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Brian Keller doit choisir quel style de boxeur il est

L'ex-détenu le plus célèbre de Suisse a un message pour Rolex

Après un premier combat éclair, Brian Keller veut poursuivre l’aventure sur le ring – face à un rappeur cette fois. L’ancien détenu se trouve à la croisée de deux chemins: l’un fidèle à l’esprit sportif, l’autre bien plus médiatique.
02.05.2025, 15:1002.05.2025, 15:45
Der Schweizer Boxer Brian Keller vor dem Kampf gegen Claude Wilfried aus Kongo waehrend einem Boxkampf anlaesslich der ICF Fight-Night in der AXA Arena in Winterthur am Samstag, 26. April 2025. (KEYST ...
Brian Keller a battu Claude Wilfried samedi dernier.Keystone
Emil Rohrbach / ch media

Qu’est-ce qu’un boxeur professionnel? En quoi diffère-t-il d’un amateur? Et où se situe Brian Keller, anciennement connu sous le pseudonyme de Carlos, aujourd’hui reconverti en boxeur? Samedi dernier, il a disputé son tout premier combat pro – remporté en… 38 secondes.

Le monde de la boxe professionnelle reste opaque. Et pour l’ex-détenu le plus médiatisé du pays, deux voies très différentes s’offrent à lui.

Brian Keller envoie son adversaire dans les cordes 👇

Vidéo: watson

Il y a boxeur pro… et boxeur pro

En principe, tout le monde peut se dire boxeur professionnel. Mais pour être reconnu au niveau international, il faut appartenir à l’une des quatre principales fédérations de boxe:

  • La World Boxing Association (WBA).
  • Le World Boxing Council (WBC).
  • La International Boxing Federation (IBF).
  • La World Boxing Organization (WBO).

Chacune délivre ses propres titres de champion du monde, tout en reconnaissant ceux des autres fédérations. Toutes partagent une exigence forte en matière d’équité et de sécurité des boxeurs.

Brian pourrait espérer une licence via la Fédération suisse de boxe, condition indispensable pour être considéré comme professionnel au niveau international. Mais cela suppose de « faire ses preuves » dans des combats amateurs. Une étape que Brian a tout simplement sautée.

Les combats d’influenceurs misent sur les rivalités

Face à la voie classique du boxeur sportif, une tendance plus récente a émergé: les combats d’influenceurs. Deux YouTubeurs – en général des hommes – règlent leurs comptes sur un ring, au nom d’un conflit réel ou simplement scénarisé.

Ce phénomène est né avec le YouTubeur britannique KSI, de son vrai nom Olajide Olayinka Williams Olatunji, devenu célèbre pour ses commentaires sur le jeu vidéo Fifa. Avec son frère, il a défié les YouTubeurs américains Logan Paul et Jake Paul – donnant naissance à un nouveau genre de boxe spectacle.

epa11932968 British boxer and You Tube personality KSI poses on the red carpet for the 2025 BRIT Awards ceremony at The O2 arena in London, Britain, 01 March 2025. The annual pop music awards are pres ...
KSI.Keystone

Un genre qui ne repose pas sur les qualités sportives ou les mérites des adversaires, mais sur leur notoriété – peu importe comment celle-ci a été acquise. Grâce à leur célébrité et à leurs millions d’abonnés (surtout des jeunes hommes), ces combats génèrent des revenus de plusieurs millions et remplissent des stades comme le Staples Center de Los Angeles, habituellement réservé au hockey des LA Kings ou au basket des Lakers.

Tandis que les multimillionnaires de YouTube sont des héros dans leur monde numérique, ils cherchent la reconnaissance dans le sport. Logan Paul est aujourd’hui acteur et catcheur, et Jake Paul a battu, en novembre 2024, un Mike Tyson de 58 ans. Pas exactement un exploit sportif.

«Il n’y a pratiquement pas eu de combat»

Pour gagner sa vie dans la boxe sans dépendre en premier lieu des contribuables suisses, Brian Keller doit choisir l’un de ces deux chemins. Même s’il souligne sur Instagram sa notoriété, affirmant:

«En vrai, Rolex devrait me sponsoriser»

Mais pour ça, il lui manque un parcours sportif crédible et une reconnaissance officielle. La fédération suisse, d’ailleurs, hésite à lui accorder une licence. Savoir frapper ne suffit pas l’obtention d’une licence exige aussi des garanties de qualité.

Angelo Gallina (à droite) avec son ancien protégé Arnold «la Kobra» Gjergjaj.
Angelo Gallina (à droite) avec son ancien protégé Arnold «la Kobra» Gjergjaj.Image: Keystone

Angelo Gallina, ex-entraîneur du meilleur boxeur suisse de ces dernières années, Arnold «la Kobra» Gjergjaj, et aujourd’hui mentor de Gabi «Balboa» Timar, estime qu’il est impossible de juger le niveau de Brian Keller après un tel affrontement. «Il n’y a pratiquement pas eu de combat.»

Selon lui, les réseaux sociaux attirent l’attention sur la boxe, mais véhiculent aussi l’illusion d’un mode de vie luxueux, à l’image d’Anthony Joshua sur Instagram.

Mais Joshua, lui, a été champion olympique amateur et a détenu tous les titres mondiaux majeurs. Brian Keller en est très loin. «Sur les réseaux, les boxeurs enjolivent souvent leur image», souligne Gallina.

«Mais seul le résultat sportif compte. Les meilleurs boxeurs se distinguent par leurs performances»

Pour Brian Keller, le scénario le plus probable reste celui de la boxe-spectacle, à travers des combats d’influenceurs qui misent davantage sur le clash que sur la technique. Son prochain affrontement contre le rappeur allemand Sinan-G s’inscrit dans cette logique.

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