née du silence du joueur français lors de la Marseillaise.

Michel est-il choqué que Benzema ne chante pas l'hymne français? Le Français de 65 ans maîtrise le sujet. Il répond sans ambigüité:

«Les joueurs de ma génération ne chantaient jamais l'hymne. Le sujet est venu dans le débat dans les années 90 lorsque les rugbymen se sont mis à l'entonner. Le public du foot a commencé à regarder quels internationaux ne chantaient pas la Marseillaise, en prétendant que si l'un d'eux était un peu plus coloré et qu'il se taisait, c'était parce qu'il ne devait pas aimer la France. Mais c'est faux. Nous, on était tous Blancs et on ne chantait pas.»

Michel ne s'est jamais vraiment reconnu dans cet «hymne guerrier qui n'a rien à voir avec le jeu». Il le disait déjà dans une vidéo diffusée sur YouTube en 2018.

Pour aller au bout de l'idée, Darius l'interroge: «Si vous jouiez maintenant, vous ne la chanteriez pas?» Son invité botte en touche. «C'est différeeeeent. On est 30 ans après. Si je ne la chantais pas, je me ferais peut-être critiquer alors que dans le passé, tout le monde s'en foutait.»

L'interview dure presque une mi-temps. Les deux hommes jouent la plupart du temps dans le même camp, ce qui est souvent ennuyeux, parfois amusant. Comme lorsque le présentateur ressort un article signé par Florent Barraco dans Le Point: «Platini, c'est une gueule d'ange d'abord (...), un regard doux, chambreur et rageur, un visage enfantin marqué par un sourire carnassier et une allure mi-passive, mi-féline». Michel en est tout retourné. Et balbutie: «Il n'a pas tout à fait tort.» (silence gênant).

C'est qu'il faut être sympa avec Michel, qui a certes eu «une vie exceptionnelle» mais qui a aussi souffert des poursuites judiciaires contre lui ces dernières années.

Comme dirait Gao Xingjian: «La mer des souffrances est sans limites».
Comme dirait Gao Xingjian: «La mer des souffrances est sans limites». Image: LCI

Le natif de Joeuf, dans l'est de la France, estime n'avoir pourtant rien à se reprocher.

Il en a bavé, «mais pas plus de deux semaines.» A-t-il pleuré? Même pas. «Je suis un dur. Un vrai.» Bim. Prends-ça Luis Suarez.

Des questions qui fâchent, il y en a tout de même au cours de l'interview diffusée sur LCI, mais elles sont toujours habilement enrobées de compliments.

Pas de doute: Darius sait poser les questions. Mais Michel sait aussi très bien répondre, c'est-à-dire choisir les sujets sur lesquels il prendra position. En voici quelques-uns:

  • Sur le retour de Benzema: «Il faut se fier au sélectionneur. Si Deschamps l'a pris, c'est que c'est bien.»
  • Sur la Coupe du monde au Qatar, en faveur de laquelle il a voté: «J'ai été le seul à avoir dit pour qui j'avais voté et j'ai été le seul à avoir eu des emmerdements. Mais je l'assume complètement.»
  • Sur Sepp Blatter (et sans que l'on puisse déceler la moindre ironie dans sa voix): «Il a été un très, très grand président. On s'est apprécié. Il aurait dû partir à un certain moment mais il a voulu mourir à la FIFA et il a commencé à faire des conneries.»
  • Sur l'argent: «Je pense qu'avec Blatter on a loupé l'arrivée de l'argent dans le football. On aurait dû le réguler davantage.»
  • Sur son futur: «Tout est ouvert du moment que c'est quelque chose d'utile (...) Mon avenir (sous-entendu son avenir immédiat), c'est profiter de la vie, de ma famille, des enfants et de mes trois petits-enfants.»

Darius acquiesce, prend congé et conclut par un vibrant: «Merci Michel!»

Y'a pas à dire: la réouverture des terrasses, c'est vachement bien pour retrouver les copains.

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