Après son trash-talking, Simeone n'aurait pas dû s'excuser envers Vinicius
Le comportement de Diego Simeone, jeudi, envers Vinicius n'a absolument pas étonné. L'entraîneur de l'Atlético Madrid, au tempérament bouillant, est un maître dans l'art de la provocation, sur le terrain ou en conférence de presse. Son objectif: faire dégoupiller mentalement l'adversaire, pour le sortir de son match.
Avec l'attaquant du Real Madrid, le technicien argentin a trouvé une cible parfaite, car émotive. Pendant cette demi-finale de Supercoupe d'Espagne, Simeone a glissé plusieurs fois dans l'oreille de Vinicius, le long de la ligne de touche:
Le coach de l'Atlético tentait ainsi de remuer le couteau dans la plaie en évoquant les rumeurs de départ du Real de Vinicius, et faire donc sortir ce dernier de ses gonds. L'Argentin en a remis une couche à la 80e minute, quand le Brésilien a été remplacé. Alors que des sifflets se faisaient entendre dans le public, Simeone s’est adressé au numéro 7 du Real tout en montrant du doigt les spectateurs:
Vinicius s'est énervé, a pris un carton jaune (Simeone aussi) et il y a eu un début d'échauffourée entre les deux bancs. Bref, le coach de l'Atlético a réussi son coup, mais un peu tard puisque son redouté adversaire (c'est aussi pour ça qu'il le visait particulièrement) avait déjà quitté la pelouse au moment d'être sanctionné.
La scène en vidéo
Diego Simeone told Vinicius Jr during the game:
— Swearing Sports News (@SwearingSport) January 9, 2026
"Vini, Vini… Florentino is going to get rid of you, remember I told you!" 😭pic.twitter.com/naaPuuuvKF
Ce qui est surprenant, c'est l'attitude de Diego Simeone ce lundi. L'Argentin s'est... excusé pour son comportement, lors d'une conférence de presse. Après la défaite jeudi (1-2), il avait pourtant balayé les questions sur son attitude, ne semblant avoir aucun remord:
Volte-face total ce lundi, comme le montrent les propos du technicien relayés par L'Equipe:
Je trouve que Diego Simeone a eu tort de présenter ses excuses pour ce comportement. Et pas seulement parce qu'elles ne sont pas claires (n'est-ce pas paradoxal de présenter ses excuses sans demander pardon?). Même si ce comportement n'est pas du tout classe et que je ne veux pas en faire la promotion (je ne l'ai jamais pratiqué sur un terrain de sport et espère ne jamais le faire), le trash-talking (la provocation verbale) fait entièrement partie du football.
Tant qu'il reste dans les limites légales (pas d'attaque sur la couleur de peau, religion, genre ou orientation sexuelle, notamment).
C'est une manière comme une autre de tenter de prendre un avantage sur l'adversaire. Et elle a toujours été tolérée par les arbitres. Car oui, l'ascendant psychologique est intrinsèque au football et au sport en général (tout le monde se souvient des sprints et sauts du tennisman Rafael Nadal devant ses adversaires, pour les impressionner).
En plus, ce trash-talking amène un peu de piment bienvenu aux matchs. Même Vinicius a apprécié ce jeu pendant la rencontre, lui qui a répondu aux provocations de Simeone en rigolant.
Et puis, pas sûr que les excuses de l'Argentin servent vraiment à quelque chose: on doute fortement qu'il parvienne à se retenir lors des prochains matchs.
Plus généralement, ses excuses s'inscrivent dans une tendance désagréable qu'ont les footballeurs à s'excuser systématiquement: après avoir raté un penalty, marqué contre son ancien club ou perdu un match, par exemple. Des choses normales, qui font totalement partie du jeu, pour lesquelles ils ne devraient pas s'excuser.
Alors de grâce, Messieurs les footballeurs, arrêtez de demander pardon pour tout et n'importe quoi!
