Ces fans du Stade Lausanne Ouchy vivront une finale très particulière
Dans un beau portrait que leur consacrait 24 Heures en 2024, Alexander Schaer (âgé aujourd'hui de 45 ans) et son fils Robert (14 ans) racontaient leur amour improbable pour le Stade Lausanne Ouchy.
En plus de compter parmi les très rares fervents supporters du SLO, le père et son fiston ont une autre particularité: ils sont Alémaniques. Ce juriste dans l'administration fédérale –directeur du Fonds de désaffection pour les installations nucléaires (STENFO) – habitent le village de Müntschemier (BE), dans le Seeland.
Ne ratant quasiment aucun match du Stade Lausanne Ouchy, ils seront évidemment au Wankdorf de Berne dimanche (14h00) pour soutenir leur équipe en finale de Coupe de Suisse contre Saint-Gall. Fait cocasse: Alexander Schaer est Saint-Gallois d'origine. Il nous parle de ce match, si particulier pour plusieurs raisons.
On imagine que vous avez acheté rapidement vos billets pour cette finale inédite pour le Stade Lausanne Ouchy.
ALEXANDER SCHAER: Oui, c'est clair! C'est un événement extraordinaire, comme l'a été la saison 2023-2024 en Super League. C'est une grande chance de pouvoir vivre des moments comme celui-là. Pour nous, supporters du SLO, c'est encore plus fort que pour les fans d'YB ou Bâle, qui ont peut-être tous les cinq ans une finale ou un titre à fêter. Pour nous, c'est peut-être la première et la dernière fois dans notre vie. Alors il faut profiter!
Le SLO a peu de supporters, et encore moins des Alémaniques. Il vient d'où, votre amour improbable pour ce club?
A la base, je suis fan du Lausanne HC. Je suis tombé amoureux de ce club à 13 ans, quand j'ai vu un match avec mon père à domicile, lors de la saison 1993-1994. C'était en play-off contre Martigny. L'ambiance était si extraordinaire, elle a pris mon cœur. Je suis resté supporter depuis ce moment-là. En 2019, j'ai emmené mon fils, Robert, voir un match du LHC. Et on a combiné ça avec une rencontre du SLO en Challenge League...
Et c'est là que la magie pour le Stade Lausanne Ouchy a pris?
Exactement. C'est la première équipe que Robert a vue en vrai. Ensuite, on a vu d'autres clubs, mais il n'y a jamais eu la même flamme.
Il faut choisir: soit tu soutiens un club qui a de supers résultats, mais qui est extrêmement professionnel. Soit tu préfères un club familial comme le SLO où tu peux encore parler avec les joueurs, établir et maintenir des relations personnelles avec eux, en discutant par exemple après les matchs. Nous avons fait notre choix.
Et vous êtes restés des supporters extrêmement fidèles.
Oui! Cette saison, on a vu quasiment tous les matchs à domicile. Sauf ceux en semaine, car ils finissent trop tard, sachant que Robert a l'école le lendemain et qu'on a une heure de route entre la Pontaise et la maison. C'est pareil à l'extérieur: on a seulement raté les longs déplacements de Wil, Vaduz et Bellinzone. Mais Rapperswil on l'a fait, pour profiter aussi de rendre visite à ma famille.
C'est vrai, vous êtes Saint-gallois d'origine. Cette finale contre le FC Saint-Gall est donc encore plus particulière!
Oui, j'ai passé les 25 premières années de ma vie à Rapperswil, alors je connais beaucoup de fans du FC Saint-Gall. Je discute d'ailleurs beaucoup de cette finale avec eux, avec évidemment un peu de chambrage.
Les déplacements là-bas étaient extraordinaires! Avec certains, on est en train de regarder si on se voit dimanche à Berne, avant le match, pour manger quelque chose ensemble en ville.
Et justement, votre avant-match, ça va se passer comment?
Avec ma femme et mon fils, on va arriver à l'ouverture des portes, pour installer nos drapeaux dans le kop du SLO et nous préparer gentiment, sans stress. On procède comme ça à chaque fois.
En championnat, on est aussi régulièrement amené à discuter directement avec les clubs qui nous reçoivent: comme on est peu de fans, on détermine avec eux s'il faut ou non ouvrir le secteur visiteur, comment on peut disposer nos drapeaux, etc. On n'a jamais eu de problème nulle part. Je crois qu'on est des fans très faciles à gérer! (Rires)
Et pour l'après-match, vous avez déjà prévu quelque chose en cas de sacre? Vous allez faire la fête à Lausanne?
Non, on n'a pas encore réfléchi à ça. Mais on va certainement trouver une idée sur le moment. C'est toujours plus sympa s'il y a de l'improvisation! Il faut vivre le moment présent, je préfère faire quelque chose d'imprévu plutôt que d'avoir un plan bien établi.
Mais avant ça, il faut le jouer, ce match... Vous le sentez comment?
On sait bien sûr que Saint-Gall est favori, et ses fans ont faim de titre. Mais on peut tout à fait assister à une surprise, si Saint-Gall se surestime par exemple. Le SLO, lui, n'a aucune pression et n'a rien à perdre, contrairement à l'adversaire. Pour les Stadistes, cette finale est déjà la cerise sur le gâteau. Si on tient le nul jusqu'à la 85e minute, tout peut arriver ensuite: un corner, un ballon dans la surface adverse... Et ensuite, on file en Roumanie la saison prochaine!
Vous prévoyez donc de faire les déplacements en Europe si le SLO gagne la Coupe et se qualifie pour l'Europa League?
Ah oui, j'espère qu'on puisse organiser des déplacements! Pologne, Roumanie, Slovénie ou un autre pays de l'Est, par exemple. Ça serait super!
