Ce tournoi atypique offre le pactole à Wawrinka et Bencic
Tous les fans de tennis suisses se souviennent des titres en Coupe Davis en 2014 (hommes) et en Billie Jean King Cup (dames) en 2022. Ce dimanche, notre tennis a l'occasion de remporter son troisième sacre mondial dans une compétition par équipe. Stan Wawrinka, Belinda Bencic et leurs compatriotes défient la Pologne, à Sydney, en finale de la United Cup.
Une compétition atypique pour plusieurs raisons. Déjà, elle est jeune: débutée en 2023, il ne s'agit que de la quatrième édition. Surtout, ce tournoi – co-organisé par les instances masculine (ATP) et féminine (WTA) – met aux prises des équipes nationales mixtes. Comme seul autre exemple du genre, on peut citer sa prédécesseure, la Hopman Cup. Jusqu'en 2019, celle-ci se disputait, comme la United Cup, en Australie à chaque début de saison. Depuis, elle a perdu de son prestige et se joue en milieu d'année, dans l'indifférence générale.
Ce n'est pas le cas de la United Cup, largement médiatisée. D'autant plus en Suisse ces jours, grâce aux perfs de nos représentants. Cet attrait, tant parmi les joueurs que les spectateurs, s'explique.
Il y a d'abord ce format mixte insolite. «La United Cup offrira des expériences inédites à nos fans», se vantait le boss de l'ATP, Andrea Gaudenzi, dans le communiqué de présentation en 2022. Oui, c'est cocasse et sympa de voir Stan Wawrinka et Belinda Bencic s'encourager, au bord du terrain, lors de leurs simples respectifs.
Le reste du temps, les circuits masculin et féminin sont très ségrégués, même s'ils se jouent parfois au même endroit en même temps (Grand Chelem, par exemple). Le président de Tennis Australia, Craig Tiley, résume:
Encore plus piquant: le double mixte, qui oppose directement sur le terrain des hommes et des femmes. Sorte de «Bataille des Sexes» moins bling-bling que le récent duel Kyrgios-Sabalenka, et presque autant croustillant. «Cette compétition met en valeur l'égalité au plus haut niveau de ce sport», applaudissent les organisateurs.
Points au classement et joli prize money
Pour les joueurs et joueuses, cette United Cup permet de préparer l'Open d'Australie (12 janvier au 1er février) dans un cadre rafraîchissant mais compétitif. Avec, en plus, l'opportunité de gagner des points ATP et WTA pour leur classement (seulement lors des simples): avec ses quatre victoires, Bencic en a déjà récolté 325. Et aussi pas mal d'argent: un succès en simple en phase de groupes rapporte 45 000 dollars (36 000 francs suisses) par joueur/joueuse. En demi-finale, cette somme monte à 155 900 dollars (125 000 francs suisses). En finale? 296 200 dollars (237 000 francs suisses).
Pour certains, c'est aussi une belle occasion de se révéler au grand public. Un exemple? Le Grison Jakub Paul (26 ans), 341e mondial, qui a remporté tous ses doubles avec Belinda Bencic.
Le mode opératoire est lui aussi particulier. Une phase de groupe (six au total, 18 équipes) suivie d'une phase à élimination directe, dès les quarts (premier de chaque groupe et les deux meilleurs 2e qualifiés). Chaque rencontre comporte trois matchs: ce fameux double mixte, donc, mais aussi un simple hommes et un simple dames. Pour la remporter, il faut deux points.
Sacrées perfs
La Suisse a gagné tous ses duels, avec à chaque fois la même formation: Wawrinka et Bencic en simple, et la paire Bencic/Paul en double.
2024: Allemagne
2025: Etats-Unis
2026: Suisse ou Pologne
Il y a d'abord eu les succès contre la France (3-0) et l'Italie (2-1) en poule. Puis ceux contre l'Argentine (2-1) en quart et la Belgique (2-1) en demi-finale. Avec de sacrées perfs de chacun. La vedette? Bencic, qui a remporté tous ses matchs, en simple comme en double.
La Saint-Galloise, 11e mondiale, a notamment épinglé Jasmine Paolini (3) et Elise Mertens (5). Et avec Jakub Paul, ils ont dominé le duo italien Sara Errani/Andrea Vavassori, lauréat de trois titres du Grand Chelem.
Moins heureux avec trois défaites en quatre matchs, l'éternel Stan Wawrinka (40 ans) – qui entame sa dernière saison – a livré des batailles épiques. Avec un succès de prestige contre le Français Arthur Rinderknech, finaliste du dernier Masters 1000 de Shanghai.
Nos compatriotes ne sont pas favoris en finale, dimanche. Ils défient la Pologne, emmenée par les très coriaces Iga Swiatek (WTA 2, six Grand Chelem) et Hubert Hurkacz (ex-ATP 6, qui revient de blessure). En demi-finale, les Polonais ont battu les Etats-Unis de Taylor Fritz et Coco Gauff.
Mais quand on connaît la capacité des tennismen et tenniswomen suisses à se sublimer dans les grands matchs (les finales de Grand Chelem, de Coupe Davis ou de Billie Jean King Cup, par exemple), l'espoir de les voir soulever ce trophée est totalement légitime.
