Clash, ultimatum, boycott: ils ont claqué la porte comme Okafor
Il y a quelques jours, Noah Okafor a annoncé qu’il ne jouerait plus pour la Suisse tant que Murat Yakin resterait sélectionneur. Pour justifier sa décision, le jeune attaquant de Leeds United a notamment évoqué une rupture de confiance, des promesses non tenues et un manque de respect. L’international suisse (26 sélections, 2 buts) n’est toutefois pas le premier joueur à claquer la porte de sa sélection, en pleine carrière, à la suite d’un désaccord avec son entraîneur. Voici cinq affaires qui ont, elles aussi, défrayé la chronique.
Thibaut Courtois
Son cas rappelle étrangement celui d’Okafor. En août 2024, le gardien du Real Madrid avait annoncé qu’il ne jouerait plus avec la Belgique tant que Domenico Tedesco resterait sélectionneur, estimant que la confiance entre les deux hommes était définitivement rompue.
Leur conflit remontait notamment à une polémique autour du capitanat en 2023. À l’époque, Tedesco avait choisi de confier le brassard à Romelu Lukaku plutôt qu’à Thibaut Courtois pour un match face à l’Autriche, comptant pour les qualifications à l’Euro 2024. Le portier belge n’avait toutefois jamais tiré un trait sur la sélection. Dès le limogeage de Tedesco, début 2025, Courtois a effectué son retour sous les ordres de Rudi Garcia, après près de deux ans d’absence.
Hakim Ziyech
En mai 2022, alors qu’il évoluait à Chelsea, Hakim Ziyech avait annoncé sa retraite internationale à seulement 28 ans.
L’ailier marocain n’avait pas été retenu pour la dernière CAN par Vahid Halilhodzic, avec lequel il entretenait un conflit ouvert. Le sélectionneur lui reprochait notamment des problèmes disciplinaires et avait publiquement critiqué son comportement lors de deux rassemblements en 2021, l’accusant d’avoir refusé de s’entraîner et de travailler.
Une sortie qui n’avait pas plu à Ziyech. Sur Instagram, le Marocain avait rapidement répliqué: «La prochaine fois que tu parles, dis la vérité», accompagnant son message d’un emoji clown. Ziyech avait finalement fait son retour en sélection un an plus tard, après le départ de Vahid Halilhodzic.
Zlatan Ibrahimovic
Tout part d’une histoire d’horaire non respecté. En 2006, deux jours avant d’affronter le Liechtenstein à Göteborg, Zlatan Ibrahimovic, Olof Mellberg et Christian Wilhelmsson quittent l’hôtel de la sélection en soirée et regagnent leur chambre tardivement. Le sélectionneur Lars Lagerbäck voit rouge, d’autant qu’Ibrahimovic et Mellberg font partie des cadres auxquels il avait justement demandé de montrer l’exemple. Il décide alors de renvoyer les trois joueurs chez eux.
Mellberg et Wilhelmsson se remettent ensuite à disposition de la sélection, mais pas Ibrahimovic, qui juge la sanction beaucoup trop sévère. En réaction, l’attaquant décide de ne plus répondre aux convocations et manque notamment des matches de qualification contre l’Espagne et l’Islande. Son boycott dure environ six mois, avant un retour au printemps 2007. Alors joueur de l’Inter Milan, Ibrahimovic retrouve la sélection face à l’Irlande du Nord. Titularisé, il dispute l’intégralité de la rencontre, signe que le différend avec son sélectionneur appartient désormais au passé.
Fernando Redondo
Il s’agit sans doute du conflit le plus improbable de cette liste, puisque le joueur et son sélectionneur se sont notamment déchirés autour d’une… coupe de cheveux.
En 1994, Daniel Passarella impose à ses joueurs de porter les cheveux courts. Fernando Redondo, qui les porte longs, refuse de se plier à cette règle. Par la suite, sur fond de rupture de confiance, les deux hommes s’accusent mutuellement de travestir les véritables raisons de leur désaccord. Redondo restera ainsi à l’écart de la sélection et manquera le Mondial 1998, l’année même où il remporte la Ligue des champions avec le Real Madrid.
Ruud Gullit
Une dizaine de jours avant le début de la Coupe du monde 1994, l’un des joueurs les plus célèbres de la planète se brouille avec son sélectionneur au sujet du système de jeu choisi. Dick Advocaat refuse de céder à l’ultimatum de sa star Ruud Gullit et lui répond qu’il peut partir, à condition d’annoncer lui-même sa décision. Le Néerlandais, qui compte alors 64 sélections, quitte l’équipe après un match amical contre l’Ecosse disputé devant 17'500 spectateurs. Ce sera sa dernière présence avec le maillot Oranje sur les épaules.
Des années plus tard, les deux hommes reconnaîtront avoir mal géré l’affaire. Ils finiront même par se retrouver au sein de la sélection néerlandaise : Dick Advocaat comme sélectionneur des Pays-Bas et Ruud Gullit comme adjoint, lors de la campagne de qualification pour la Coupe du monde 2018.
