Le coach du Qatar a une raison personnelle de vouloir battre la Nati
Après avoir raté ses débuts lors de sa Coupe du monde, le Qatar veut prendre sa revanche, dès samedi contre la Suisse. C'est également le cas de son sélectionneur Julen Lopetegui, licencié en 2018 juste avant le premier match de l'Espagne en Russie.
Il y a quatre ans, le Qatar est entré dans l'histoire pour une raison peu glorieuse. Le pays hôte est devenu le premier organisateur à terminer le tournoi sans le moindre point. Pourtant, cette équipe, sacrée championne d'Asie trois ans plus tôt, nourrissait de grandes ambitions devant son public. Mais au lieu de déclencher une véritable ferveur footballistique dans le petit émirat du Golfe, «Al-Annabi» avait subi la loi de l'Equateur, du Sénégal et des Pays-Bas.
En 2023, la sélection s'est réhabilitée en conservant son titre continental, lors d'une compétition également organisée au Qatar. Sur la route du trophée, elle a éliminé l'Ouzbékistan, l'Iran puis la Jordanie en finale. Trois équipes qui se sont ensuite qualifiées, elles aussi, pour le Mondial 2026.
La campagne qualificative des Qatariens s'est en revanche révélée laborieuse. Après une défaite 5-0 contre les Emirats arabes unis, l'Espagnol Tintin Marquez a été remplacé par son adjoint Luis Garcia au poste de sélectionneur. Mais les résultats ne se sont guère améliorés: le Qatar a manqué la qualification directe et a dû passer par les barrages.
Lors de ceux-ci, le Qatar a bénéficié d'un format pour le moins particulier. Dans un groupe de trois équipes qu'il composait avec les Emirats arabes unis et Oman, chaque nation ne s'est affrontée qu'une seule fois. Et toutes les rencontres se sont disputées... au Qatar.
Le pays hôte a pleinement profité de cet avantage, jamais vraiment expliqué par la Confédération asiatique, pour décrocher sa première qualification sportive à une Coupe du monde. Son objectif est désormais de faire bien mieux que lors de sa première participation.
Coup de théâtre en Russie
Pour la fin des qualifications, la fédération qatarienne a une nouvelle fois changé d'entraîneur et a engagé un autre Espagnol, Julen Lopetegui. Comme joueur, le Basque a participé à une Coupe du monde, en 1994 aux Etats-Unis (troisième gardien de la Roja). Comme entraîneur, il était censé faire de même à la tête de la Roja en 2018 en Russie, mais a été limogé deux jours avant son entrée en lice.
Un jour avant son licenciement, il avait été révélé que Lopetegui deviendrait l'entraîneur du Real Madrid après le tournoi. Le club madrilène avait activé une clause de son contrat et informé la fédération espagnole quelques minutes seulement avant l'annonce officielle. Furieuse, celle-ci avait décidé de le remplacer par son directeur sportif Fernando Hierro, alors même que l'Espagne restait sur une série de 20 matchs sans défaite sous ses ordres.
L'élimination surprise de l'Espagne en huitièmes de finale contre la Russie, pays organisateur, n'avait pas vraiment consolé Lopetegui. D'autant que son aventure au Real Madrid s'est elle aussi terminée prématurément. Après seulement 14 matchs et une défaite 5-1 lors d'un Clasico contre Barcelone, il avait été licencié.
Ont suivi une période plus longue au Séville FC puis des passages plus brefs à Wolverhampton et West Ham, avant qu'il ne prenne les rênes de la sélection qatarienne. Son rêve de Coupe du monde va donc finalement se réaliser. Même si, à 59 ans, il ne peut pas viser aussi haut avec le Qatar qu'il ne pouvait le faire avec l'Espagne.
(ats/yog)
