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Les cyclistes vont trop vite: «Il faut ralentir les vélos»

Les cyclistes vont beaucoup trop vite: «Il faut ralentir les vélos»

La saison 2024 a été émaillée de chutes aux conséquences parfois graves. Plusieurs acteurs préconisent désormais «un retour en arrière» au niveau du matériel pour tenter de freiner un peloton qui va de plus en plus vite.
20.12.2024, 11:53
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Wout Van Aert, Jonas Vingegaard, Remco Evenepoel et Primoz Roglic, pour ne parler que des plus grandes stars de la petite reine, ont tous été victimes de fractures après une chute en course cette année où les accidents se sont multipliés.

La question agite le microcosme et la prise de conscience est générale.

«Je fais ce métier depuis plus de 20 ans. Mon petit garçon vient de décider de prendre une licence de vélo et, honnêtement, je n'ai pas sauté au plafond. On voit toutes ces chutes... on se pose tous la question»
Julien Jurdie, directeur sportif chez Décathlon-AG2R.

Les causes des accidents, parfois mortels comme celui de Gino Mäder sur le Tour de Suisse en 2023, peuvent être multiples et vont d'un parcours mal tracé voire dangereux – les organisateurs d'A travers la Flandre viennent d'annoncer qu'ils supprimaient du parcours le Kanarieberg où Van Aert a lourdement chuté cette année – au comportement parfois agressif des coureurs.

Mais aujourd'hui c'est d'abord le matériel qui est montré du doigt avec des vélos et des composants (roues, pneus,...) de plus en plus aérodynamiques et performants.

«Je suis beaucoup de courses en voiture derrière le peloton et ça devient infernal. On roule à 90 km/h et les coureurs nous lâchent. On a du mal à escorter les courses. On arrive à un précipice», s'alarme Thierry Gouvenou, le directeur technique du Tour de France qui estime à 10% le gain de vitesse obtenu ces dernières années rien que grâce au matériel. «Chaque chute est un traumatisme. J'alerte vraiment sur la question. Aujourd'hui, je préconise un retour en arrière. Les sports mécaniques ont mis leurs limites. Il faut que nous aussi on fasse notre révolution», ajoute l'ancien coureur.

Dans le peloton, plusieurs patrons d'équipe font le parallèle avec le sport automobile. «Quand les voitures vont trop vite par rapport au circuit, on les ralentit. Le sport automobile l'a fait. Et nous, on n'est pas foutus de ralentir un vélo», déplore le manager de Groupama-FDJ, Marc Madiot qui appelle à de nouvelles règles sur plusieurs aspects du matériel.

«Aujourd'hui les coureurs utilisent des guidons, je me demande comment ils font pour tourner tellement ils sont étroits. On a des fourches droites. Des jantes hautes. On a du carbone extrêmement rigide. On a des angles de cadre qu'on n'utilisait pas par le passé»
Marc Madiot, manager de Groupama-FDJ

Dominique Serieys, directeur de l'équipe Décathlon-AG2R et ancien patron de Mitsubishi Motors Sports, propose de réglementer sur les pneumatiques voire d'imposer une marque unique comme en Formule 1.

Le vice-champion olympique Valentin Madouas milite, lui, pour limiter les braquets. «Chaque année on prend une dent. Quand je suis passé pro, on était en 52-11. Là on commence à avoir des 55-10. Si on n'a pas ça, on ne peut plus suivre le peloton. C'est devenu du grand n'importe quoi.»

Il dit aussi que les coureurs ne ralentiront pas d'eux-mêmes car ils sont payés pour gagner des courses. Pour freiner la course à l'armement, Marc Madiot ne voit qu'une solution:

«C'est à l'UCI (Union cycliste internationale) de dire: messieurs les constructeurs de cycles, les jantes hautes, c'est interdit. Les guidons, c'est 40 ou 42 centimètres minimum, etc.»

Le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, a insisté mardi qu'il fallait aussi «parler à l'industrie du cycle» pour agir afin «que le cyclisme ne devienne pas encore plus dangereux».

Le patron du Tour salue également l'initiative d'équipes comme DSM d'avoir des maillots renforcés évitant aux coureurs d'être «complètement râpés» en cas de chute. Certains évoquent même un «air-bag» pour protéger les coureurs. Mais le mieux serait encore d'éviter les chutes tout court et pour cela il n'y a qu'une solution, selon Marc Madiot: «Il faut qu'on ralentisse». (sda/ats/afp)

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