Les lacets de ce tennisman font polémique
Rafael Jodar (19 ans) a réalisé un petit exploit, dimanche au Masters 1000 de Cincinnati. L'Espagnol, 11e mondial et nouvelle pépite du tennis, a remporté son deuxième tour contre Denis Shapovalov, alors qu'il était mené 5-1 dans le troisième set. Il a gagné six jeux de suite pour s'offrir cette ultime manche (7-5) et la victoire.
Mais plus que cette belle perf', ce sont deux scènes cocasses qui font parler après ce match. Deux fois dans ce dernier set, Jodar a dû changer de chaussures en plein jeu. La raison est la même: il explique avoir cassé ses lacets. Si le premier changement (à 4-1 pour Shapovalov) s'est fait rapidement, le second (à 5-3) «a duré beaucoup plus longtemps», comme le souligne The Athletic. Jodar a même eu besoin de l'aide, sur le court, de son père (qui est aussi son entraîneur) pour mettre une nouvelle chaussure.
Ce second arrêt de jeu forcé – il y avait 15-15, service Jodar – a particulièrement agacé Denis Shapovalov, qui a marché jusque devant le banc de son adversaire, pour se plaindre directement vers ce dernier et l'arbitre. On peut comprendre le Canadien: même si Rafael Jodar dit vrai par rapport à son lacet cassé (les images ne permettent pas de confirmer ni d'infirmer), cette pause casse le rythme. C'est d'autant plus frustrant pour un joueur qui mène au score, comme Shapovalov.
La séquence en vidéo
Apparemment, celui-ci a perçu ce temps-mort forcé comme un acte d'anti-jeu de son adversaire. The Athletic précise que Jodar n'a pas seulement profité de cette pause en plein jeu pour changer sa chaussure, mais qu'«il s'essuyait le visage et buvait de l'eau pendant ce temps».
La fréquence de ce même problème chez Rafael Jodar a de quoi renforcer les soupçons de Denis Shapovalov: l'Espagnol a aussi cassé ses lacets contre au moins... quatre autres adversaires depuis le début de la tournée nord-américaine, rappelle RMC Sport. Notamment en finale à Washington contre Taylor Fritz, le 3 août.
Zone grise dans le règlement
Si ces pauses liées à un changement de matériel sont systématiques sur le circuit (il est dangereux de jouer avec une chaussure défaillante, par exemple), il y a par contre une zone grise concernant le temps accordé. «L'arbitre de chaise est habilité à statuer sur chaque demande individuellement», détaille The Athletic, qui cite le règlement ATP.
Outre Shapovalov, une journaliste brésilienne citée par RMC Sport a partagé son exaspération sur X concernant les changements de chaussures de Rafael Jodar:
Après sa victoire dimanche, l'Espagnol s'est défendu:
The Athletic explique que «sur les courts en dur (comme ceux de la tournée nord-américaine), la conception de certaines chaussures fait que les lacets frottent sur la surface, s'usent et finissent par casser». Le média américain observe que Rafael Jodar «a une technique de glissade qui peut aggraver ce problème».
Pour ne plus risquer d'énerver ses adversaires, le Madrilène devra donc prévoir des paires de chaussures en réserve, à portée de main. Ou alors son équipementier procéder à quelques ajustements.
