Le marathon de Paris fait grincer des dents
Les célèbres courses françaises font décidément l’objet de vives critiques.
Le week-end dernier, Jimmy Gressier, champion du monde du 10 000 mètres, s’en était pris aux organisateurs de l’UTMB, dénonçant la prime «honteuse» de 20 000 euros accordée au vainqueur. Un montant qu’il jugeait insuffisant pour une épreuve dont les plus fervents détracteurs aiment à dire qu’elle a fait une OPA sur le massif du Mont-Blanc.
Gressier s’en prenait également à l’ensemble des courses, estimant plus généralement que les primes sur les compétitions hors stade sont trop souvent trop faibles au regard des recettes générées.
C’est justement une autre organisation qui se trouve aujourd’hui sous le feu des critiques: Cadence Running United, chargée de mettre sur pied le prochain marathon de Paris après que la société ASO, propriétaire du Tour de France, en a perdu la concession. Un petit séisme dans le milieu.
Cette fois, les critiques ne portent pas sur les primes, mais bien sur le système d’inscription. D’après les révélations de Ouest-France, le nouvel organisateur a opté pour un tirage au sort en lieu et place de la politique du premier arrivé, premier servi. Il en sera de même pour le semi-marathon plus tôt dans la saison.
Cadence Running United, qui entendait bouleverser les habitudes, adopte ainsi le système utilisé par les plus grands marathons mondiaux, comme ceux de New York et de Londres. L'épreuve parisienne imite les Majeurs, dont elle rêverait de faire partie.
L’information fait toutefois particulièrement réagir dans le milieu du running. Si certains y voient une bonne nouvelle et une façon plus équitable de procéder, les réactions à cette décision semblent surtout négatives sur la toile. Rien d’étonnant: le système de loterie n’a jamais totalement convaincu les pratiquants, frustrant année après année ceux qui n’ont pas la chance d’être tirés au sort.
Le principe du premier arrivé, premier servi, guère plus équitable si l’attribution des dossards dépend finalement de la meilleure connexion internet, avait au moins, selon les détracteurs de la réforme, le mérite d’éliminer les retardataires et tous ceux susceptibles de ne pas connaître la date d'ouverture des inscriptions, entendez les moins motivés et intéressés.
Certains commentaires sont particulièrement virulents. Des internautes appellent à privilégier une autre course, tandis que d’autres se demandent si les personnalités et influenceurs conviés à l’événement dans des conditions presque similaires à celles des élites seront soumis au tirage au sort.
Mais cette décision n'est pas la seule à faire grincer des dents. Toujours d’après Ouest-France, le prix du dossard sera fixe et se situera au-dessus de 150 euros. L’an passé, il variait entre 135 et 179 euros selon la période d’inscription. Il était donc possible de prendre le départ pour moins cher.
Le quotidien régional indique également que la médaille et le t-shirt finisher seront en option. Il faudra donc payer en plus pour se les offrir. Reste à savoir combien. Le tarif demandé permettra de déterminer s’il s’agit là d’une véritable démarche responsable ou d’une pratique commerciale destinée à faire nettement grimper la facture.
L’organisation ne prévoirait pas non plus le retour des gobelets en carton ou des bouteilles en plastique sur les ravitaillements. Pour rappel, leur suppression pour des raisons environnementales avait fait grand bruit lors de l’édition 2026.
Les critiques émanent principalement des habitués de la course, qui la voient grandir et changer d’année en année. Ils s’étaient déjà fait entendre il y a plusieurs années lorsque l’organisation avait opté pour des départs échelonnés, plutôt que pour un seul départ en masse. Ces évolutions n’empêchent toutefois pas le marathon francilien de continuer à attirer toujours plus de monde. Près de 60 000 coureurs étaient au départ en 2026, contre 40 000 il y a quinze ans.
(roc)
