Suisse–Qatar a aussi viré au casse-tête pour la télé suisse
Le coup d’envoi du match de la Nati à San Francisco est donné à midi, heure locale. Le soleil tape fort. Or les postes des commentateurs ne sont pas couverts. Les journalistes de la télévision se retrouve donc exposés en plein soleil pendant près de quatre heures.
À cela s’ajoute un autre problème: les distances à parcourir à l’intérieur du Levi’s Stadium sont importantes. Rejoindre le studio de la SRF depuis les places réservées aux commentateurs prend du temps. Une situation particulièrement délicate pour Beni Huggel. L’ancien international est en effet mobilisé à double titre: d’un côté comme expert auprès du présentateur en plateau; de l’autre comme intervenant en direct durant le match, en complément du commentaire de Sascha Ruefer.
Face à ces conditions, la SRF décide à la dernière minute de modifier son dispositif. Huggel reste en plateau pendant la rencontre, plutôt que de s’installer à côté de Ruefer. L’objectif est double: éviter les longs déplacements dans le stade et limiter l’exposition au soleil. La chaîne redoute notamment qu'Huggel n’attrape un coup de soleil et ne se présente ensuite à l’antenne le visage écarlate pour l’analyse.
Reste une question: comment faire intervenir Huggel pendant le match? Le consultant garde en permanence un micro à la main et reste relié au dispositif audio, ce qui lui permet d’entendre les commentaires de Ruefer. Lorsqu’il souhaite intervenir sur une situation de jeu, il en informe Ruefer par WhatsApp, afin que celui-ci lui donne la parole. À l’inverse, Ruefer peut aussi solliciter spontanément son avis.
Un dispositif inédit pour les deux hommes — et nettement plus compliqué que d’ordinaire. Habituellement, Ruefer et Huggel commentent côte à côte, chacun avec un casque, et peuvent interagir directement, comme le font tous les duos de commentateurs.
Cette distance physique se fait rapidement sentir. La fluidité habituelle entre Ruefer et Huggel manque. Et, peu après la pause, un premier couac survient. À la 51e minute et 10 secondes de jeu, Ruefer lance: «Beni, mon cher. J’ai l’impression que les Suisses ont procédé à quelques ajustements. Ils jouent plus haut, pressent davantage l’adversaire et tentent de mettre plus de pression.»
Huggel est invité à réagir, mais reste muet. Il semble ne pas avoir réalisé qu'on lui a donné la parole. Pendant treize secondes, le silence s’installe pour les téléspectateurs, avant que Ruefer ne reprenne le fil de son commentaire.
Aucun autre incident de ce type ne se produit par la suite. Mais le constat demeure pour la SRF: ce dispositif est particulièrement problématique. Plus largement, c’est même la double casquette de Beni Huggel qui interroge. Ses qualités ne sont pas en cause. Comme expert comme dans le rôle de co-commentateur, il apporte une réelle valeur ajoutée aux téléspectateurs. Mais le fait de devoir mêler ces deux fonctions pose question. D’autant que cette confusion des rôles n’existe que lors des matches internationaux masculins. Pour les rencontres de l’équipe nationale féminine, comme pour le hockey sur glace, la séparation des rôles est depuis longtemps devenue la norme.
