Ce club portugais fait trembler les grands d'Europe
Joao Castanheira Pires n'avait que trois ans lorsque son père l'a emmené dans les rues de Lisbonne pour fêter le titre national de Sporting, acquis de haute lutte grâce notamment aux 42 buts du redoutable Mario Jardel. Depuis ce jour de gloire de 2002, ce Portugais installé en Valais suit tous les matchs des «Leões» en famille et cette saison, forcément, il est ravi: son équipe a terminé 7e de la phase régulière de C1 devant des géants d'Europe. «Inespéré», souffle cet ancien gardien du FC Sion et du Servette FC notamment.
Mais plus que les résultats, c'est la façon dont son équipe évolue sur le terrain qui le réjouit. «Nous pratiquons un très beau football, dont la qualité a été saluée par plusieurs adversaires cette saison», ajoute-t-il. Lorsqu'il parle de son club, il dit «Sporting» et non «le Sporting», parce que «c'est comme cela qu'il faut l'appeler.»
Un élément déclencheur et une philosophie
Quel est donc le secret de cette équipe? Comment a-t-elle fait pour battre le PSG et l'Athletic Bilbao ou faire match nul sur le terrain de la Juventus? Joao commence par rappeler que le succès ne date pas de cette année et pointe un élément déclencheur: l'arrivée de Ruben Amorim en mars 2020.
«Nous n'avions plus remporté le championnat depuis 2002. Or dès sa deuxième saison, Amorim nous a permis de décrocher le titre ainsi que la Coupe et la Supercoupe.» Sous sa direction, Sporting a surtout renoué avec une philosophie qui a fait sa force: la formation.
Parmi les jeunes joueurs formés au club qui brillent cette saison, Joao cite Geny Catamo, Geovany Quenda (actuellement blessé et qui a déjà signé à Chelsea pour la saison prochaine) ou encore Gonçalo Inácio. «Par le passé, nous avons aussi produit des talents comme Bruno Fernandes, Wilham Carvalho ou encore Nuno Mendes», ajoute le supporter de 28 ans.
Un coach moqué
Mais Sporting n'est pas seulement un excellent club formateur. Il sait aussi recruter malin. Pour preuve, les arrivées de Viktor Gyökeres lorsqu'il évoluait à Coventry en 2023, de Morten Hjulmand (ex-Lecce) la même année ou encore de Luis Suarez, acheté à Almeria l'été dernier après un passage raté à l'OM. Sporting sait mettre ses recrues dans les meilleurs dispositions: Suarez possède des stats aussi flatteuses que celles de Gyökeres (désormais à Arsenal) lors de ses débuts au Portugal.
L'équipe actuelle est un mélange de tout cela sous la férule de Rui Borges, un coach aux idées larges dont les débuts ont été compliqués.
Avec le recul, Joao est obligé de constater qu'il a eu tort de douter des qualités de Rui Borges. «Le coach est une super surprise», reconnaît-il volontiers, ajoutant que sa trajectoire mérite le respect.
Sporting, enfin, incarne une forme de résilience. Cette équipe a perdu le meilleur entraîneur qu'elle a eu depuis longtemps (Ruben Amorim) puis son meilleur buteur (Viktor Gyökeres). Beaucoup d'autres en auraient souffert, mais pas elle: la voici en 8e de finale de la Ligue des champions pour la troisième fois de son histoire, la deuxième en quelques années.
En 2022, «Os Verdes e Brancos» avaient été éliminés par Manchester City (défaite 5-0 sur l'ensemble des deux confrontations). Cette année, la tâche s'annonce moins compliquée sur le papier face aux surprenants norvégiens de Bodø/Glimt, que les Portugais auront l'avantage de recevoir au retour.
Si les Portugais se qualifient pour les quarts de finale, ils affronteront le vainqueur du duel entre le Bayer Leverkusen et Arsenal, où évolue un certain Viktor Gyökeres.
C'est lui ⬇️
Les retrouvailles seraient bouillantes. «Nos joueurs le connaissent bien. Ce sera peut-être plus facile de le neutraliser», anticipe Joao, avant que son passé de footballeur pro ne refasse surface. «Il faut déjà se concentrer sur notre adversaire en 8e de finale, car ce ne sera pas facile.»
