Vague de boycotts aux Jeux paralympiques
A l’exception du casque du snowboarder italien Roland Fischnaller, sur lequel figurait aux JO de Milan-Cortina un drapeau russe en référence à sa participation à Sotchi 2014, la bannière chère à Vladimir Poutine n’a plus été aperçue aux Jeux depuis Rio 2016.
Le scandale de dopage d’Etat en Russie, révélé en 2014, avait conduit les instances sportives à imposer aux athlètes russes une participation sous bannière neutre, effective dès Pyeongchang 2018.
Tout cela avait cependant volé en éclats au lendemain des Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022. Aucun athlète russe ni biélorusse n’avait en effet été autorisé à prendre part aux Jeux paralympiques organisés en Chine, en raison de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Depuis, les athlètes russes et biélorusses ont été réintégrés de manière partielle. A Paris comme à Milan-Cortina, quelques sportifs se sont à nouveau présentés sous bannière neutre, avec l’accord de leur fédération internationale et après avoir montré patte blanche, c’est-à-dire prouvé qu’ils n’ont aucun lien avec l’armée ou le régime de Poutine. C’est ainsi que le skieur-alpinisme Nikita Filippov a décroché la médaille d’argent à Bormio pour le compte des Athlètes individuels neutres (AIN).
Cette étiquette ne sera toutefois plus en vigueur aux Jeux paralympiques qui débuteront dans quelques jours. La Russie a en effet obtenu le droit d’aligner une équipe sous son nom et son drapeau, bien que la participation des athlètes soit toujours encadrée par certaines restrictions. Six para-athlètes russes et quatre biélorusses seront engagés à Milan-Cortina.
Cette décision, prise à la suite d’un vote démocratique lors de l'assemblée générale du Comité international paralympique (IPC), a immédiatement suscité l’indignation de la délégation ukrainienne, qui a promis de boycotter la cérémonie d’ouverture prévue le 6 mars. Depuis, d’autres nations lui ont emboîté le pas, comme la Finlande ce mardi.
«Nous voulons assurer à nos athlètes qu'ils puissent réaliser leurs rêves malgré la guerre en cours en Europe, qui jette inévitablement une ombre sur les Jeux de Milan-Cortina. D'un autre côté, le moins que nous puissions faire est d'exprimer notre position à l'encontre des décisions du Comité international paralympique concernant les athlètes russes en évitant la cérémonie d'ouverture, comme l'Ukraine l'a demandé», a déclaré Sari Rautio, ministre finlandaise des affaires étrangères.
La Pologne, la Lettonie et l’Estonie, trois pays partageant également une frontière avec la Russie, bouderont elles aussi la soirée de lancement des Jeux paralympiques. Il en va de même pour la Tchéquie, contrairement à la France et à l’Allemagne, qui ont déjà confirmé leur présence.
Autre boycott: celui de la Commission européenne. Son commissaire aux sports, Glenn Micallef, ne se rendra pas à Vérone, après avoir jugé la décision «inacceptable». De son côté, même s’il défilera, le pays hôte a clairement affiché son désaccord avec l’IPC. «Nous aimerions que les athlètes russes et biélorusses participent, mais à titre neutre», a indiqué le ministre italien des sports, Andrea Abodi. Un message «offensant» selon Moscou, qui a répondu en appelant à ne pas mélanger sport et politique et à ne pas cibler les athlètes paralympiques.
