Qui sera champion? Gottéron a une grosse faille
Quel entraîneur sera le premier viré?
Sept équipes entament la saison avec un nouvel entraîneur. Autrement dit: personne ne bénéficie d’une véritable sécurité de l’emploi et, depuis l’introduction des play-off (1986), chaque saison a connu au moins un changement d’entraîneur. Il faut donc s’attendre à plusieurs limogeages de généraux de la bande d’ici au printemps prochain.
En réalité, un seul homme est certain de conserver son poste: Serge Aubin au CP Berne. Parce que le club a décidé de ne licencier son entraîneur sous aucun prétexte, absolument pas et définitivement pas. Il est le seul à bénéficier d’une garantie d’emploi.
On fait notre pronostic, avec la sécurité de l’emploi (de la plus forte à la plus faible) de chaque coach pour cette saison:
- Serge Aubin (CP Berne)
- Josh Holden (Davos)
- Tomas Mitell (Lugano)
- Thierry Paterlini (Langnau)
- Geoff Ward (Lausanne)
- Roger Rönnberg (Fribourg-Gottéron)
- Sam Hallam (Genève-Servette)
- Claude Julien (ZSC Lions)
- Ville Peltonen (Ajoie)
- Christian Dubé (Bienne)
- Michael Liniger (Kloten)
- Lauri Marjamäki (Zoug)
- Johan Lundskog (Rapperswil-Jona)
- Jussi Tapola (Ambri)
A partir de la 7e place, la sécurité de l’emploi diminue de manière spectaculaire et mieux vaut attendre avant d’acheter un manteau d’hiver.
Gottéron peut-il défendre son titre?
Fribourg-Gottéron présente les caractéristiques d’un champion chancelant. Reto Berra, son portier et joueur le plus important, a été remplacé par un gardien qui n’a pas l’étoffe d’un champion (Ludovic Waeber).
Avec Lucas Wallmark, le leader offensif est parti, tout comme le leader spirituel Julien Sprunger. Après des festivités aussi intenses, le blues du champion risque d’être d’autant plus marqué. Mais attention: à Fribourg, tout est différent.
Assisterons-nous au retour des titans?
Oui, le CP Berne sera nettement meilleur que la saison précédente. Il faut dire qu'avec sa 9e place, ce n’est pas très difficile... Les ZSC Lions sont également favoris pour remporter la saison régulière, notamment en raison du bilan mitigé de Davos, Gottéron et Lausanne sur le marché des transferts, et ils feront eux aussi mieux que l’an dernier (4es).
Zoug a changé de directeur général, de directeur sportif et d’entraîneur et devrait donc, en principe, redevenir une équipe de pointe. A quoi bon tous ces changements s’il n’y a aucune amélioration par rapport à la saison dernière? Mais la «mise en caserne» tant décriée au centre sportif de haute performance OYM – principale raison de la restructuration – n’a toujours pas été supprimée et le nouveau directeur sportif Ted Suihkonen voulait déjà se séparer du nouvel entraîneur Lauri Marjamäki cet été. Malgré tout: Zoug fera mieux que la saison dernière (8e).
Ken Jäger est-il le transfert roi de la saison?
L'arrivée de Ken Jäger au HC Davos (en provenance de Lausanne) est un transfert roi. D’une part en raison de la durée de son contrat (jusqu’en 2033), d’autre part parce qu’il ramène au club grison une partie de l’intensité perdue avec les départs de Matej Stransky, Rico Gredig, Chris Egli, Michael Fora et Davyd Barandun. Sans compter que Jäger revient à la maison après huit ans, auréolé de sa médaille d’argent aux Mondiaux avec la Nati, et endosse immédiatement le rôle de capitaine.
Mais dans l’ensemble, ce transfert ne modifie pas le rapport de force dans la ligue. Seuls deux transferts ont cet effet: celui de Reto Berra, passé de Gottéron à Kloten, et celui de Connor Hughes, qui a quitté Lausanne pour Berne. Kloten passe du statut de candidat aux play-out à celui de possible équipe surprise et, pour la première fois depuis le départ de Leonardo Genoni (2019), le CP Berne n’a plus de problème de gardien.
Ajoie finira-t-il comme toujours dernier?
Depuis sa remontée en National League, Ajoie a terminé cinq fois de suite à la dernière place. Désormais, les Jurassiens disposent à peu près des mêmes moyens financiers qu’Ambri, Rapperswil, Kloten ou Langnau. Ils se sont renforcés et ont constitué un «noyau dur» autour de l’entraîneur finlandais Ville Peltonen, de ses deux assistants finlandais et des cinq joueurs finlandais occupant les places réservées aux étrangers.
On entend partout qu’Ajoie ne terminera, pour la première fois, plus dernier. Mais il est difficile de répondre à la question de savoir qui finira alors à la dernière place. Ambri, Bienne et Rapperswil sont les candidats les plus souvent cités.
Y aura-t-il un relégué?
Cela dépendra de l’obtention par Sierre et La Chaux-de-Fonds de l’autorisation de promotion. Les demandes ne devront être déposées qu’en octobre. On s'avance: Sierre, avec Chris McSorley à la bande, remporterait son barrage de promotion-relégation contre le perdant des play-out de National League et montera dans l’élite.
Mais comme la nouvelle patinoire ne sera probablement pas prête avant l’automne 2031 au plus tôt, une autorisation de promotion paraît plutôt improbable. Outre Sierre, La Chaux-de-Fonds (qui a commencé la rénovation de sa patinoire) est également capable de remporter le barrage de promotion-relégation. Ambri, Rapperswil, Ajoie et Bienne ont donc tout intérêt à éviter de devoir disputer un tel barrage.
Adaptation en français: Yoann Graber
