Cette manie de Zverev rend fous ses adversaires et les spectateurs
Alexander Zverev imite de plus en plus Novak Djokovic. Comme le Serbe, l'Allemand gagne désormais des titres du Grand Chelem. Il a empoché son deuxième Majeur dimanche à l'US Open, trois mois après avoir gagné Roland-Garros.
Mais Zverev copie aussi une autre habitude qui a rendu célèbre Djokovic: avant de frapper un service, le premier comme le second, il fait rebondir de très nombreuses fois la balle par terre avec sa main. De quoi rendre fous ses adversaires et les spectateurs (l'Allemand a été hué plusieurs fois dimanche, pour cette raison), qui attendent donc des plombes avant que la balle soit engagée.
Cette manie de Zverev a été particulièrement observée (et critiquée) durant cet US Open. Elle énerve surtout avant le second service. La raison? Avant le premier engagement, les joueurs ont à chaque fois droit à 25 secondes entre la fin du point précédent et leur premier service. C'est le règlement. Les adversaires et spectateurs sont donc obligés d'accepter celui-ci. Par contre, entre le premier et le second service, il n'existe aucune règle de temps. Autrement dit: Alexander Zverev a le droit de faire rebondir tant qu'il le souhaite sa balle.
Mais beaucoup en ont ras-le-bol et plaident pour l'instauration d'un règlement, histoire d'éviter les abus. A commencer par l'adversaire de Zverev en finale à New York, Ben Shelton. «Je pense qu'il faudrait instaurer une règle», a tranché l'Américain après le match, dans des propos relayés par le New York Times.
Ces innombrables rebonds chez Zverev avant de servir – entre 15 et 25 à chaque fois – cassent le rythme des matchs et rallongent ceux-ci, alors que de nombreux acteurs du tennis (joueurs compris) militent pour un raccourcissement des parties et moins de temps morts. Le chronomètre avant le premier service, en vigueur depuis la fin des années 2010, existe d'ailleurs pour cette raison. Durant cet US Open, la programmation de matchs qui se sont terminés parfois très tard dans la nuit a aussi été vivement critiquée.
Un retourneur trompé
Cette manie d'Alexander Zverev peut aussi être perçue, par les adversaires, comme un manque de fair-play. Plusieurs fois dimanche, on a vu Shelton – qui s'attendait à recevoir le service plus tôt – être obligé de se replacer pour retourner. Après sa demi-finale à New York contre l'Allemand, Karen Khachanov pestait:
Andy Roddick s'est aussi prononcé pour l'instauration d'un chronomètre entre le premier et le second service. L'ancien numéro 1 mondial (44 ans) est une voix importante du tennis, notamment à travers son podcast Served with Andy Roddick. Et il a une idée de règle très précise, comme il l'a fait savoir dans des propos repris par Tennis Temple:
Une proposition intéressante, mais sans doute difficile à appliquer: l'arbitre devrait calculer précisément avant chaque service le temps pris.
De son côté, Alexander Zverev est conscient de sa manie qui devient de plus en plus forte. «Je ne sais pas pourquoi ça a autant augmenté», a-t-il déclaré.
Mission pour le moment ratée, donc. Pour certains joueurs, faire rebondir la balle avant de servir permet de se concentrer, de reprendre son souffle ou éventuellement, pour les plus vicieux, de casser le rythme histoire de perturber l'adversaire. L'Allemand, lui, explique qu'il n'a «aucune idée» de la raison derrière ce comportement.
Vous l'aurez compris, beaucoup moins pour ses adversaires et les (télé)spectateurs...
