J'ai adoré cette innovation au Mondial
Il y a eu une grande première, jeudi lors du match d'ouverture de la Coupe du monde. Et elle concerne l'arbitre, le Brésilien Wilton Sampaio.
C'est la première fois, dans un Mondial, qu'un directeur de jeu explique au micro, à tous les spectateurs (et téléspectateurs), sa décision après avoir consulté la VAR (assistance vidéo).
La scène intervient à la 84e minute de cette rencontre entre le Mexique et l'Afrique du Sud (2-0). Le milieu sud-africain Themba Zwane, qui attaque, met une gifle à un défenseur mexicain. Monsieur Sampaio ne voit pas ce mauvais geste, mais il est appelé par l'arbitre VAR qui, lui, l'a vu. Après avoir revu l'action sur l'écran, le directeur de jeu revient sur la pelouse et parle dans son micro. Sa voix est diffusée dans tout le stade et on l'entend également à la TV. L'arbitre annonce:
La scène en vidéo
La scène fait le buzz sur les réseaux sociaux à cause de l'anglais très approximatif et hésitant de Wilton Sampaio. Le joueur sud-africain Khuliso Mudau, qui se tient juste à côté de l'arbitre, grimace parce qu'il ne comprend pas ce qu'est en train de dire l'homme en noir.
Mais au-delà de l'aspect comique de cette séquence, il faut surtout souligner les bienfaits d'une telle intervention publique de l'arbitre.
D'une certaine façon, elle humanise ainsi le directeur de jeu et donne l'impression – agréable – aux (télé)spectateurs qu'ils sont pris en considération. Tout cela a de quoi – on peut naïvement l'espérer – améliorer les relations arbitre-spectateurs et arbitre-joueurs. Au final, c'est le foot dans son ensemble qui en sort gagnant et grandi.
Un exemple très concret en Suisse
Juste après la finale de la Coupe de Suisse le 24 mai dernier, je déplorais que les arbitres suisses ne communiquent pas leurs décisions au public après avoir consulté la VAR, alors que cela s'est déjà fait au Portugal, en Angleterre ou en France.
Une scène de ce match entre Saint-Gall et le Stade Lausanne Ouchy aurait, à mon avis, clairement mérité pareille initiative. Après avoir revu l'action sur l'écran VAR, l'arbitre Luca Cibelli – qui n'avait pas sifflé penalty – a accordé un penalty aux Saint-Gallois. Problème: trois raisons – légères – pouvaient être retenues sur la même séquence contre le défenseur fautif lausannois: un accrochage, une faute de main et un coup de pied donné à un adversaire.
Encore aujourd'hui, aucun spectateur ni téléspectateur ne sait pour quelle raison Luca Cibelli a finalement accordé ce penalty. La faute à l'absence totale de communication (même pas un petit texte explicatif sur les écrans géants).
Durant cette Coupe du monde, la Fifa a donc résolu ce problème et on ne peut que s'en réjouir. Reste désormais aux arbitres à soigner leur communication – comprendre: leur anglais – pour être compris de tous.
