La Suisse a un plan pour réussir ses JO 2028
Une délégation suisse s’est récemment rendue à Los Angeles pour une mission de reconnaissance. Conduite par Ralph Stöckli, chef de mission de l’équipe suisse aux Jeux olympiques depuis 2016, elle comptait également neuf responsables de disciplines venus examiner les conditions offertes dans le sud de la Californie en vue des Jeux d’été prévus dans deux ans.
Au cœur des discussions figurait la question des infrastructures d’entraînement destinées aux camps de préparation. Avec neuf heures de décalage horaire par rapport à la Suisse et des températures estivales souvent élevées dans la métropole californienne, plusieurs jours d’acclimatation seront indispensables. À Tokyo, en 2021, cette approche avait largement contribué aux excellents résultats obtenus par la délégation helvétique.
Trouver une base d’entraînement adaptée aux États-Unis s’avère toutefois complexe pour plusieurs raisons. D’abord parce que la concurrence entre les nations participantes est féroce.
Ensuite, la plupart des installations sportives appartiennent à des collèges ou à des universités, qui considèrent leur mise à disposition avant tout comme une activité commerciale. «Au cours de nos discussions, nous avons souvent senti que la logique économique primait», souligne-t-il.
Enfin, aux États-Unis, il faut penser ces infrastructures dans un contexte beaucoup plus large. Dans une agglomération comme Los Angeles, qui s’étend sur un territoire immense, les temps de trajet entre le lieu d’hébergement et les sites d’entraînement constituent un facteur important.
L’alimentation est également un enjeu central. Si la restauration proposée dans le village olympique répond généralement aux attentes des sportifs de haut niveau, les repas servis dans les hôtels américains sont souvent moins adaptés. Il suffit de penser aux petits-déjeuners typiques composés de pancakes, de céréales industrielles et de biscuits.
Selon Ralph Stöckli, des discussions finales sont en cours avec une petite université située à proximité de Laguna Beach. L’offre répond aux attentes et le courant passe bien entre les deux parties; seule manque encore la confirmation définitive.
Philipp Bandi, directeur du sport de performance de Swiss Athletics, faisait lui aussi partie du voyage. Après avoir décroché quatre quatrièmes places à Paris, l’athlétisme suisse vise clairement une, voire plusieurs médailles à Los Angeles. Son expérience de Tokyo confirme l’importance de cette préparation sur place. Il rappelle notamment les excellents résultats obtenus grâce à la présence d’un cuisinier personnel au Japon, alors que les championnats du monde d’athlétisme organisés dans l’Oregon en 2023, où l’équipe s’était reposée sur les prestations des organisateurs, avaient laissé des souvenirs beaucoup moins positifs.
Philipp Bandi partage l’enthousiasme de Ralph Stöckli pour le campus universitaire actuellement privilégié.
Il souligne également que les négociations se sont distinguées de nombreuses autres approches davantage guidées par des considérations commerciales. L’athlétisme partagerait ce centre de préparation avec d’autres disciplines, notamment la natation et le triathlon. Cette organisation permettrait de partager certaines ressources, qu’il s’agisse du cuisinier, des médecins du sport ou encore des physiothérapeutes.
Jeudi dernier, Ralph Stöckli a réuni les responsables des disciplines olympiques à l’occasion du lancement officiel de la préparation des Jeux de 2028. Il leur a notamment fait part d’un constat rassurant tiré de son déplacement en Californie:
