La commission d'évaluation du Comité international olympique (CIO) avait préféré fin novembre 2023 la France à la Suisse pour l'organisation des Jeux olympiques d'hiver 2030. Pour les Helvètes, il faudra donc attendre au minimum 2038.
On s'est étonné de la manière dont la construction de deux nouvelles patinoires sur la côte méditerranéenne à Nice, centre de ces JO 2030, s'inscrirait dans les efforts de durabilité du CIO. Tout comme le fait que le trajet entre la ville de la Côte d'Azur et les sites alpins et nordiques dans les Alpes savoyardes serait plus long que la distance entre Genève et Saint-Moritz.
Ce qui a également surpris, c'est le délai remarquablement court – six ans – entre ces JO d'hiver français 2030 et ceux de cet été à Paris, déjà organisés dans l'Hexagone. Le concept tricolore a, apparemment, parfaitement collé aux besoins du CIO. Mais selon le média français Le Monde, ce dossier de candidature apparaît plus beau qu'il ne l'est vraiment.
Le Monde évoque une candidature déposée à la hâte et des problèmes de financement. Même la garantie – promise par Macron – que la France s'engage à financer un éventuel déficit public après ces JO ne semble plus aussi gravée dans le marbre, probablement à cause de la situation politique délicate en France. Le Parlement doit ratifier cette garantie avant le 1er mars 2025.
Les plans avec un budget prévu de 2,3 milliards d'euros seraient impossibles à réaliser sans un soutien massif de l'Etat, analyse Le Monde.
Car oui, l'empreinte carbone de ces Jeux olympiques 2030 est disproportionnée. Le dossier de candidature, rédigé dans l'urgence, a été critiqué pour ne pas avoir suffisamment pris en compte la volonté et les besoins de la population.
Le CIO a pourtant mentionné un fort soutien de la population locale, mais sans qu'aucune votation n'ait eue lieu ou ne soit prévue. Ce même CIO a justement demandé à la Suisse davantage de preuves que ses citoyens soutiennent la candidature...
La nomination attendue de l'icône du biathlon Martin Fourcade, le candidat préféré de Macron, au poste de chef du comité d'organisation des Jeux de 2030, a dû être récemment reportée. Apparemment, cette idée s'est heurtée à une résistance interne.
L'Agence française de lutte contre la corruption mène désormais une enquête.
Le président du CIO, Thomas Bach, se veut, lui, rassurant: «Pour l'instant, nous ne sommes pas inquiets», explique-t-il dans Le Monde.
Affaire à suivre...
Traduction et adaptation en français: Yoann Graber