Rien ne va pour les Wizards. Encore battus jeudi, ils sont la pire franchise du moment: celle ayant le moins gagné cette saison, après avoir terminé 14e à l'Est lors du précédent exercice, et celle ayant réussi en 2024 la triste performance de ne remporter aucun match autant en février qu'au mois de novembre.
C'est dans cette équipe que Kyshawn George joue désormais, depuis qu'il a été drafté le 26 juin par les Knicks de New York, puis immédiatement transféré à Washington. Il vit à 21 ans sa première aventure en NBA, et seulement sa deuxième année aux Etats-Unis, après son passage réussi par le championnat universitaire.
En tant que «rookie» et nouveau venu, le temps est ainsi encore à l'apprentissage et à l'acclimatation, cela au sein d'une équipe minée par les mauvais résultats, en manque de confiance et particulièrement jeune, dans laquelle on lui confie déjà des responsabilités (environ 25 minutes par match). Il n'est pas étonnant dans ce contexte de voir que le Valaisan est quelque peu à la peine depuis le début de la saison. Non pas sur le plan défensif, son envergure lui permettant de signer de jolies statistiques au rebond, et de perturber les offensives adverses, mais avec son shoot longue distance, pourtant son point fort, un atout ayant construit sa réputation.
Face aux 76ers de Philadelphie jeudi, Kyshawn George a encore rendu un «1/6», n'inscrivant au passage qu'un seul tir primé en quatre tentatives. Une statistique proche de celle qu'il signe sur la saison. Le natif de Monthey ne tourne en effet qu'à 24% de réussite derrière la ligne à 7,25 mètres, où il prend 2/3 de ses shoots, contre un chiffre de 41% en 2023/2024 lorsqu'il portait les couleurs de l’Université de Miami. La plateforme statmuse le classe ainsi moins bon shooteur de la ligue parmi ceux ayant déjà raté un minimum de 300 tirs, et Bleacher Report dit de lui qu'il est actuellement le «pire» des rookies de Washington, alors qu'il a sans doute le plus grand potentiel. Avec une moyenne par match de 1,2 tir à trois points marqué pour cinq tentés, l'ailier passerait presque pour un «croqueur» si son coach ne lui demandait pas de prendre aussi souvent sa chance.
Cette faillite longue distance, c'est son coéquipier Jordan Poole, vedette de la franchise, qui l'explique le mieux. Le meneur américain a rappelé que George et l'ensemble des rookies devaient composer avec un terrain différent, la ligne à trois points en match NBA étant placée 50 centimètres plus loin que la norme FIBA. Poole avait lui-même rencontré des problèmes d'adaptation à ses débuts dans la ligue en 2019, et manquait également de constance à trois points.
«Je parle de ça avec "Key" très souvent. Kyshawn est un shooteur de très haut niveau. Je leur dis en permanence (réd: aux jeunes) que je ne shootais qu’à 27% de réussite à trois points ma première année (réd: contre 37% auparavant avec l'Université du Michigan). Je ne pouvais même pas envoyer une pierre dans l’océan. Ça m’a rendu meilleur, ça m’a pris du temps, une année pour m’ajuster à la ligne», a-t-il déclaré en conférence de presse, après le premier match disputé par les Wizards en 2025, contre les Bulls qu'ils retrouveront la nuit prochaine.
Jordan Poole n'a pas oublié d'ajouter que «le jeu et la dimension physique» en NBA diffèrent de tout ce que l'on trouve ailleurs. Le rythme de travail est également plus exigeant. «On défend, on court, on joue 82 matchs, on voyage, donc cela joue sur le corps. Et ça prend du temps de s’y faire. Bravo à nos rookies de continuer à s’accrocher, de ne pas changer leur jeu», a-t-il précisé.
Il n'y a donc aucune inquiétude à avoir pour le joueur formé au BBC Monthey: ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne retrouve la main chaude. Sans doute aussi qu'il serait déjà plus adroit en recevant de meilleurs ballons, comme le note Sports Illustrated. Mais ça, Poole, qui n'est pas un meneur de métier, ne le dira jamais.