Le gardien du LHC vit une situation cocasse avec son père
Les soirs de match à Malley, Ewan Huet n'aura qu'à lever les yeux pour se rappeler, si besoin est, l'empreinte majuscule qu'a laissée son père Cristobal au sein du Lausanne HC. Le numéro 39 du légendaire gardien franco-suisse trône depuis 2019 parmi les maillots retirés du club vaudois, récompensant ses six saisons et 213 matchs avec les Lions, ainsi que la promotion de 2013 dont il a été un artisan majeur.
Champion de LNA avec Lugano en 1999, toujours le seul Français à avoir remporté la Coupe Stanley (en 2010 avec Chicago), «Cristo», 50 ans, a écrit sa légende. C'est désormais son fils, Ewan, 21 ans, lui aussi gardien, qui tente de marcher sur ses pas. Enfin... pas tout à fait, puisque celui qui a signé son retour à Lausanne cet été veut composer sa propre histoire. Même avec un nom aussi prestigieux derrière son maillot.
«Je ne vois que du positif à porter ce nom», assure le fiston dans un entretien avec Keystone-ATS.
Si Ewan veut tracer sa route, il est toutefois inévitablement guidé par son père depuis son plus jeune âge. Et cela se voit aussi dans leur caractère. En dehors de la glace, les deux hommes reflètent leur style devant le filet. Décontractés, flegmatiques; ils semblent rendre les choses faciles. «Ewan a une très bonne lecture du jeu. Il est calme, fort mentalement», souligne Cristobal, le paternel.
«Meilleur que moi au même âge»
Des traits de caractère qui se retrouvent dans leur double relation père-fils et entraîneur-joueur, un cas rare en National League, mais qui ne perturbe ni l'un ni l'autre. «C'est une chance unique d'être avec lui. C'est assez exceptionnel dans notre relation père-fils, mais à la patinoire, tout est naturel», assure Ewan.
Tel père, tel fils. Sur la glace également? «Cristo» voit quelques similitudes dans la manière qu'a son fils de lire le jeu. «Mais je lui ai toujours dit qu'il était bien meilleur que moi au même âge. Et c'est vrai, parce que le hockey va plus vite, les gardiens sont plus athlétiques. Les demandes ont beaucoup évolué par rapport à mon temps.»
Celui qui a connu quatre franchises de NHL s'efforce de mettre de côté sa casquette de père sur la glace. Mais au fond de lui, «il y a toujours une part intérieure où l'on est papa.» Son travail est également facilité par le fait qu'au LHC, la hiérarchie est claire: Kevin Pasche est le numéro un, et Ewan est venu pour progresser tout en le secondant.
«La même méthode qu'avec les autres»
Pour l'entraîneur, pas question de traiter son fils différemment. Parfois, même inconsciemment, un père peut se montrer plus exigeant. Ce n'est pas le cas de l'ancien joueur de Montréal.
Et ce dernier d'abonder. «Il est comme n'importe quel coach. C'est une personne qui est appréciée de tout le monde, il est très facile de parler avec lui et de s'ouvrir.»
Désormais installé avec sa compagne, Ewan ne vit plus sous le même toit que son père. Ce qui n'empêche toutefois pas le jeune talent de bénéficier d'un suivi personnalisé. «Là où notre relation peut être spéciale, c'est juste que j'ai un peu plus de séances vidéo avec lui», rigole l'ancien gardien.
En plus des conseils techniques, Ewan peut s'abreuver de l'immense expérience de son père, lui qui compte notamment 272 matchs de NHL. Et lorsqu'il s'agit de transmettre sa sagesse à son fils pour la gestion de sa carrière, c'est le papa qui ressort.
Pour Ewan, le plaisir réside aussi dans le fait d'apprendre aux côtés de deux gardiens qui s'érigent en exemples à ses yeux. «Cristo est l'un des gardiens les plus talentueux de l'histoire de la ligue, si ce n'est le gardien le plus talentueux. Il rend les choses très faciles malgré sa taille (1m83). Moi qui ne suis pas non plus le plus grand des gardiens (ils font la même taille), il faut qu'on trouve une autre manière d'arrêter le puck. Dans ce registre, Kevin Pasche (1m78) est un super exemple pour les générations futures.»
«Cette année à Kloten m'a changé»
Ces trois dernières années, Ewan a découvert d'autres horizons, loin de son paternel et du LHC, son club formateur. Lors de la saison 2023-24, à 18 ans, il s'était envolé vers les ligues juniores canadiennes, aux Regina Pats. Après 65 rencontres en WHL, il a signé la saison dernière son retour en Suisse, à Kloten. A son arrivée, il avait déclaré pour à lematin.ch:
Aujourd'hui, après 8 matchs en National League avec les Zurichois et 20 en Swiss League sous le maillot de Thurgovie, n'est-ce pas trop tôt pour un retour en terres vaudoises, avec un nouveau statut à porter? «Ce fut une année importante», rassure Cristobal.
«Je pense que j'ai réalisé de bons matchs avec Kloten», estime Ewan.
La première apparition d'Ewan Huet dans les cages lausannoises cette saison ne sera pas inédite. Il a en effet déjà porté le maillot des Lions en National League durant... 9 petites minutes sur la glace de Zoug, en 2023 à 17 ans.
Il a aussi déjà joué à Malley, avec Kloten, gagnant 5-3 en réalisant un très bon match. De quoi rendre sa future première titularisation devant son public un peu moins stressante. «C'est une patinoire exceptionnelle et toute ma famille est là. J'ai hâte!»
(ats/yog)
