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Loin de la neige, Patrizia Kummer tente de rester fit dans sa chambre d'hôtel.
Loin de la neige, Patrizia Kummer tente de rester fit dans sa chambre d'hôtel.images: patrizia kummer
Pékin 2022

21 jours de quarantaine avant les JO? Zéro souci pour Patrizia Kummer

Non vaccinée, la snowboardeuse valaisanne est obligée de vivre en isolement trois semaines à Pékin avant les Jeux. Etonnamment, elle le vit très bien. Témoignage.
21.01.2022, 16:5521.01.2022, 17:20
Ralf Meile
Ralf Meile
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Trois mois après son deuxième anniversaire, Patrizia Kummer chausse pour la première fois des skis. Elle les échangera plus tard contre un snowboard, sur lequel elle devient championne olympique de slalom géant parallèle en 2014. Dans deux semaines à Pékin, elle participera, à 34 ans, pour la troisième fois aux JO.

Si tous les chemins mènent à Rome, deux seulement permettent d'arriver dans la capitale chinoise pour ces Jeux. Le premier est simple: se qualifier sportivement et se faire vacciner contre le Covid-19. C'est celui emprunté par presque tous les athlètes qui iront Pékin. Mais pas par Patrizia Kummer.

La Valaisanne a décidé de ne pas faire d'injection. Sa route vers les Jeux est, du coup, plus compliquée et l'a menée vers l'inconnu. Sa seule alternative? Passer trois semaines en quarantaine en Chine.

P'tit cocon

Patrizia Kummer est en isolement depuis une semaine déjà, dans un hôtel de la banlieue de Pékin. Elle se porte à merveille, a-t-elle rassuré, et ne trouve pas sa situation injuste:

«Je savais ce qui m'attendait»
Patrizia Kummer

Jeudi matin, lors d'une conférence de presse en ligne, la Valaisanne nous a raconté sa vie particulière en quarantaine.

La chambre d'hôtel à Pékin de Patrizia Kummer.
La chambre d'hôtel à Pékin de Patrizia Kummer. bild: patrizia kummer

«C'est tip-top et propre», se réjouit la snowboardeuse à propos de son domicile temporaire. Dans sa chambre, elle peut se maintenir en forme grâce à un vélo d'appartement et deux haltères réglables. Elle a aussi amené du petit matériel de fitness. Avant son départ pour la Chine, il lui avait été promis une pièce d'au moins 25 mètres carrés. La championne estime qu'elle est même un peu plus grande. Et comme elle a déplacé les meubles, avec le canapé désormais collé à la tête du lit, Patrizia Kummer peut dire qu'elle a «maintenant une chambre à coucher et un salon».

Plus fourchette que baguette

La triple lauréate du classement général de la Coupe du monde révèle, en riant, qu'elle a eu la bonne idée d'emporter ses propres couverts.

«De toute façon, je mange déjà très lentement et avec des baguettes, ça prend une éternité»
Patrizia Kummer

La nourriture lui plaît et elle en a suffisamment: «Ils me demandent tous les jours ce que je veux». Pour l'instant, elle n'a voulu manger que chinois. Des plats que lui apportent des employés de l'hôtel «en combinaison de cosmonaute».

Alors qu'elle a volontiers donné des informations sur son bien-être, Kummer est restée discrète sur le sujet de la vaccination. «Certains choisissent leur travail, moi je fais des choix pour mon corps», tranche-t-elle. La jeune femme de 34 ans qui suit actuellement, à côté du sport, une formation en médecine traditionnelle chinoise, a souligné qu'elle n'était pas opposée aux vaccins en général et qu'elle s'était déjà fait vacciner contre la grippe. Pour elle, il s'agit d'un choix personnel: «C'est à chacun de décider pour lui-même».

Son plus grand triomphe: Patrizia Kummer est accueillie dans le Haut-Valais après son sacre olympique en 2014 à Sotchi.
Son plus grand triomphe: Patrizia Kummer est accueillie dans le Haut-Valais après son sacre olympique en 2014 à Sotchi. Bild: KEYSTONE

Les frais de cette quarantaine sont à la charge de Patrizia Kummer, les fédérations n'en assument aucune part. La native de Brigue se réjouit toutefois que Swiss-Ski continue de la soutenir.

«De nos jours, c'est difficile pour les personnes qui ne sont pas vaccinées. Ça m'est égal que quelqu'un le soit ou non et Swiss-Ski pense pareil»
Patrizia Kummer

Dans l'équipe de snowboard aussi, tout le monde semble accepter que la Valaisanne ne soit pas vaccinée.

Méditation gratuite

Patrizia Kummer manquera trois semaines de compétition par rapport à ses concurrentes, pendant lesquelles elle aurait pu se mettre en forme sur la neige pour les JO. Elle espère que sa condition physique ne souffrira pas trop durant cette quarantaine.

«Je fais un entraînement de visualisation pour être quand même un peu sur le snowboard, simplement dans ma tête»
Patrizia Kummer

Mentalement, elle ne rencontre strictement aucun problème jusqu'à maintenant. «J'aime passer du temps seule avec moi-même», confesse la championne.

Le matin, Kummer entretient son corps. L'après-midi est, lui, consacré au yoga et à l'entraînement mental.
Le matin, Kummer entretient son corps. L'après-midi est, lui, consacré au yoga et à l'entraînement mental.bild: patrizia kummer

Elle ne se laisse pas envahir par des pensées négatives. «D'autres personnes paient beaucoup d'argent pour pouvoir passer trois semaines en silence dans un temple. Moi, je peux le faire ici maintenant», philosophe-t-elle. Tout est une question d'état d'esprit. La Valaisanne enchaîne: «Le snowboard a beaucoup à voir avec la confiance en soi et je ne pense pas que je manque beaucoup de choses».

Kummer voit même un avantage à sa situation:

«Je n'aurai pas de décalage horaire et les autres se sont entraînés sur de la neige européenne, ils ne connaissent pas plus que moi la neige chinoise»
Patrizia Kummer

Il lui restera quatre jours, comme à tous les snowboardeurs, pour se préparer sur place avant la compétition. Ses concurrentes arriveront en Chine au même moment où elle sortira de quarantaine.

On verra comment Patrizia Kummer a géré cet isolement le 8 février, date du slalom géant parallèle. Il aura lieu tôt le matin (heure suisse) sur le site de Secret Garden, à 200 kilomètres au nord de Pékin.

Adaptation en français: Yoann Graber

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