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«C'est irrespectueux»: les influenceurs perturbent l’US Open

«Irrespectueux»: ce nouveau phénomène qui perturbe l’US Open

Après les allées et venues des spectateurs, le bruit et les odeurs, un nouveau phénomène perturbe de plus en plus les matchs du Grand Chelem américain: la valse des influenceurs, ces créateurs de contenu souvent indisciplinés sur lesquels les organisateurs misent massivement.
09.09.2026, 17:0909.09.2026, 17:09
Arthur connan / afp

A l'US Open, en plus du brouhaha constant de spectateurs libres de circuler pendant les échanges et de l'odeur de marijuana près des courts, les joueurs doivent désormais composer avec des influenceurs de plus en plus nombreux et indisciplinés, à leur grand désarroi.

Lors du match du premier tour entre la Japonaise Naomi Osaka et la Russe Anastasia Zakharova sur le court Arthur-Ashe, un groupe d'influenceurs s'est fait bruyamment remarquer en prenant photos et vidéos avec un anneau lumineux sur un balcon, obligeant l'arbitre français Kader Nouni à interrompre l'échange.

«Normalement je ne fais pas attention, mais là il y a eu un moment où ces personnes criaient, on pouvait les entendre très clairement. Je pense que ça a gêné mon adversaire aussi», a déclaré après coup Osaka, désabusée.

Et l'ancienne numéro une mondiale, double lauréate du tournoi, de rappeler que «lorsqu'on assiste à un événement sportif, il faut respecter ce sport. Je trouve que c’est une question de courtoisie élémentaire de se renseigner sur ses règles de conduite».

Autre scène édifiante, lors de la rencontre du 2e tour entre Gaël Monfils et Learner Tien, une influenceuse s'est approchée du court pendant un échange afin de prendre un cliché avec une photographe, pour une marque visible sur son t-shirt, avant de se rasseoir, a constaté un journaliste de l'AFP.

«C'est tellement représentatif de New York: c'est chaotique et ça va dans tous les sens», a d'abord plaisanté l'Américaine Jessica Pegula, numéro trois mondiale, avant de déplorer que «c'est un peu irrespectueux, on commence un peu à dépasser les bornes».

Soucieux de rendre le tennis plus populaire aux Etats-Unis et de rajeunir l'audience de l'US Open, ses organisateurs ont mis en place depuis l'an dernier un partenariat avec des influenceurs, dont le nombre a doublé pour cette édition avec une centaine d'accrédités.

Une stratégie soutenue par certains joueurs dont le Russe Daniil Medvedev. «Plus on essaie de faire connaître le tennis, mieux c'est. Je pense qu'il y a beaucoup plus d'avantages que d'inconvénients», a estimé le Russe.

Le comportement de certains créateurs de contenus, manifestement plus enclins à se mettre en scène qu'à contribuer à la bonne exposition du tournoi, a toutefois obligé l'USTA (la fédération américaine de tennis organisatrice de l'épreuve) à un rappel à l'ordre.

NEW YORK, NEW YORK - SEPTEMBER 08: A general view over Arthur Ashe Stadium during a Men's Singles quarterfinal match between Frances Tiafoe and Alex Michelsen on Day Ten of the 2026 US Open at US ...
Le stade Arthur Ashe, nouveau terrain de jeu des influenceurs.Image: getty

«Nous avons renforcé la signalisation sur le site et dans le stade, envoyé des messages aux détenteurs de billets et de loges pour rappeler à chacun de s'abstenir de toute activité susceptible de perturber le match, notamment le niveau sonore, l'utilisation du flash pour les photos et des anneaux lumineux», a dit à l'AFP Brendan McIntyre, porte-parole de l'US Open.

«Nous voulons que tous nos fans et nos invités passent un moment extraordinaire lorsqu'ils viennent assister au tournoi, mais nous devons également nous assurer qu'ils ne perturbent pas le déroulement du jeu et la compétition sur le court»
Brendan McIntyre

Des mesures de bons sens saluées par certaines des meilleures joueuses du circuit. Si la numéro quatre mondiale Coco Gauff, sacrée à New York en 2023, est ravie de voir un nouveau public affluer à Flushing Meadows, elle considère qu'il y a quelques règles de savoir-vivre à adopter.

«C'est comme pour tout, vous n'allez pas sur un tapis rouge en jean. Il faut simplement respecter les usages propres à ce sport. Ils ont probablement déjà assisté à des matchs de basket, mais c'est leur premier match de tennis parfois. Pas de flash et de vidéos Tiktok pendant les points, essayer de ne pas parler trop fort», soutient l'Américaine de 22 ans.

Les influenceurs, les allées et venues, le bruit, l'odeur... autant de perturbations qui se multiplient à l'US Open, ne faisant qu'asseoir sa réputation de Grand Chelem le plus tapageur. «Les choses changent, le public peut bouger pendant les points. Ça sent la weed sur les courts. Il y a du bruit de partout, ça devient un peu le zoo en fait», a résumé le Français Adrian Mannarino, battu au deuxième tour.

(afp/roc)

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