Sauber est décidément au cœur de l'actualité. Après avoir officialisé ses deux nouveaux pilotes pour la saison prochaine, Nico Hülkenberg et Gabriel Bortoleto, l'écurie d'Hinwil fait depuis quelques jours la Une de la presse spécialisée, car le Qatar s'intéresserait à elle, ou plutôt à ce qu'elle va devenir: Audi.
Le constructeur allemand a officialisé en mars dernier le rachat de Sauber, et s'est emparé de 100% des parts de l'équipe, soit plus que les 75% attendus. On parle d'une transaction à hauteur de 650 millions d'euros. Une bonne affaire, compte tenu de la croissance que connaît la Formule 1.
Or Audi serait aujourd’hui en proie à d'importantes difficultés financières. Membre de Volkswagen, groupe aux résultats catastrophiques au troisième trimestre, la marque aux quatre anneaux a acté la fermeture de son usine de Bruxelles et songe à supprimer des milliers d'emplois en Europe.
Cette conjoncture ne remet pas en question son entrée en F1 en 2026. Publiquement, Audi continue de marteler qu'il s'agit du bon timing. Mais en interne, il se murmurerait que la situation est plus complexe que prévue, à tel point que le fonds d'investissement qatari QSI, propriétaire du Paris Saint-Germain, pourrait éteindre le feu, malgré les démentis du constructeur allemand.
Dans les paddocks, les rumeurs laissent entendre des discussions avancées entre Audi et le Qatar, mais pour l'heure, rien ne permet de dire comment le pays du Golfe envisagerait sa venue en Formule 1. «Il pourrait tout autant s’agir d’un investissement minoritaire n’impliquant aucun changement en apparence, que d’une prise de participation plus importante, qui aurait une incidence sur le nom de l’écurie», écrit Motorsport, en avançant l'hypothèse d'un rachat de l'usine de Neubourg-sur-le-Danube en Bavière, le centre technique d’Audi Sport où seront conçus les moteurs de l'écurie (le développement des monoplaces et l'assemblage resteront à Hinwil).
L'idée est loin d'être folle. Le Qatar s'intéresse grandement à la F1 et dispose d'un Grand Prix depuis 2021, couru sur le Circuit international de Losail. Il est déjà actionnaire du groupe Volkswagen et a tout intérêt à voir le projet Sauber/Audi réussir.
Alors que le journaliste spécialisé Joe Saward s'attend à une officialisation publique en décembre, à l'occasion du Grand Prix du Qatar, avant-dernière manche du championnat, la rédaction allemande de Motorsport, elle, estime qu'un accord pourrait être trouvé dès cette semaine.
Ceci corroborerait les propos très audacieux de l'ancien pilote Ralf Schumacher pour Sky Deutschland: «Il se passe beaucoup de choses chez Audi actuellement. En raison de la situation économique du groupe, une grande partie de l'équipe semble déjà avoir été vendue au Qatar. Je reste curieux de voir ce qu'il va se passer avec Audi».
Le Qatar donnera-t-il un sérieux coup de pouce au programme mené conjointement par Sauber et Audi? Les prochains jours nous le diront. Pour l'heure, place au sport et aux derniers réglages avant le dernier tryptique de la saison, qui débutera dans dix jours à Las Vegas. L'équipe d'Hinwil a trois Grands Prix pour sauver l'honneur et ne pas être la seule à faire chou blanc cette saison.