La Nati a réalisé un record hallucinant au Mondial
Cette rencontre contre la Grande-Bretagne, jeudi, n’a rien eu de brillant, spectaculaire ou carrément magique comme le 6-1 contre l’Allemagne ou le 9-0 contre l’Autriche. Mais elle a tout de même été plaisante et animée. Notamment grâce au deuxième but britannique juste avant la fin – annulé pour hors-jeu –, encaissé suite à une bourde du gardien de la Nati, Reto Berra, titan et champion avec Gottéron cette saison.
Mais il y a surtout une particularité dans cette équipe de Suisse: douze attaquants ont désormais inscrit au moins un but dans ce Mondial. Contre les Britanniques, Nino Niederreiter (à deux reprises) et Simon Knak se sont ajoutés à la liste des buteurs.
Douze attaquants – soit quatre lignes complètes! – avec au moins un but après seulement cinq matchs. Quand on énumère la liste, ça fait tourner la tête: Nino Niederreiter, Simon Knak, Nico Hischier, Timo Meier, Sven Andrighetto, Denis Malgin, Ken Jäger, Pius Suter, Damien Riat, Christoph Bertschy, Calvin Thürkauf et Théo Rochette.
Douze buteurs différents dans une même équipe après cinq matchs, c'est du jamais vu dans un Championnat du monde! Même les équipes soviétiques – The Big Red Machine (La grande machine rouge) – des Mondiaux des années 1960, 1970 et 1980, qui avaient développé un collectif offensif inégalé jusqu’à aujourd’hui, n’avaient jamais atteint une telle profondeur et un tel équilibre offensifs. Désormais, c'est la Suisse, cette grande machine rouge offensive. On y aurait jamais cru il y a encore quelques années.
En 2009 encore, lors du dernier Mondial organisé à domicile (Berne et Kloten), le sélectionneur national de l’époque, Ralph Krueger, ne disposait que d’une seule véritable ligne offensive. Les trois autres devaient avant tout se consacrer au travail défensif. La Suisse vivait grâce à une unique formation offensive. Le reste – les trois autres lignes – travaillait, luttait, bloquait des tirs et détruisait les attaques adverses avec la modestie d’une entreprise artisanale, passant la majeure partie du temps dans la zone neutre et dans sa propre zone.
Durant tout le tournoi, seuls cinq attaquants avaient trouvé le chemin des filets adverses. Aujourd’hui, ils sont douze. Conclusion: les Helvètes de 2026 sont effectivement au moins deux fois meilleurs qu’en 2009, année où ils n’avaient même pas atteint les quarts de finale.
La question du gardien est réglée
Jeudi, les Britanniques n'avaient donc aucune chance. Mais ils ont été des figurants courageux, valeureux et robustes. Bien qu’ils ne disposent que d’une offensive d’opérette (trois buts lors des trois premiers matchs), ils ont inscrit un goal (le 1-3). Et même un deuxième, celui du 2-4, finalement annulé pour hors-jeu. Pas de blanchissage, donc, pour Reto Berra.
C’est peut-être mieux ainsi. Le sélectionneur national Jan Cadieux ne sera donc même plus tenté d’aligner un autre dernier rempart que Leonardo Genoni en quart de finale.
Souvenons-nous: en 2023, alors que les Suisses étaient déjà suffisamment forts pour devenir champions du monde, Patrick Fischer n’avait pas titularisé Leonardo Genoni en quart de finale. Mais le gardien tout frais champion de Suisse avec Genève-Servette, Robert Mayer. Résultat? Les Suisses avaient perdu ce quart de finale contre l’Allemagne de manière humiliante (1-3).
Adaptation en français: Yoann Graber
