Sur le papier, la tâche s'annonce immense pour YB face au champion d'Italie en titre. L'Inter est un habitué de la Coupe d'Europe et n'a connu qu'une seule défaite en 8 matchs de championnat cette saison. Pourtant, le club lombard n'est pas serein à l'idée de devoir affronter l'équipe de Joël Magnin à l'extérieur.
«La plus grande inquiétude de l'Inter Milan avant ce match concerne la pelouse synthétique du Wankdorf», a relayé l'agence Reuters, citant le coach italien Simone Inzaghi en conférence de presse:
Le gazon artificiel a déjà changé les habitudes de l'Inter, qui s'est entraîné sur le terrain bernois à la veille du match afin de prendre de précieux repères.
«Nous devrons nous habituer rapidement à cette surface de jeu, et être très attentifs pendant l'heure que nous aurons sur le terrain», avait prévenu l'entraîneur.
La presse italienne a elle aussi fait écho aux inquiétudes des Lombards. La Gazzetta dello Sport a même estimé que la pelouse synthétique était le «véritable ennemi de l'Inter». Les joueurs bernois apprécieront...
Mais cette surface est-elle vraiment un plus pour YB? Ce n'est pas aussi évident que cela. Nous avions posé la question à deux experts la saison dernière et ils n'étaient pas du tout d'accord.
Ancien joueur notamment du FC Thoune, où il a évolué sur gazon artificiel, Jérémy Manière estimait qu'YB bénéficie du fait de recevoir sur son terrain. «YB est ultra avantagé en Ligue des champions car il affronte des joueurs qui ne sont pas habitués au synthétique, avait-il relevé. Ses adversaires sont pour la plupart des internationaux qui, en sélection, jouent toujours sur herbe, et qui évoluent dans les championnats du Big 5, où les synthétiques ne sont pas autorisés. Or tout est différent lorsqu'on passe d'une pelouse naturelle au gazon artificiel: les rebonds, le dosage des passes, le timing dans l'anticipation et même le rythme de jeu.»
Manière avait rappelé qu'YB mettait toujours «une grosse pression chez lui dans les 15 premières minutes; parce qu'il a le public derrière lui, bien sûr, mais aussi parce qu'il cherche à profiter au maximum d'éventuelles erreurs techniques de son adversaire liées au synthétique». Puis il avait ajouté:
Un avis que Bernard Challandes n'avait pas partagé. Ex-entraîneur de Thoune, Xamax et YB, mais aussi de Zurich ou Sion notamment, ancien sélectionneur du Kosovo et de l'Arménie, il avait estimé que le fait de recevoir sur synthétique n'était pas un inconvénient, mais que ça n'était pas non plus un avantage.
On saura très vite, ce mercredi soir, si le synthétique gêne les Intéristes. Il faudra observer les premières passes, les contrôles et les appuis pendant ces 15 minutes durant lesquelles YB a pris l'habitude de mettre beaucoup de pression, espérant pousser à la faute des adversaires qui n'ont pas l'habitude d'évoluer sur cette surface de jeu.