Cette affaire rappelle celle de l'athlète sud-africaine Caster Semenya et génère des discussions animées. Lundi, le Comité international olympique (CIO) a autorisé Imane Khelif, dont la présence aux Jeux olympiques à Paris est controversée, à concourir dès jeudi parmi les poids welters. Autre boxeuse contestée ayant reçu le feu vert de l'instance: Lin Yu-ting. Elle entrera en lice vendredi dans la catégorie des moins de 57 kilos.
«Tous les athlètes participant au tournoi de boxe des Jeux Olympiques de Paris 2024 respectent les règles d'admissibilité et d'inscription à la compétition», a détaillé le CIO dans un communiqué. Ces deux athlètes ont pourtant été disqualifiées des Championnats du monde féminins de boxe en 2023, parce qu'elles ont échoué aux tests de genre mis en place par l'Association internationale de boxe (IBA). L'Algérienne Imane Khelif a été interdite de ring en finale. De son côté, la Taïwanaise Lin Yu-ting a vu sa médaille de bronze lui être retirée.
A l'époque, Umar Kremlev, le sulfureux président de l'Association internationale de boxe, avait déclaré à l'agence de presse russe TASS que ces deux boxeuses avaient des «chromosomes XY», ceux généralement associés aux hommes. Si le CIO reconnaît sur ses fiches «des taux élevés de testostérone» dans le sang d'Imane Khelif et assure que Lin Yu-ting n'a «pas répondu aux critères d’éligibilité après un test biochimique», il s'est exprimé - en autorisant la participation de ces deux combattantes aux Jeux olympiques de Paris 2024 - en faveur des athlètes hyperandrogènes et intersexes. Mark Adams, porte-parole du CIO, a ainsi déclaré, sans citer le nom des deux boxeuses:
Cette différence de traitement entre deux compétitions s'explique par la bataille féroce que se livrent le CIO et l'IBA depuis plusieurs années. Le Comité international olympique ne reconnaît d'ailleurs plus l'Association internationale de boxe suite à des problèmes de gouvernance ainsi que de nombreux scandales d'arbitrage. Alors que l'IBA organise toujours ses Championnats du monde, elle a perdu la main sur les compétitions olympiques.
C'est la Paris boxing unit (PBU), une unité établie par la commission exécutive du CIO (CE), qui gère les épreuves de boxe se déroulant actuellement à l'Arena Paris Nord. Elle utilise à cette occasion des règles plus souples que celles de l'Association internationale de boxe.
«La PBU s’est basée sur les règles de boxe de Tokyo 2020 pour élaborer ses règlements. Ces règles sont issues de celles de Rio 2016. La PBU s’est efforcée de limiter les amendements afin de minimiser l’impact sur la préparation des athlètes et de garantir la cohérence entre les Jeux olympiques», a détaillé l’unité via un communiqué. C'est ainsi qu'Imane Khelif et Lin Yu-ting, deux boxeuses ayant toujours participé aux compétitions féminines, sont à nouveau autorisées à combattre avec les femmes.
Cette affaire ne met pas seulement en avant les différents entre le CIO et l'IBA. Elle illustre la situation des femmes hyperandrogènes et des athlètes intersexes, ainsi que leur difficile intégration dans le sport. Les instances internationales, censées assurer l'équité, font face à un véritable casse-tête.
Alors que l'Algérienne Imane Khelif a évoqué «un complot» après sa disqualification à New Delhi l'an passé, l’ancien champion du monde de la WBA, Barry McGuigan, a exprimé une position différente. «C’est choquant qu’ils aient pu aller aussi loin», a-t-il commenté sur X, en regrettant l'admission des boxeuses Khelif et Yu-ting aux JO de Paris. Ces deux-là opposent, et certains vont jusqu'à les accuser d'être des personnes transgenres. C'est le cas du vice premier ministre italien, Matteo Salvini.