➡️ Ce que l'image montre: le sélectionneur suisse Murat Yakin, doudoune noire et mains dans les poches, entouré de son staff et de ses joueurs, quelques instants après la victoire 4-0 de son équipe sur la Bulgarie, lundi soir à Lucerne.
➡️ Ce que l'image dit: si Antonio Conte ou Diego Simeone avaient vécu la même tension, puis le même bonheur que Murat Yakin, ils auraient fini la soirée perchés sur une barre transversale ou suspendus aux filets de protection. Ce n'est pas le genre du sélectionneur suisse, dont les observateurs louent le calme et la sérénité. Mais faut-il les croire? Peut-on se fier aux apparences?
Dans un récent entretien à la Neue Zürcher Zeitung (NZZ), Bernard Challandes hésitait, soulignant que les entraîneurs «étaient aussi des acteurs». «Nous nous souvenons tous de Murat comme un joueur toujours très calme. C'est ainsi qu'il apparaît en tant qu'entraîneur, et c'est bien. Mais peut-être qu'il n'est pas toujours aussi calme qu'il en a l'air, qui sait? Vous ne savez pas tout de nous, les entraîneurs. Vous ne savez pas ce que nous pensons, ce que nous contrôlons.»
➡️ Ce que l'image montre: les internationaux genevois Denis Zakaria, Ulisses Garcia, Kastriot Imeri et Kevin Mbabu brandissent le drapeau de leur canton d'origine.
➡️ Ce que l'image dit: cet instant de communion entre Romands illustre un paradoxe. Il y a de moins en moins d'internationaux évoluant dans la partie francophone du pays, mais ils sont tout de même nombreux à y avoir suivi une filière de formation. C'est le cas des quatre genevois sur l'image, mais aussi des Lausannois Zeqiri, Ndoye ou encore Okoh. Les clubs romands savent toujours former de très bons footballeurs, mais peinent à les conserver. C'est embêtant pour eux, mais pas pour l'équipe de Suisse qui, elle, a besoin des meilleurs joueurs possibles, peu importe où ils se trouvent.
➡️ Ce que l'image montre: le défenseur et milieu Fabien Frei semble indiquer quelque chose à sa fille Lena (quatre ans).
➡️ Ce que l'image dit: elle est le symbole d'une équipe remodelée par les absences, mais non moins conquérante. Lorsque Granit Xhaka a été isolé en raison du Covid, Murat Yakin a fait le choix de rappeler Fabian Frei. Le Bâlois (quatorze sélections) n'avait plus été convoqué depuis mars 2018, mais sa fiabilité, son expérience, sa polyvalence et sa lecture du jeu ont été précieuses à la Nati. Comme Frei, d'autres ont été rappelés, ou même appelés, pour les derniers matchs de qualification, si bien que le succès de cette équipe est celui d'une très grande famille plus que d'un groupe de 23 joueurs.
➡️ Ce que l'image montre: Xherdan Shaqiri, capitaine de la Nati, la main droite sur le cœur lors des hymnes nationaux.
➡️ Ce que l'image dit: cette ferveur patriotique revendiquée par les joueurs et le staff a été aperçue pour la première fois lors du dernier Euro. On a voulu savoir pourquoi les Suisses posaient désormais leur main sur le cœur pendant le cantique, alors on a appelé le responsable comm' de la Nati.
➡️ Ce que l'image montre: des supporters de l'équipe de Suisse hurlent leur bonheur après la qualification de leur pays pour le Mondial qatari.
➡️ Ce que l'image dit: la liesse qui a accompagné les internationaux avant, pendant et après la partie témoigne de l'amour du public lucernois pour son équipe nationale. C'est aussi une victoire. Car quand Murat Yakin s'est assis pour la première fois sur le banc, début septembre, en match amical face à la Grèce, il a fait face à des tribunes clairsemées (3500 spectateurs). Depuis, le sélectionneur a souhaité rapprocher ses joueurs de leurs supporters, en organisant par exemple des entraînements ouverts au public en Suisse romande. Une volonté de proximité savamment orchestrée qui devrait susciter de nouvelles vocations parmi la population.
➡️ Ce que l'image montre: Cedric Itten inscrit le troisième but des Helvètes d'un formidable coup de tête à bout portant.
➡️ Ce que l'image dit: elle illustre les choix tactiques payants de Murat Yakin ce lundi, comme lors des rencontres précédentes de la Nati. Le sélectionneur a choisi de faire entrer le grand attaquant (189 cm) de Greuther Fürth à la 68e minute pour que son équipe pèse davantage sur la défense bulgare, et ça a parfaitement fonctionné. Le score est passé de 2-0 à 3-0 en seulement quatre minutes. L'image nous plaît aussi par son effet en trompe-l’œil. Le spectateur peut se demander un bref instant si ce n'est pas Vargas (numéro 17) qui vient de frapper la balle du front.