Le «Dieu» du patinage prépare un saut encore jamais vu aux JO
Battu au tout début des Jeux, lors du programme court de l’épreuve par équipes qu’il n’était pas censé disputer, Ilia Malinin a très vite remis les pendules à l’heure.
Le phénomène de Virginie a offert au collectif américain la médaille d’or en survolant le programme libre, puis s’est distingué mardi en individuel, dominant le programme court avec un score de 108,16 points. Il devance à mi-parcours le Japonais Yuma Kagiyama (103,07 points) et semble avoir toutes les cartes en main pour décrocher un deuxième titre olympique en l’espace de quelques jours.
Il faut dire qu'Ilia Malinin n’a plus perdu la moindre compétition depuis le Grand Prix de France 2023. Il a également pris l'habitude de largement distancer ses rivaux lors des épreuves libres. On parle de dix points d'avance ou plus. Le voir battu relèverait du séisme.
Le suspense réside donc surtout dans le contenu du programme qu’il présentera vendredi soir. Avec cette question sur toutes les lèvres: livrera-t-il enfin sa figure emblématique aux Jeux olympiques?
Il ne s’agit pas ici du spectaculaire backflip qu’il a déjà exécuté plusieurs fois depuis le début des JO et que d'autres maîtrisent. Mais bien du quadruple Axel, qu'il est le seul à réaliser depuis cette tentative réussie lors d'un événement officiel le 14 septembre 2022. Le Russe Vlad Dikidzhi paraît le tenir lui aussi, mais seulement hors compétition.
Le quadruple Axel que Malinin a réalisé à l'entraînement à la veille de son programme libre
la cosa più bella che vedrete oggi: il quadruplo axel su sinceramente di annalisa pic.twitter.com/3orbwWPmJG
— κ ι α. (@sistahclaire) February 12, 2026
L’appel de cette figure se fait en avant, sur une seule jambe, tandis que le saut lui-même comporte quatre rotations et demie. Le quadruple Axel exige à la fois une grande vitesse d’exécution et une importante détente verticale. Considéré comme l’élément le plus difficile du patinage, il demande également un engagement total, l’Axel étant le seul et unique saut lancé frontalement.
Ilia Malinin, 21 ans, avait prévu cette figure dans son programme court des Jeux ainsi que lors de la compétition par équipes, avant de se raviser sur la glace et de se contenter du triple Axel, des adaptions qui n'ont eu presque aucun impact sur ses notes, tant il exécute ce saut avec une rotation en moins à la perfection.
L'Américain a donc privilégié jusqu’ici la prudence et la sécurité, et compte continuer dans cette voie. Néanmoins, si le flow est au rendez‑vous, il pourrait tenter cet élément vendredi lors du programme libre des Jeux olympiques, comme il l’a confié à l’agence Reuters.
«J'espère que je me sentirai assez bien pour le faire. Mais bien sûr, je donne toujours la priorité à ma santé et à ma sécurité, donc je veux vraiment me mettre dans le bon état d’esprit, celui où je me sentirai confiant pour y aller, sans que cela ne devienne un risque inutile», a déclaré le jeune patineur.
Le voir tenter et réussir un quadruple Axel sur la glace de Milan ne serait pas très surprenant. Malinin inclut généralement six ou sept quadruples sauts dans ses programmes libres, soit plus que tous ses adversaires. Il se surnomme aussi le «Quad God», c’est-à-dire le «Dieu des quadruples».
Reste donc à savoir si l’un de ces quadruples sera un Axel. En cas de nouveau refus, vendredi, Ilia Malinin n'aura plus que le gala de clôture de patinage artistique pour révéler aux non-initiés sa figure. L'événement étant une exhibition, il pourra la produire sans la moindre pression du résultat.
