La question autour de Pogacar qui agite le cyclisme
Tadej Pogacar n’a participé qu’à une seule édition du Tour d’Espagne au cours de sa carrière: celle de 2019, qui constituait son premier Grand Tour. Il avait alors terminé troisième, tout en s’adjugeant trois étapes ainsi que le maillot blanc.
Sept ans plus tard, les organisateurs ibériques attendent toujours de revoir le Slovène, qui n’a jamais semblé aussi proche d’un retour sur la course espagnole. Au sortir du Tour de France, plusieurs éléments laissent penser qu’il sera au départ de la prochaine Vuelta.
Tadej Pogacar a vu cette année son rival Jonas Vingegaard, vainqueur du Giro en mai, inscrire son nom au palmarès des trois Grands Tours avant lui. De quoi piquer son orgueil et l’inciter à corriger au plus vite l’une des plus grosses anomalies de son palmarès.
Surtout, le Tour d’Espagne 2026 débutera par un contre-la-montre à Monaco, où il réside depuis plusieurs années. Spécialiste de l’exercice, le Slovène pourrait s’emparer du maillot rouge à la maison et ne plus jamais le lâcher, au vu du profil redoutable de cette Vuelta, y compris en première semaine.
Présent sur le Tour de France lors de l’étape de Belfort remportée par le Suisse Mauro Schmid, le prince Albert II de Monaco, visiblement au fait du dossier, s’est montré confiant quant à la participation du désormais quintuple vainqueur de la Grande Boucle.
«Tadej Pogacar avait dit qu’il serait au départ», a-t-il assuré. Ces propos ont ensuite été rapportés au principal intéressé, qui a répondu avec le sourire: «Si le prince de Monaco a dit que j’y serai, il y a de grandes chances».
Dans une récente interview accordée au quotidien sportif As, le patron de la Vuelta, Javier Guillén, a lui aussi affiché son optimisme, soulignant que le départ à Monaco allait épargner au Slovène tout déplacement pour rejoindre la course.
«Ça aide parce que les coureurs parcourent tellement de kilomètres. Le fait que cette fois-ci il n'ait pas à se déplacer pour prendre le départ, je pense que c'est aussi une motivation», a-t-il déclaré. Pogacar aborderait aussi les sollicitations d’avant-course, souvent usantes, dans un cadre familier.
Cependant, à trois semaines du Grand Départ, sa formation UAE Team Emirates n’a toujours pas officialisé sa présence. Dans les faits, enchaîner le Tour de France et le Tour d’Espagne pourrait compromettre une fin de saison importante à ses yeux.
Fin septembre, Pogacar cherchera à décrocher un troisième titre mondial consécutif, sur un parcours canadien taillé pour lui. Une semaine plus tard, il disputera le championnat d’Europe chez lui en Slovénie, une épreuve qu’il tient absolument à remporter puisqu’elle se déroulera à Sencur, à seulement 10 kilomètres de Komenda, sa commune d’origine. La saison se terminera enfin par le Tour de Lombardie, un monument qu’il affectionne tout particulièrement.
Le Tour d’Espagne est régulièrement perçu comme le tremplin idéal pour préparer les objectifs de fin de saison. Mais ceux qui sortent du Tour privilégient souvent la récupération, avant de repartir sur un nouveau bloc d’entraînement en vue des courses d’un jour, qui obéissent à une préparation différente.
Le glouton Pogacar, qui domine sa discipline de main de maître, semble toutefois avoir les ressources nécessaires pour tout rafler et ne rien laisser aux autres. Surtout qu’il n’a pas eu besoin de puiser dans ses réserves pour remporter le Tour de France, comme l’illustrent les écarts monstrueux au classement général et cette dernière étape de montagne où il s’est permis le luxe de laisser filer Evenepoel tout en jouant les équipiers modèles pour Del Toro.
La concurrence sur la Vuelta ne devrait pas non plus représenter une réelle menace. Primoz Roglic, Mattias Skjelmose ou encore Felix Gall semblent un ton en dessous. Le véritable danger pourrait venir de Joao Almeida. Mais le Portugais porte le même maillot que Pogacar: en présence du Slovène, il redeviendrait un simple gregario.
