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Le fantôme de Gijón plane sur Autriche-Algérie

Austrian goalkeeper Friedrich Koncilia (right) duels with West German centre forward Horst Hrubesch during the first half of a World Cup group match at the El Molinón stadium in Gijon, Spain, June 25t ...
Lors de la Coupe du monde 1982 en Espagne, la République fédérale d'Allemagne et l'Autriche ont livré un match qui n'était «pas beau à voir».Image: Bettmann

Le «match de la honte» plane sur Autriche-Algérie

Le dernier match du groupe J, qui opposera dimanche l'Autriche à l'Algérie (4h en Suisse), fait resurgir un chapitre peu glorieux de l'histoire de la Coupe du monde: la «honte de Gijón».
26.06.2026, 10:0626.06.2026, 10:19
Thomas Esser et Lars Reinefeld / dpa

«La honte de Gijón»: presque tous les fans de football en ont déjà entendu parler. Lors de la Coupe du monde 1982 en Espagne, la République fédérale d'Allemagne menait 1-0 face à l'Autriche dès le début du match. Ce résultat suffisait aux deux équipes pour se qualifier. S'ensuivit alors un va-et-vient de ballons, un pacte de non-agression qui est entré dans l'histoire. Ou, comme l’a déclaré Hans Krankl, ancien international autrichien, à l’agence de presse APA:

«Gijón n’était pas beau à voir, c’était ce qu’on appelle un match de merde»

Une situation similaire risque-t-elle de se reproduire dimanche, lorsque l’Autriche et l’Algérie s’affronteront à Kansas City lors de la Coupe du monde? La configuration très particulière de ce tournoi organisé aux États-Unis, au Mexique et au Canada ravive en tout cas les souvenirs de ce match scandaleux.

L'équipe de Ralf Rangnick et celle de l’ancien sélectionneur de la Suisse Vladimir Petkovic seront les dernières à boucler la phase de poules, en compagnie de la Jordanie (déjà éliminée) et de l’Argentine (déjà assurée de terminer en tête de la poule). Dans cette Coupe du monde géante à 48 équipes, où les huit meilleurs troisièmes de groupe se qualifient également, elles sauront alors exactement ce qu’il leur faut pour passer en 16es.

Et elles sauront même exactement quel adversaire les attend si elles terminent deuxième ou troisième. En plus, il est quasi certain qu’un match nul suffira aux deux équipes pour se qualifier. De nombreux spectateurs suivront donc le match de très près. Quel niveau de risque les équipes prendront-elles? Avec quelle détermination mèneront-elles réellement leurs attaques?

Les déclarations faites jusqu’à présent par les protagonistes à ce sujet ne sont guère surprenantes. «Nous abordons ce match simplement avec la volonté de le gagner», a déclaré le défenseur autrichien Stefan Posch au quartier général de l’équipe à Santa Barbara, en Californie.

«Nous sommes tous des sportifs, des footballeurs. Je ne peux pas aborder un match en me disant: "Aujourd’hui, on va jouer pour perdre." Ça ne marche pas comme ça. Aucun d’entre nous ne l’a jamais fait et ne le fera jamais. C’est pourquoi la question ne se pose même pas pour nous.»

Pourtant, une défaite pourrait même s’avérer bénéfique. Il est probable que l’équipe battue termine troisième de son groupe et affronte alors, sur le papier, un adversaire plus facile que le deuxième. En effet, selon la situation actuelle, c’est l’Espagne, championne d’Europe, qui attend l'Autriche (2e).

Posch connaît lui aussi «la honte de Gijón». Le joueur de 29 ans ne pense pas qu'un tel scénario pourrait s’appliquer au match contre l’Algérie. «Pas du tout», a-t-il assuré. En 1982, ce sont d’ailleurs les Algériens qui en ont fait les frais et ont été éliminés. Ils avaient déjà disputé leur match et n’avaient plus qu’à regarder les autres jouer. C’est d’ailleurs à la suite de cet incident que les derniers matches d’un groupe se déroulent désormais toujours simultanément.

En Algérie, ce match reste encore aujourd’hui dans toutes les mémoires. La génération plus âgée, en particulier, n’a pas oublié ce que l’Allemagne et l’Autriche ont fait subir à cette équipe outsider à l’époque. Autour du camp d’entraînement de Lawrence, ville universitaire du Kansas, il n’y a qu’un seul sujet de conversation parmi les supporters et les journalistes: la trahison de ce qu’ils considèrent comme la meilleure génération de footballeurs que l’Algérie ait jamais eue. Pour eux, une victoire serait une petite revanche pour la «honte de Gijón» d'il y a 44 ans.

Face à la Jordanie, l’équipe de Petkovic a dû batailler pour s’imposer de justesse 2-1. Mais cette victoire lui offre une chance de se qualifier. «Nous sommes l’Algérie. Nous aborderons ce match avec confiance et nous donnerons tout pour gagner», a déclaré le milieu de terrain Farès Chaïbi, même si une défaite dans ce match pourrait s’avérer sportivement avantageuse. (ats/dpa)

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